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    Analyse

    Bouaida au Club de L’Economiste
    Rabat ne veut plus se laisser faire!

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4745 Le 06/04/2016 | Partager
    La politique de fermeté est un choix délibéré pour rompre avec les concessions
    45% des nouveaux ambassadeurs ont reçu leurs agréments
    De nouvelles ambassades prévues en Afrique et en Amérique latine

    «Le Maroc a fait beaucoup de concessions dans le passé. Il était temps d’arrêter cela et de dire la vérité». C’est l’explication de Mbarka Bouaida, ministre déléguée aux Affaires étrangères, concernant la nouvelle politique de fermeté adoptée par la diplomatie marocaine, considérée comme «un choix délibéré». Une approche adoptée dans différentes crises ayant survenu ces derniers mois entre le Maroc et certains Etats. Suède, Union Européenne ou encore le secrétaire général des Nations unies… autant de crises où Rabat s’est montrée intransigeante. Pour Bouaida, qui était l’invité du Club de L’Economiste, vendredi dernier, «c’est un choix délibéré du Maroc, qui est en droit de défendre son intégrité territoriale». Les responsables européens l’ont «parfaitement compris». «Les contacts ont repris avec l’UE sur cette base, suite à la visite de Federica Mogherini», a noté la ministre, qui a fait savoir que les deux parties travaillent actuellement dans le cadre d’une forte coordination entre des équipes où plusieurs départements sont représentés.

    Globalement, la nouvelle orientation de la diplomatie marocaine est adossée à un véritable travail de fond, qui mise sur une redynamisation de l’action au niveau central, mais aussi des chancelleries. Le grand mouvement des ambassadeurs, validé en Conseil des ministres en février dernier, s’inscrit dans cette logique. L’idée est de donner un coup de fouet à la dynamique diplomatique dans les différentes capitales. Concrètement, il s’agissait de répondre à des demandes en interne, puisque plusieurs directeurs au ministère des Affaires étrangères étaient en attente de promotion. Ce qui «participait à un certain blocage administratif», a reconnu la ministre. L’idée est aussi «d’adapter les profils aux postes». La refonte du mode opératoire de la diplomatie marocaine passe par une rupture avec certaines pratiques où des ambassadeurs restaient en poste pendant 15 ans, alors que le mandat est censé être de 4 ans renouvelables une fois. D’autres diplomates n’étaient pas adaptés aux postes qu’ils occupaient. Aujourd’hui, de nouveaux profils font leur entrée dans le réseau des représentations diplomatiques du Maroc. Sur les 73 ambassadeurs concernés par ce mouvement, 90% sont des diplomates de carrière. Mais le choix a également porté sur d’autres profils, notamment des membres de partis politiques, des opérateurs économiques ou des militants des droits de l’homme. Ces derniers vont bénéficier d’une formation de 3 mois avant de rejoindre leurs postes. Si certains considèrent que cette nouvelle approche est audacieuse, Bouaida estime qu’elle est «nécessaire, et devra créer une vraie dynamique dans les ambassades». Le Maroc prévoit l’ouverture de nouvelles ambassades, dont 6 prévues en Afrique et d’autres en Amérique latine. Cette diplomatie agressive peut être salutaire, dans la mesure où c’est dans ces deux continents où les adversaires du Maroc sont les plus actifs, surtout pour des raisons idéologiques.  
    Dans cette réorganisation du réseau diplomatique, la parité semble de mise. Dans certains continents comme l’Europe et l’Amérique latine, le taux des femmes ambassadrices est de 50%. Leur part est moins importante en Afrique et dans le monde arabe, mais le taux global est de 25%. Aujourd’hui, près de deux mois après l’adoption de ces nominations par le Conseil des ministres, la liste officielle des nouveaux ambassadeurs se fait toujours attendre. Pour Bouaida, le processus est en cours, dans la mesure où il est nécessaire d’avoir l’agrément de ces diplomates auprès des Etats d’accueil, avant l’audience royale. Jusqu’à aujourd’hui, 45% de ces ambassadeurs ont reçu leurs agréments. Le département des Affaires étrangères compte accélérer le processus pour le reste.  
    Si le département des Affaires étrangères veut rajeunir les effectifs diplomatiques en poste à l’étranger, l’expérience des seniors peut être décisive dans certains dossiers. C’est pour cela que Mbarka Bouaida évoque la nécessité de contourner la contrainte de l’âge légal de départ à la retraite. «Nous nous dirigeons actuellement vers une harmonisation avec la future loi, qui prévoit 63 ans, mais l’idée est d’aller jusqu’à 65 ans, comme cela est pratiqué dans différents pays, afin d’éviter les déperditions des compétences», a expliqué la ministre.

    Nouveau secrétaire général

    La redynamisation des représentations diplomatiques à l’international s’accompagne d’une réorganisation interne du département des Affaires étrangères. Un nouveau secrétaire général, Ali Lazrak, prépare déjà son nouveau plan d’action en attendant la validation de sa nomination en Conseil du gouvernement. Ancien inspecteur général du ministère des Affaires étrangères, il connaît bien les défis auxquels il devra faire face, afin d’insuffler une nouvelle dynamique au volet administratif au sein de ce département. Parmi les chantiers déjà en cours, la refonte des statuts des diplomates et la correction des dysfonctionnements pointés par le dernier rapport de la Cour des comptes, y compris la situation des agents locaux au sein des ambassades et des consulats (voir interview dans la même rubrique ).

     

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