×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    Agroalimentaire
    Dans les coulisses du Drink & Food Expo

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4754 Le 19/04/2016 | Partager
    La sardine marocaine veut se frayer un chemin sur le marché anglais
    L’un des plus difficiles d’accès au monde
    Le bio, une niche qui fait fureur
    food_expo_054.jpg

    En Europe, l’Espagne est le premier client des produits de la mer marocains, suivie de l’Italie. En Asie, c’est le Japon, suivi de la Chine. En Afrique, le Nigeria arrive en tête, suivi du Ghana

    De la confiserie, des plats surgelés, des vins, des pâtes, des produits bio, des conserves de tous genres,… Près de 1.200 agro-industriels de 20 pays sont venus exposer leurs produits au Food & Drink Expo de Birmingham, le plus grand salon au Royaume-Uni. En plein centre de cette grande foire de l’agroalimentaire, qui a démarré, hier lundi, se trouve le stand marocain (125 m2), pratiquement le seul avec une grande affiche où l’on peut lire le nom du pays, «Morocco». Cela attire du monde, y compris des passants curieux de goûter le thé à la menthe qui a fait fureur. Et c’est tant mieux pour les six exposants marocains présents. Trois producteurs de conserves de pélagiques, notamment de la sardine, un fabricant de popcorn (Soho), un producteur de produits bio et le spécialiste des couscous et pâtes, Tria.
    Le marché anglais fait partie des plus exigeants au monde avec une multitude d’accréditations. Mais c’est loin de décourager les opérateurs marocains, de tout espoir de décrocher de nouveaux contrats. D’ailleurs, ils ont tous réussi à obtenir la principale certification exigée, la BRC Global Standard.
    King Pélagique en fait partie. Ce groupe intégré de 8 sociétés (1.000 employés), créé il y a près de 4 ans et installé à Dakhla, est parmi les plus grands challengers du marché. De la pêche à la farine de poisson, en passant par la congélation, la transformation, la conserverie et les plats surgelés, le groupe qui fabrique également du surimi, intègre toute la chaîne. Avec une capacité de 80.000 tonnes par an, il exporte plus de 90% de sa production, vers l’Europe, le Moyen-Orient (près de 20%) et l’Afrique (environ 30%). A la fois avec ses propres marques (Omega, Karma, La Marinière) et pour des distributeurs, surtout des grandes surfaces. Actuellement, il cible les marchés français et anglais.
    OrgaFood, pour sa part, fait partie des derniers grands fabricants de conserves de poisson (sardine, thon, maquereaux) de la région de Safi, dont les ressources sont presque taries. Sa matière première, il l’importe essentiellement de Laâyoune et Dakhla. «Mais le secteur continue d’être un grand employeur de main-d’œuvre à Safi, avec plus de 8.000 emplois directs et 20.000 indirects», précise son gérant, Nabil Benaichour. OrgaFood exporte 80% de sa production, sous sa marque, Tissa, mais aussi pour des distributeurs. La plus grosse part va en Afrique (50%), suivie de l’Europe (40%) et du Moyen-Orient.
    Well fishing, elle, est sur les pélagiques congelés (sardine, maquereaux). Elle opère sur ce segment depuis 15 ans à partir de Laâyoune. Comme la majorité des producteurs, 90% de son offre est orientée vers l’export.
    Le bio, c’est le dada des Anglais. De nombreux producteurs se livrent une bataille acharnée sur ce segment au Royaume-Uni. Savorini (Mundo Verde Group), créé il y a un an et exclusivement tourné vers l’export, ambitionne de s’y frayer un chemin, avant de s’attaquer à la Russie. Pour le moment, la société exporte uniquement au Proche-Orient. Le projet ne sera pas aisé, mais Savorini dispose d’un avantage de taille: des produits uniques difficiles à trouver ailleurs. Comme le jus de figue de barbarie, Amlou, ou encore le safran de Taliouine.
    Soutenues par l’Etablissement autonome de contrôle et de coordination des exportations (ministère de l’Agriculture), des entreprises, jeunes et moins jeunes, peuvent partir à la rencontre de clients étrangers. Cela dit, l’opération reste coûteuse, surtout pour les PME. La participation à un seul salon peut nécessiter dans les 100.000 DH.

    La «revanche» du pélagique

    food_expo_agroalimentaire_054.jpg

     

    Le Maroc est le premier producteur exportateur de conserves de sardine au monde (environ 320.000 tonnes de pélagiques produites par an et une cinquantaine d’unités dans le sud), loin devant la Chine et l’Amérique latine. La crise de production de 2012 lui a, certes, fait perdre des parts de marché, notamment en Afrique. Avec des ressources rares, la conserve marocaine de sardine s’était renchérie de 15 à 20%. Les concurrents chinois en ont donc profité pour placer leurs produits low cost. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un vieux souvenir. D’autant plus que la qualité de l’offre marocaine reste imbattable. «Le marché demeure sur des produits classiques, mais qui marchent très bien. A l’avenir, il faudra miser plus sur l’innovation», pense Benaichour. Surtout sur les marchés européen et américain où les consommateurs sont de plus en plus exigeants.

     

    De notre envoyée spéciale à Birmingham, Ahlam NAZIH

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc