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    Régions

    Le nouveau «business plan» de Béni Mellal-Khénifra

    Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:4763 Le 02/05/2016 | Partager
    7 milliards de DH pour le développement intégré
    Attirer plus d’investissements et de touristes
    Une priorité: le monde rural
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    Le parachutisme est une activité qui attire de plus en plus de touristes dans la région. Mais, malheureusement, elle ne bénéficie pas de la promotion qu’il faut (Ph. Privée)

    Il est 7 h du matin. C’est le meilleur moment pour tâter le pouls d’une ville: si elle dort encore, c’est que l’activité, principalement économique, dort aussi. Mais Béni Mellal est déjà réveillée. Les citadins commencent à envahir les boulevards et les rues pour aller rejoindre leurs lieux de travail. Le grincement des rideaux indique que les commerces ouvrent pour entamer une nouvelle journée. Les cafés et leurs terrasses accueillent leurs premiers clients amateurs du «petit noir bien serré» avant d’intégrer les bureaux. La ville s’active. La Béni Mellal dormante d’il y a encore une quinzaine d’années a retrouvé un nouveau dynamisme, une seconde jeunesse qu’elle s’emploie à utiliser à un dessein bien défini. En effet, la ville construit son développement et capitalise sur l’intérêt grandissant que lui accordent les plus hautes autorités de l’Etat. Plus aucune place donc aux tergiversations: on lance un chantier, on le suit jusqu’à son achèvement et on passe à autre chose.
    Quand on revoit cette ville, on a l’impression que c’est une nouvelle cité en construction avec toutes les exigences et les normes des temps actuels. Les boulevards sont larges, les éclairages agréables, les trottoirs propres, les espaces verts nombreux, les parkings disponibles… Béni Mellal n’est plus cette ville édifiée à tout-va au pied du Moyen Atlas. Aujourd’hui, c’est une cité structurée qui a entamé sa mue depuis cinq années déjà. Cela à travers une mise à niveau, globale, certes, mais bien réfléchie. Ainsi, cinq priorités ont été définies et retenues: les infrastructures, l’urbanisme, le développement spatial de la ville et l’habitat, l’environnement et le développement durable, social et local et la compétitivité territoriale.
    Dans le cadre de ce programme, la ville s’est dotée d’un réseau d’éclairage public moderne, d’un autre d’assainissement liquide, de boulevards larges permettant une meilleure gestion des déplacements et de la circulation, de pénétrantes dignes d’une grande ville…
    Béni Mellal a aussi choisi de s’ouvrir davantage sur l’extérieur à commencer par son environnement immédiat. C’est pourquoi, elle a bien défini sa stratégie de développement en tenant compte des besoins et attentes de toute la Région dont elle est le chef-lieu.  

    Promouvoir le développement social

    Aussi, il a été décidé que les priorités en matière de gestion des affaires de la Région Béni Mellal-Khénifra doivent porter sur les questions intéressant le monde rural, le développement du système économique à travers l’attraction des investissements et la promotion du développement social. Partie d’une analyse réaliste des besoins de la population, cette vision tend à réaliser le développement régional escompté dans ses dimensions économique, sociale, culturelle et sportive. Soit donc un projet sociétal qui s’appuie sur une stratégie de développement durable que l’on veut mener jusqu’au bout. Et ce n’est pas par hasard qu’un intérêt particulier est porté aux questions relatives au monde rural. En effet, répondre aux besoins de la population en milieu rural (infrastructures, raccordement au réseau électrique, approvisionnement en eau potable, renforcement des services de santé, lutte contre l’abandon scolaire…), contribuera, sans nul doute, à limiter le fléau de l’exode rural dont on connaît les ravages sur les structures et aussi les infrastructures des villes.
    La Région de Béni Mellal-Khénifra dispose d’atouts touristiques, agricoles et économiques importants, notamment les phosphates et les industries agroalimentaires, qui peuvent contribuer à assurer des postes d’emploi, et partant lutter contre l’exclusion et le chômage parmi les jeunes de la région y compris les ruraux.

    Plus de 20 sites et circuits touristiques

    La Région a donc opté pour le développement de ses potentialités grâce notamment à la diversification de ses ressources économiques et commerciales. Cela à travers l’encouragement des investissements, en particulier étrangers, et la conclusion de partenariats et d’accords avec des acteurs économiques. Sans oublier la mise en place de cadres de concertation avec les professionnels dans les secteurs du commerce, des services, de l’industrie, de l’artisanat et du tourisme, pour améliorer la situation de ces secteurs vitaux. Est-il besoin de rappeler que la Région de Béni Mellal-Khénifra compte plus de 20 sites et circuits touristiques qui attirent de plus en plus de visiteurs, outre des sites biologiques et écologiques et 6 grands barrages. Elle dispose aussi de potentialités économiques importantes, en particulier une industrie agroalimentaire florissante et un secteur des services en plein essor, outre des ressources minières variées (phosphates, fer, plomb…).

    Plan stratégique 2016-2018

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    Le ksar, grand et ancien monument «distinctif» de Béni Mellal. On dirait qu’il «veille» sur la ville et aussi sur toute la plaine du Tadla (Ph. CRI)

    Près de 7 milliards de DH. C’est le coût global du Plan stratégique pour la période 2016-2018, mis en place pour le développement intégré et durable de la province de Béni Mellal. Il concerne tout autant le renforcement des secteurs administratifs et économiques que la sauvegarde des ressources naturelles, notamment l’eau et la forêt. Ainsi que l’élaboration et la mise en place d’une politique territoriale équilibrée. Le plan prévoit la construction et l’aménagement de routes rurales ainsi que le renforcement et l’élargissement de celles qui existent déjà. Coût du projet: 2,35 milliards de DH. Il est également prévu le raccordement de plusieurs centres ruraux au réseau d’assainissement liquide et la construction de stations d’épuration et de traitement des eaux usées. Un investissement de 1,36 milliard de DH a été consenti pour ces projets.
    Quant au volet social, quelque 582 millions de DH lui seront réservés. Le plan comporte des projets intéressant l’éducation, la formation professionnelle, la jeunesse, les sports, la santé et la culture. Le secteur agricole n’est pas en reste. Il bénéficiera d’un budget de 683 millions de DH. Il est ainsi envisagé d’augmenter les superficies dédiées aux arbres fruitiers et veiller à la valorisation des pommes et des produits laitiers dans les zones montagneuses. Et également améliorer l’état des pâturages.
    Pour le secteur touristique, le plan a réservé une enveloppe budgétaire de 465 millions de DH. Objectif: augmenter la capacité d’accueil notamment à travers la conception et la construction de résidences touristiques. Parallèlement, un budget de 50 millions de DH a été alloué au secteur de l’artisanat dans le but de soutenir la production et la commercialisation de ses produits.
    Quant au secteur de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme et de l’habitat, il s’est vu attribuer pas moins de 615 millions de DH. Un budget qui sera réservé à la mise à niveau urbaine, au renforcement des capacités des villes et à la préparation des documents de planification stratégique.
    Enfin, le plan a prévu quelque 280 millions de DH pour le domaine forestier et l’assainissement solide. Le but est de lutter contre l’érosion des sols, d’ouvrir des pistes forestières et de créer des activités génératrices de revenus. Sans oublier la mise en place d’une stratégie relative à la gestion des déchets solides.

    Rail et autoroute

    Pour accompagner sa stratégie de développement, la Région s’est lancée ces dernières années dans la réalisation de grands projets structurants dans le domaine des infrastructures de base, des équipements socioéconomiques, touristiques… A commencer par le grand projet d’une autoroute devant relier, dans un premier temps, Safi à Marrakech et Béni Mellal. La 1re tranche de ce projet, en cours d’étude, consiste à réaliser une autoroute reliant l’ouest du Royaume en partant de Safi, au centre (Béni Mellal). Elle sera longue d’environ 300 km. La 2e tranche, également en cours d’étude, va relier la ville de Béni Mellal au bi-pôle Fès-Meknès.
    L’autre grand projet structurant consiste en la réalisation d’une desserte ferroviaire qui reliera la ville d’Oued Zem à Béni Mellal via la ville de Fkih Ben Saleh sur une longueur d’environ 90 km. L’étude pour la  réalisation de ce projet a été lancée en avril 2013 par l’ONCF. Le choix du tracé a été finalisé en mars 2016.

    De notre correspondant,
    Jamal Eddine HERRADI

     

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