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    Analyse

    COP22: De l’Accord à l’action

    Par Amin RBOUB | Edition N°:4763 Le 02/05/2016 | Partager
    Une task force franco-marocaine pour garantir le succès
    100 milliards de dollars à mobiliser d’ici 2020
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    Les impacts du changement climatique peuvent être très différents d’une région à une autre, mais ils concerneront toute la planète. Des conséquences sont d’ores et déjà prévisibles

    «Mobilisation générale»! C’est le mot d’ordre du Comité de pilotage du prochain Sommet sur le climat à Marrakech. A 6 mois de l’événement, le temps presse! Pour accélérer le rythme du déploiement et la mobilisation générale, le Comité de pilotage vient de dévoiler la feuille de route de la COP de novembre prochain, jeudi 28 avril au ministère des Affaires étrangères à Rabat. L’événement a été marqué par la présence du chef du gouvernement, de ministres, de diplomates, ambassadeurs, consuls, députés, consultants, experts, chercheurs, représentants de la société civile, presse étrangère… Une étape cruciale qui annonce le coup d’envoi de la mobilisation tous azimuts tant au Maroc qu’à l’international avec tout ce que cela implique en termes d’enjeux, de sensibilisation, de vulgarisation, de challenges… «Si la COP21 a été le Sommet de l’accord et de la décision, la COP22 sera celui de l’Action et des réalisations», déclare d’emblée Abdelâdim Lhafi, commissaire de la COP de Marrakech. «Après la ratification de l’Accord de Paris, nous passons aujourd’hui à la mise en application de l’Accord. Ce qui suppose un certain de nombre de règles, de prérequis et de mécanismes. Il y a toute une procédure sur l’opérationnalisation de l’Accord de Paris via des organes subsidiaires et différents comités», tient à préciser Lhafi. Pour le commissaire, «le discours sur le climat n’est plus l’apanage d’experts, de chercheurs et de spécialistes…
    Le développement durable concerne l’ensemble de la société, des gouvernements à la société civile et aux ménages, en passant par les jeunes. Toute la population est concernée!» D’où le défi de sensibiliser et mobiliser le plus grand nombre tant au Maroc qu’à l’international. D’ailleurs, les 12 Conseils régionaux du Royaume seront mis à contribution pour conscientiser la population à l’échelle territoriale. Pour la team de la COP22, l’événement est un rendez-vous important avec l’histoire et le développement durable que le Maroc ne peut et ne doit absolument pas rater. La plan d’actions de la COP de Marrakech se décline en cinq axes ainsi que des thématiques additionnelles. Et c’est Hakima El Haité, avec sa casquette d’envoyée spéciale pour la Mobilisation, qui en a dévoilé le plan d’actions. Le principal axe porte sur l’accompagnement et le soutien de la présidence française (COP21) en mobilisant le plus grand nombre de parties à ratifier et à approuver, voire adhérer à l’Accord de Paris, avant même la tenue de la COP22. D’ailleurs, une task force franco-marocaine vient d’être créée.
    C’est une sorte de secrétariat pour préparer la COP22 et garantir toutes les chances de succès de l’événement. Dans le même sillage, le deuxième axe de la feuille de route permettra d’impulser «le dynamisme nécessaire pour maintenir la mobilisation engagée par la présidence française et pour que les pays développés annoncent, lors de la COP22, une réévaluation à la hausse de leurs ambitions». Bien entendu, l’enjeu est de parvenir à réduire les écarts des émissions de carbone à l’horizon 2020. «L’idéal est de descendre à 1,5 degré pour éviter des catastrophes dans beaucoup de pays qui peuvent être engloutis par les océans, le réchauffement climatique… », insiste Lhafi.
    L’autre défi consiste à consolider la mobilisation des acteurs non étatiques et des gouvernements dans le cadre du programme d’action «Lima-Paris», consacré à l’Accord de Paris. Ce programme constitue un moteur essentiel d’action et d’innovation. C’est aussi un levier fondamental pour le pré-2020. D’ailleurs la présidence marocaine compte le prolonger et l’institutionnaliser dans le cadre d’un «Agenda global d’action pour le climat», afin de garantir sa pérennité à travers des initiatives concrètes.
    Plus important encore, la feuille de route marocaine se veut «prévisible et concrète» pour pouvoir mobiliser 100 milliards de dollars d’ici 2020. Il s’agit là de financements (Fonds vert) de projets bancables. «Aujourd’hui, 62 milliards de dollars du Fonds du climat vont essentiellement vers l’Asie. Seuls 12% vont vers l’Afrique, car les projets africains ne sont pas toujours bancables», signale Hakima El Haité. Sur ce volet, tout l’enjeu de la COP22 consistera à attirer des investisseurs, des fonds d’investissement vers l’Afrique. «Nous comptons faire du Maroc le pivot vers l’Afrique et réussir les partenariats triangulaires Nord-Sud-Sud», soutient l’envoyée spéciale pour la Mobilisation.
    Le Comité de pilotage de la COP22 s’engage énergiquement à impulser une forte dynamique pour accélérer la ratification de l’amendement du Protocole de Kyoto. Il compte surtout déployer des efforts en termes d’accompagnement et d’appui des pays en voie de développement, à travers la préparation de plans nationaux d’adaptation. «La présidence montante marocaine se mobilisera afin qu’un large nombre de pays annoncent, lors de la COP22, leurs plans nationaux d’adaptation». Il est aussi question de généraliser les systèmes d’alerte. L’instance de pilotage de la COP de Marrakech met l’accent sur l’assistance technique aux pays «vulnérables» pour la préparation de leurs dossiers et projets afin d’accéder facilement au financement. Le transfert de technologies Nord-Sud, voire Sud-Sud est également un chantier fondamental.
    En plus des axes stratégiques, s’ensuivent des thématiques spécifiques. Sur ce registre, le Comité de pilotage compte donner plus de contenu à la définition des outils nécessaires en vue de garantir l’efficacité et la transparence des mesures, notifications et autres vérifications, ainsi que le renforcement des mécanismes de suivi. Autre chantier et non des moindres, celui de la clarification du dispositif institutionnel. Ce processus devra également permettre de préciser davantage les aspects qualitatifs et quantitatifs liés à l’objectif global de l’adaptation. Le staff de la COP22 s’attelle aussi à créer un mécanisme de renforcement des capacités qui viendrait harmoniser, soutenir et interconnecter les centres de compétence sur le changement climatique.

     Quand le Maroc s’engage…

    Le Maroc est résolument engagé en faveur du climat. En effet, entre 2005 et 2010, il a consacré 64% de ses dépenses climatiques à l’adaptation. Ce qui équivaut à 9% des dépenses globales d’investissement. A travers les accords de Paris, le Maroc s’est engagé à réduire de 32% de ses émissions de gaz à effet de serre, d’ici 2030. Cet engagement s’est notamment traduit par d’importants projets dans le domaine du développement durable. Autres messages forts envers la communauté internationale, les engagements du Maroc, en tant que pays du Sud. En effet, c’est l’un des plus faibles émetteurs de gaz à effet de serre.

     

     

     

     

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