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    Analyse

    Ilyas El Omari au Club de L’Economiste
    «Les aides directes, un danger»

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:4762 Le 29/04/2016 | Partager
    «Le gouvernement n’a pas tiré profit de la baisse du cours du pétrole et des bonnes campagnes agricoles»
    Le SG du PAM très cohérent dans l’argumentaire économique
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    Ilyas El Omari, secrétaire général du Parti authenticité et modernité: «Nous devons appuyer la recherche scientifique et investir dans l’enseignement» (Ph. Bziouat)

    «Le taux de croissance est décevant. Il est même catastrophique!». A lui seul, ce constat résume le diagnostic de la situation économique établi par Ilyas El Omari, secrétaire général du PAM. Un diagnostic qui pourrait lui valoir des critiques puisque le gouvernement a du mal à accepter les remarques et les pronostics sur la croissance même quand ils émanent  d’institutions comme la banque centrale et le Haut commissariat au plan. Avec son franc-parler habituel, mais aussi une bonne maîtrise des dossiers économiques, El Omari met en cause l’échec de la politique du gouvernement qui n’a pas su tirer profit de la conjoncture économique. Deux éléments ayant marqué les quatre dernières années sont mis en avant: l’absence de sécheresse et la baisse du cours du pétrole.  Des «atouts» qui n’ont pas permis pour autant de réaliser des taux de croissances importants alors même que le Maroc a bénéficié de dons des pays du Golfe et des recettes de la privatisation. «Le gouvernement El Fassi avait terminé son mandat avec un taux de croissance de 4,8% et l’équipe actuelle a du mal à dépasser le cap des 3,5%», souligne El Omari. Il rappelle ainsi que ce niveau reste loin des objectifs affichés par le gouvernement (5,5%) et aussi par le PJD qui tablait sur un taux de croissance de 7%. «Comment procéder si le cours du pétrole remonte et si l’aide financière des pays du Golfe  se tarit», s’interroge El Omari.
    Les retombées les plus visibles de cette faible croissance sont constatées en particulier sur l’emploi. Le taux de chômage reste élevé (9,9%) alors que le gouvernement s’est engagé à le ramener à 8%. Il dépasse même les niveaux enregistrés à la fin du mandat de Abbas El Fassi.  Le tableau s’assombrit davantage quand on se penche sur le taux de chômage de certaines catégories. Sans entrer dans les détails, le patron du PAM  attire l’attention sur un seul indicateur, celui des jeunes qui ne suivent pas de formation, qui sont à la recherche d’un emploi: ils sont à 28% de taux de chômage!
    Perte de confiance, malaise face aux décisions prises de manière unilatérale… El Omari met en garde contre les risques de retournement de conjoncture: «Le gouvernement qui reprendra les rênes risque de se retrouver face à une situation catastrophique. L’endettement est important avec un taux de 64,5% consacrés au financement de la consommation». Cela ne permet pas au Maroc de se financer à l’international en cas de difficultés. Car, à l’exception des finances publiques, les indicateurs économiques font «peur». La portée de la réforme de la Caisse de compensation est minimisée. La baisse des subvention a été surtout soutenue par le recul du cours du pétrole alors que le sucre et le butane sont toujours subventionnés. Pour lui, des zones d’ombre subsistent puisque  le gouvernement a omis de répondre à une question de taille: «Comment procéder si le cours du baril remonte à l’international et dépasse le seuil de 100, voire 120 dollars?».  Sur l’aide directe, le patron du PAM reste critique et développe une autre vision: «Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. Il faut des projets créateurs de richesses et de revenus». Tout en étant sensible à la cause des femmes veuves, divorcées ainsi qu’à la situation des personnes vulnérables, El Omari estime que cette politique d’aide directe pourrait constituer un véritable danger: «Demain tout le monde risque de demander de l’aide».

    L’échec de l’enseignement

    Le gouvernement a reconnu son échec sur deux dossiers: la santé et l’enseignement. Pour Ilyas El Omari,  l’enseignement est lié a deux éléments,  le contenu et la langue d’enseignement:  «Les enfants de tous les responsables sont dans les écoles privées et on demande au public de poursuivre dans la voie de l’arabisation. Aujourd’hui, le gouvernement a décidé du retour des langues, mais où sont les enseignants surtout qu’une vague de départ à la retraite est en cours».  Ainsi, d’ici 2021, près de 120.000 enseignants iront à la retraite. Comment allons-nous faire et combien d’enseignants sommes-nous en train de former et dans quoi? s’interroge El Omari.  Il revient aussi à la charge sur la recherche scientifique dont le budget reste dérisoire. «C’est la recherche scientifique qui va doter le pays d’experts  qui pourront par la suite établir des programmes d’enseignement», soutient le patron du PAM. 

     

     

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