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    L’OCDE évalue le coût de la pollution de l’air

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4793 Le 13/06/2016 | Partager
    Entre 6 et 9 millions de décès prématurés
    Au moins l’équivalent de 1% du PIB d’ici 2060
    Inde, Chine, Corée… les plus fortes hausses de mortalité
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    La qualité de l’air, particulièrement dans les grandes zones urbaines, est de plus en plus dégradée. L’insalubrité de l’environnement provoque plusieurs décès avec des coûts économiques considérables. Les activités agricoles sont aussi touchées avec des variations par régions

    Il y a quelques mois, l’OMS avait révélé que huit citadins sur dix étaient touchés par la pollution de l’air dans le monde. C’est autour de l’OCDE de revenir sur la gravité du phénomène dans sa nouvelle étude intitulée «The Economic Consequences of Air Pollution».
    C’est en Inde, en Chine, en Corée et dans des pays d’Asie centrale comme l’Ouzbékistan… que les plus fortes hausses de la mortalité liée à la pollution de l’air sont prévues. «La croissance démographique et la congestion des zones urbaines feront qu’un plus grand nombre de personnes seront exposées aux émissions des centrales électriques et aux gaz d’échappement», selon les experts de l’OCDE.
    D’après les prévisions, les taux de décès prématurés iraient jusqu’à tripler entre 2010 et 2060 en Chine et seraient multipliés par quatre en Inde. Les taux de mortalité se stabiliseraient en revanche aux Etats-Unis et baisseraient dans la plupart des pays d’Europe occidentale. Et ce, grâce en partie aux efforts déployés pour passer à des sources d’énergie et des modes de transport plus propres. C’est aussi en Chine, en Russie, en Inde, en Corée et dans les pays d’Europe orientale et de la région Caspienne que les pertes de PIB seraient les plus fortes. Les coûts sanitaires et la baisse de productivité du travail affectant la production. La mauvaise qualité de l’air frappera plus durement l’économie de la Chine que celle de l’Inde. Toutes choses égales par ailleurs, les différences démographiques et la structure de l’épargne des ménages expliquent un impact plus important pour l’économie chinoise de la baisse de productivité du travail et de l’augmentation des coûts médicaux.  Les coûts macroéconomiques les plus importants se trouvent aussi dans la région du Moyen-Orient et l’Afrique du Nord avec des concentrations de particules et d’ozone dans l’air pouvant être très élevées. Les impacts sur la productivité du travail et en particulier les dépenses de santé sont nettement plus importants que dans les autres régions.
    Plusieurs autres études avaient conclu que la pollution de l’air au Maroc était un véritable fléau. D’après les dernières estimations de l’OMS, Casablanca est très polluée (avec un taux de 61μg/m3 de petites particules). La métropole économique est suivie de Marrakech, Tanger, Meknès, Fès, Salé et Safi (cf. notre édition N°4773 du 16/05/2016).
    «Si nous n’agissons pas», la pollution de l’air extérieur pourrait entraîner 6 à 9 millions de décès prématurés d’ici 2060 et coûter 1% du PIB mondial – soit quelque 2.600 milliards de dollars par an. Ceci en raison des jours de congé de maladie, des frais médicaux supplémentaires et de la baisse des rendements agricoles. Selon les estimations de l’OCDE, la réduction conséquente de la production économique mondiale à l’horizon 2060 représentera environ 330 dollars par personne. Les coûts annuels des soins de santé liés à la pollution atmosphérique atteindraient 176 milliards de dollars contre 21 milliards en 2015. Le nombre de jours de travail perdus pour cause de maladie liée à la pollution de l’air passerait de 1,2 milliard à 3,7 milliards. «Le nombre de vies écourtées en raison de la pollution de l’air est déjà terrifiante, et son augmentation potentielle dans les décennies à venir est effrayante. Si ce n’était pas une raison suffisante pour agir, ce rapport montre que l’inaction aura aussi un coût économique considérable», souligne Simon Upton, le directeur de l’Environnement de l’OCDE.
    La pollution de l’air extérieur a entraîné plus de 3 millions de décès prématurés en 2010, les personnes âgées et les enfants étant les plus vulnérables. Les projections de l’OCDE impliquent un doublement, voire un triplement des décès prématurés dus à la pollution de l’air (soit un décès prématuré toutes les quatre ou cinq secondes) d’ici 2060.

    Quels impacts sur l’agriculture?

    La réduction des rendements agricoles sous l’effet de la pollution de l’air pèsera sur les économies de la plupart des pays, indique l’étude de l’OCDE. A l’exception notable du Brésil, de la Russie et de certains pays d’Amérique latine où les activités agricoles devraient être moins touchées. D’où une meilleure compétitivité à l’exportation et par conséquent des gains économiques.
    L’OCDE examine également l’impact négatif de la pollution de l’air extérieur s’agissant du prix que les individus seraient disposés à payer chaque année pour ne pas voir leur santé compromise ou leur vie écourtée par cette pollution. Cette valorisation annuelle hypothétique de la pollution atmosphérique passerait de moins de 500 dollars par personne en 2015 à pas moins de 2.800 dollars en 2060.

     

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