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    MedCOP22: «Bientôt un agenda méditerranéen axé sur l’action»

    Par Safall FALL | Edition N°:4799 Le 21/06/2016 | Partager
    Tanger accueillera probablement le secrétariat permanent de la MedCOP
    Une répétition générale avant Marrakech
    La société civile et les acteurs privés devront jouer leur partition dans ce projet
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    Passionné de théâtre et des nouvelles technologies, Gilles Berhault est de cette nouvelle «race» d’acteurs de la société civile moderne versé dans l’action et dans le militantisme engagé, dans une approche intelligente et concertée. Il préside le Comité21, un réseau français des acteurs du développement durable, ainsi que le Club France Développement durable (Ph. F. Al Nasser)

    - L’Economiste: L’Accord de Paris est un succès reconnu. Quel a été le rôle mobilisateur de la société civile, mais surtout du Comité21?
    - Gilles Berhault:
    Nous avons effectivement monté en France une organisation animée par le Comité21 qui constitue un regroupement de réseaux multi-acteurs non étatiques (Medef, FEP, CGPME, associations d’élus, ONG, chercheurs, etc.). Je suis persuadé que si l’on veut agir à l’échelle globale, il faut se retrouver autour d’une table et être capable de coopérer. Je pense qu’il faut réinventer les partenariats public-privé. Ce que le président de l’Aderee, Saïd Mouline, a d’ailleurs beaucoup défendu lors de la COP21. La logique est simple: nous pouvons inventer des choses en solo, comme cela se fait déjà d’ailleurs, mais nous ne pourrons réellement généraliser les bonnes pratiques que si l’on s’y met ensemble. L’objectif commun de l’Accord de Paris est de rester en deçà des 2 degrés. Mais, concrètement, la grande question est celle du comment y arriver.
    - Qu’est-ce que vous attendez des acteurs non étatiques, en l’occurrence le secteur privé?
    - Le monde des entreprises, en particulier, aura une double responsabilité dans cette perspective. La première sera certes de réduire les impacts directs et indirects liés à ses activités, mais aussi d’innover et d’inventer des solutions. Je considère qu’une entreprise qui a les compétences et les ressources d’inventer des solutions climat, et qu’elle ne le fait pas, ne joue pas son rôle social ni économique. C’est donc une clé importante d’impliquer les entreprises, et tous les autres acteurs autour.

    - A Paris, il a fallu tout de même attendre les derniers jours de la COP pour arracher un accord…
    - Lors de la COP22, l’urgence était de prouver qu’il existe justement des solutions pour un monde à bas carbone. Je suis convaincu que ce n’est pas uniquement sur la culpabilisation que nous allons arriver à faire quelque chose pour le climat. On est encore dans des rapports de force sur cette question. Maintenant, il faut rentrer dans des relations et des coopérations d’actions. C’est pour cela que je trouve très intéressant la démarche de la MedCOP22 (Du 18 et 19 juillet 2016, Ndlr.).

    - Justement, quels en seront les principaux enjeux?
    - L’objectif de cet évènement est de raisonner à l’échelle d’un territoire, d’une région, avec des pays très liés et qui partagent des défis et des contraintes sur la question du climat. Il s’agit là de faire valoir une parole d’actions spécifiques pour la Méditerranée. Nous sortirons des travaux un agenda méditerranéen axé sur l’action. De plus, le secrétariat de toutes les MedCOP22 à venir sera probablement installé à Tanger, qui est une cité passerelle entre le Nord et le Sud. Pour concrétiser tout cela, il faudra donc mettre tous les acteurs côte à côte et discuter des problématiques de finance, de formation, de migration, de biodiversité, de la montée des eaux, etc. Nous aurons besoin de tous les acteurs pour parler d’économie durable des territoires. Il faudra remettre à plat tout cela, dans de nouvelles approches, et redéfinir les priorités des économies des territoires et les rôles des acteurs privés de la région. C’est cela tout l’enjeu de cette MedCOP22.

    - La mobilisation c’est bien mais avec un peu plus de fonds, ce serait encore mieux pour réaliser tout cela…
    - Pour l’instant, au-delà des 100 milliards de dollars annoncés à Paris, le Fonds vert pour le climat, par exemple, avait un objectif initial de réunir 10 milliards de dollars l’année dernière. Ce montant a été réuni pour atteindre 11 milliards, aujourd’hui. Ce n’est pas assez, certes, mais l’objectif est là et les premiers projets sont en train d’être financés. L’enjeu est d’aider les pays en développement à avancer rapidement dans leur transition énergétique. C’est pour cela qu’il faudra beaucoup d’argent. Mais la rentabilité devra aussi bien être au rendez-vous. C’est le cas pour les énergies renouvelables, par exemple, dont les coûts sont en baisse et permettent un meilleur amortissement. Nous avons aussi réglé le problème technologique et les solutions sont désormais matures et largement disponibles. Les bailleurs de fonds internationaux ont aussi compris ces opportunités et les véhicules financiers spécialisés se multiplient.

    Propos recueillis par Safall FALL

     

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