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    Finances-Banques

    Les TPE marocaines résistantes, mais...

    Par Franck FAGNON | Edition N°:4757 Le 22/04/2016 | Partager
    Le taux de survie après cinq ans ressort à 60%
    Cependant, un nombre important est menacé de faillite
    La faiblesse des ressources financières limite leur croissance
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    Faiblement capitalisée au départ, la grande majorité des entreprises nouvelles ont des difficultés à accéder à d’autres sources de financement telles que le crédit bancaire. Après quatre ans d’existence, 4 entreprises sur 5 restent à l’état de TPE avec un risque de défaillance élevé

     

    La conjoncture a mis sur le carreau en moyenne 4.120 entreprises par an depuis 2010. Si les défaillances progressent à deux chiffres sur la période, un nombre important d’entreprises résistent. 60% des sociétés créées en 2010 sont toujours en activité selon les résultats de l’étude «Inforisk Startup 2010». C’est une moyenne bien plus élevée que ce qu’on observe au niveau international. Le spécialiste du renseignement commercial se base sur un échantillon de 2.710 sociétés et les bilans des exercices 2011 à 2014.
    Le taux de pérennité après cinq ans ressort à 95%. En retraitant les entreprises en veilleuse, il baisse à 60%. Sans grande surprise, le commerce, le BTP et l’immobilier concentrent les créations d’entreprises. Le faible intérêt pour les secteurs en plein essor tels que le big data, les énergies vertes... semble préoccupant.
    La viabilité des entreprises demeure relativement élevée, mais de nombreuses structures seraient dans une situation financière délicate. «Le risque de défaillance des TPE même après quatre exercices reste très élevé», relève Amine Diouri, responsable étude PME à Inforisk. La grande majorité des entreprises entame leur vie avec un gros handicap: la faiblesse des fonds propres. Pratiquement la moitié des sociétés immatriculées en 2010 avait un capital de départ d’au plus 10.000 DH. Pour 9 entreprises sur 10, la mise initiale est inférieure à 100.000 DH. Ces niveaux limitent considérablement l’accès à d’autres sources de financement comme le crédit bancaire. Pour le banquier, l’apport du promoteur d’un projet est un gage de son engagement. Plus le montant sera important, plus la banque va suivre.
    A part l’autofinancement (78% des ressources des TPE et 51% pour les PME), les entreprises de petite et moyenne taille hésitent à pousser la porte des agences bancaires. Les dettes de financement représentent à peine 3% des ressources des toutes petites entreprises et 4% pour les PME. Le crédit est  moins abondant pour les petites entreprises car elles sont jugées très risquées. Ceci dit, Bank Al-Maghrib encourage les banques à financer davantage cette catégorie d’entreprise en mettant notamment en place des mécanismes de refinancement en monnaie centrale avantageux. Les PME pourraient y trouver leur compte à un moment ou un autre même si le ralentissement actuel de l’activité réduit la demande de crédit. Mais au-delà des facteurs conjoncturels, l’atonie de la demande tient pour une partie à l’autocensure, parce que de nombreuses entreprises considèrent que leur dossier sera de toute façon rejeté. Par ailleurs, compte tenu de leur faible pouvoir de négociation, elles ne peuvent pas jouer sur les délais de paiement. Le crédit interentreprises alimente à hauteur de 18% les besoins de financement de la TPE contre 33% pour la PME et 51% pour la grande entreprise. Chaque société se fait de la trésorerie sur plus petite qu’elle. Faute de moyens, l’immense majorité des nouvelles sociétés ont du mal à accélérer leur croissance. Entre 2011 et 2014, le chiffre d’affaires a augmenté de 10% en moyenne par an pour les TPE. Alors qu’à ce stade, le rythme devrait être plus soutenu. Agadir est la ville la plus «porteuse» pour les entreprises avec une croissance annuelle moyenne de 55% du chiffre d’affaires entre 2011 et 2014. Casablanca et Tanger complètent le podium. Le commerce et le BTP sont les secteurs où la l’activité est la plus dynamique. Cela contraste avec le sentiment général. Il y a cependant une chose qui ne change pas au fil des années: les entreprises sont peu orientées vers l’export. Il pèse moins de 5% du chiffre d’affaires des TPE et moins de 10% du revenu des PME. En même temps, elles n’ont pas encore les reins suffisamment solides pour se développer sur d’autres marchés. 

     

     

     

     

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