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    Analyse

    Mbarka Bouaida au Club de L’Economiste
    Dossier du Sahara: Pourquoi le Maroc va rester vigilant

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4745 Le 06/04/2016 | Partager
    Rapport ONU: Le risque de partialité persiste
    La ministre souhaite un document court et factuel
    Réoccuper le terrain de la société civile
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    Pour Bouaida, un travail d’amélioration de l’efficacité diplomatique sur le Sahara consiste à corriger les contre-vérités historiques sur la légitimité des arguments marocains (Ph. Jarfi)

    «Nous voulons que le rapport de l’ONU soit court, factuel et extrêmement objectif, sans le moindre jugement de valeur. L’envoyé personnel qui rédige ce rapport au nom du secrétaire général doit rester tout à fait neutre dans le traitement de cette question. Malheureusement, cela n’a pas été toujours  le cas». Dans la bouche de Mbarka Bouaida, ministre déléguée aux Affaires étrangères et à la Coopération, qui était l’invité du Club de L’Economiste vendredi dernier, ces propos ne sont pas de la rhétorique. Rabat ne se fait pas d’illusions. Après les derniers développements du dérapage du secrétaire général de l’ONU, le rapport, qui sera présenté ce vendredi, ne pourra être que partial, une occasion pour épingler le Maroc et prendre ainsi sa revanche. Qu’importe la partialité de ce document, «nous souhaitons que  la résolution soit technique, avec le maintien des paramètres de la solution politique», a souligné Bouaida. Pour elle, la volonté de l’équipe du SG pour enterrer le plan d’autonomie est manifeste. Pour convaincre, elle donne l’exemple de la lettre que le SG adresse pour rappeler la nécessité de trouver une solution à ce différend. Cette fois, et à la veille de l’anniversaire de la Marche verte, et le déplacement royal dans les provinces du Sud, le message de Ban Ki-moon n’a laissé aucune place au dialogue: «le Maroc bloque le processus et il faut reconfigurer tout le dossier, avec une autre solution». Cette sortie s’inscrit dans la stratégie d’attaque contre le Maroc, contenue déjà dans le rapport de 2014 où Christopher Ross voulait revoir «le statut du Sahara comme territoire non autonome». Chose que le Conseil de sécurité n’évoque plus en raison du cadre de la solution politique. L’envoyé personnel voulait que  «2015 soit l’année d’évaluation et de remise en cause en vue de reprendre les négociations sans préalable». En outre, certains fonctionnaires de l’ONU, proches du SG, sont réceptifs aux discours indépendantistes. Ils confondent le Maroc et le Soudan, et parfois vont jusqu’à comparer le dossier du Sahara à la Palestine.
    Avec autant de confusions, le Maroc n’est-il pas absent au niveau de la communication? La ministre le reconnaît: «Ils ont occupé le terrain de la société civile beaucoup  plus que nous.  De même, la diplomatie algérienne est totalement mobilisée et active contre le Maroc. C’est une guerre diplomatique et médiatique, il ne faut pas se leurrer». Il s’agit de rester confiant et ferme pour gagner cette bataille, dit-elle. Sur le terrain, la question ne se pose pas. «Le Maroc est dans son Sahara et le Sahara dans son Maroc. Pour la perception, c’est une autre paire de manches. Et là un travail de diplomatie publique, parallèle et officieuse manque. «Je pense qu’il y a un vrai rattrapage à faire, ne serait-ce que pour corriger les erreurs monumentales qui touchent l’histoire du Maroc», selon Bouaida. «Attention, prévient la ministre, il ne faut surtout pas permettre que cette histoire soit revisitée par d’autres». La création d’une direction de la diplomatie publique au département des Affaires étrangères répond à ces préoccupations.

                                                                      

    Stratégie de la fermeté

    Dans une approche basée sur le dialogue, la stratégie de fermeté commence à donner ses fruits. On l’a vu avec la riposte marocaine au jugement du Tribunal européen au sujet de l’accord agricole. Finalement, l’UE a fait appel en référé, près la Cour européenne. Avec l’ONU, le Maroc s’est montré extrêmement ouvert, très coopératif. En effet, depuis le cessez-le-feu, il a fait preuve d’initiatives. Rabat est à l’origine du référendum que la Minurso devait prendre en charge. L’ONU l’a jugé inapplicable. Ensuite, cette institution a lancé un appel aux parties pour trouver une solution politique. En 2007, le Maroc a proposé le plan d’autonomie dans les provinces du Sud, reconnu dans toutes les résolutions comme une «solution juste, sérieuse, crédible et qui pourrait être une bonne base pour les négociations». Aujourd’hui, les adversaires veulent revenir au référendum, en attaquant le Maroc sur deux aspects: les droits de l’homme et la question des ressources naturelles. Or, Rabat s’est aperçu que les pays amis ne considèrent pas le Sahara comme un dossier prioritaire. Il est laissé dans la case des négociations une ou deux fois par an, tout en tenant compte des équilibres régionaux. Pour le Maroc, «il est temps de trouver une solution définitive et les pays amis doivent assumer leurs points de vue», indique Mbarka Bouaida. Les membres du Conseil de sécurité, particulièrement ceux avec qui le Maroc entretient un partenariat stratégique ou une amitié forte et qui reconnaissent le plan d’autonomie, devraient appuyer les négociations dans ce sens.

    Langage international

    Sur la diplomatie parlementaire, le credo de Mbarka Bouaida, qui a été députée et a participé à plusieurs missions à l’étranger, est clair. Il s’agit de «moderniser et simplifier les messages pour utiliser un langage international». Les ONG ont également besoin de formation dans le domaine du langage internationalisé. C’est le CNDH qui se charge de cette tâche pour les associations. Toutefois, la ministre reconnaît l’amélioration de la communication parlementaire autour du sujet.

     

     

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