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Fès-MAS: La chute

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4792 Le 10/06/2016 | Partager
La «première» équipe de la ville reléguée en 2e division
Le résultat d'une crise de gestion et de finances défaillantes…
Les supporters réclament le départ du président El Mernissi
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Pour la première fois depuis une quinzaine d’années, le MAS est relégué en 2e division. La semaine dernière, ils étaient des centaines à scander «le départ de Ahmed El Mernissi, président du club, et son staff», envahissant les rues de Fès mais fort heureusement sans incident (Ph. YSA)

Pendant que le FUS de Rabat célébrait, le week-end dernier, le premier sacre de son histoire, le Moghreb de Fès (MAS), qui a pourtant cartonné face au Hassania d’Agadir (5-2), s’est vu relégué en 2e division. Le comble, c’est qu’aujourd’hui aucune équipe de la région Fès-Meknès (MAS, CODM, WAF…) ne joue en première division. «Le MAS est surtout victime de mauvaise gestion», dénonce Ahmed Sentissi, membre du bureau dirigeant. Selon lui, «des responsables du club poussaient au départ leur président Ahmed El Mernissi… à telle enseigne qu’ils incitaient parfois les joueurs à perdre les matchs». Sic!
Avec une trésorerie défaillante, des résultats au plus bas du tableau, et un bureau démissionnaire, ils ont atteint leur but. Aujourd’hui, les supporters réclament haut et fort le départ d’El Mernissi ainsi que son bureau. Un départ tagué un peu partout sur les murs de la ville. La semaine dernière, ils étaient des centaines à scander «sauvez, sauvez, sauvez le MAS!» envahissant les rues de Fès mais fort heureusement sans incident. Tout le monde se rappelle le palmarès impressionnant de l’équipe en 2011. Mais, un an après ce triple sacre, son ancien président, Marouane Bennani, avait été entendu par le Service régional de la police judiciaire (SRPJ) de Fès. Il avait été accusé de «dilapidation de deniers publics». Depuis, plusieurs sponsors se sont rétractés, y compris le conseil communal de Fès. Idem pour des adhérents de marque tels Ismail Jamaï, dirigeant du Groupe Jamaï, ou encore Mohamed Guessous de la société Afej immobilier. Pour sortir de cette crise, un nouveau président est «dépêché» en 2014. Il s’agit du financier Rachid El Ouali Alami. Elu à la tête de la première équipe de la ville (elle a été créée en 1946), El Ouali Alami avait présenté un programme ambitieux (2014-2018) soulignant sa volonté de redorer l’image du club ternie par ses problèmes de gestion. En tête de ses priorités figuraient l’aménagement d’infrastructures qui assureraient la pérennité du club, l’élaboration d’une politique sportive, et la restauration de l’administration de fond en comble. «Nous devons assurer, dans la transparence, un budget annuel de 20 à 22 millions de DH pour les deux premières années et de 25 millions de DH à partir du 3e exercice», avait-il déclaré à L’Economiste. Mais, rien n’y fait. En 2015, El Ouali Alami claque la porte. Il a justifié son départ par des raisons de santé. Dans la foulée, Ahmed El Mernissi, qui avait longtemps «rêvé» du fauteuil du président du MAS, réalise son vœu le 23 janvier dernier. C’est ainsi que le plus «prolixe» d’entre les dirigeants du club de ces dernières années, comme le rapportent des membres du bureau du MAS, est élu à la tête de l’équipe. Ce dernier n’arrivera pas non plus à sortir le club de sa crise financière et de gestion. «La plus spectaculaire des situations qu’ont vécue les joueurs du MAS est leur évacuation de l’autocar du club. Celui-ci a été saisi en contre-partie d’un chèque impayé», rappelle Sentissi.    
D’autres membres du comité dirigeant affirment qu’«aujourd’hui, le MAS comptabilise quelque 5 millions de DH d’arriérés entre salaires des joueurs et du personnel, CNSS, primes…». Le club est en détresse et c’est toute la ville qui en souffre. «Où iront ses 40.000 à 60.000 supporters le week-end prochain. Il fallait peut-être penser à la sécurité de la ville et à l’épanouissement de sa jeunesse, avant de décider le déclassement de son équipe. Et c’est faisable, la Fédération pouvait laisser la saison ouverte», ajoutent-ils.
Pour bon nombre d’observateurs, les autorités de la ville devaient intervenir pour résoudre la situation «conflictuelle» du MAS. Ils se rappellent à cet égard l’initiative d’un ancien wali, qui avait soudé les rangs du Moghreb de Fès en 2006 pour atteindre, quatre ans plus tard, les sommets de l’Afrique (www.leconomiste.com). Mais, pas de chance.

La recette miracle

Victime d’une gestion calamiteuse et des luttes intestines entre les dirigeants, l’équipe du MAS traverse une crise sans précédent. Pour retrouver sa forme, le club doit réactiver les adhésions, car il s’agit d’une manne de 10.000 DH/personne qui pourrait réalimenter les caisses. Par ailleurs, son futur président doit être élu démocratiquement. Il serait souhaitable pour le club que le futur dirigeant soit un homme du métier et pourquoi pas issu de Fès. En attendant, certains poussent vers l’élection de Rachid Hadni ou Ismaïl Jamaï à la tête du club fanion de la capitale spirituelle. La mission du futur patron sera d’assurer dès cette année un budget de 22 millions de DH… Difficile lorsqu’on sait qu’il héritera de lourdes ardoises et que les sponsors tournent le dos au club. Club qui doit aussi séduire par ses résultats. Ce n’est pas gagné. 

De notre correspondant,
Youness SAAD ALAMI

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