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    Analyse

    Bouaida au Club de L’Economiste
    Un mouvement des consuls pour bientôt

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4745 Le 06/04/2016 | Partager
    C’est le 2e après le lancement de la réforme consulaire
    3 consulats rénovés prêts à ouverture
    Un portail «Sahara marocain» en gestation
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    Mbarka Bouaida, ministre déléguée aux Affaires étrangères, a estimé que «la crise avec l’UE devra être dépassée rapidement. Mais cette bataille est aussi une opportunité à saisir pour mettre fin aux amalgames» (Ph. Jarfi)

    - L’Economiste: Le Maroc avait réagi au jugement du Tribunal européen par une suspension des contacts avec l’UE. Cette attitude est-elle efficace?
    - Mbarka Bouaida:
    Nous suivons depuis longtemps le panorama de plaintes déposées par les adversaires de l’intégrité territoriale, même contre des entreprises européennes. Le scénario prévu par le Maroc et l’UE voulait que l’accord ne soit pas annulé. Malheureusement nous avons tous été surpris par ce jugement. Pour nous, c’est une affaire éminemment politique. Actuellement, nous échangeons beaucoup avec les responsables européens sur la nécessité de remettre en cause cette recevabilité. Le jugement reconnaît la légalité de l’accord agricole, mais a décidé pourtant son annulation. Dans ce dossier, il y a un certain nombre de contradictions inacceptables. Et nous avons décidé de suspendre les contacts pour que la partie européenne comprenne que le Sahara constitue une ligne rouge pour le Maroc. C’est vraiment une question existentielle.  C’est là où le langage marocain a beaucoup changé ces dernières années.

    - Quelle sera la position du Maroc si le jugement est confirmé en appel?
    - C’est le scénario catastrophe. Mais, pour nous, le Sahara reste prioritaire. Je ne pense pas qu’on ira vers cette situation, parce qu’il y a une véritable mobilisation européenne, notamment à travers la demande de procédure accélérée d’élargissement de la Cour. Elle a été élargie à 15 juges. Nous avons aussi de plus en plus de pays, amis de la Cour, qui se sont déclarés solidaires et se sont désignés officiellement partie prenante de cette procédure. C’est le cas de l’Espagne, la France, la Belgique. C’est un message politique d’appui au Maroc. Je pense que nous allons dépasser cette crise rapidement. C’est une bataille, mais c’est aussi une opportunité à saisir pour mettre fin à ces amalgames et pour que nos amis manifestent leur soutien et assument leurs responsabilités.

    - La diplomatie marocaine n’est pas visible sur le web. N’est-il pas temps d’investir ce puissant canal de communication?
    - Le portail du ministère est le plus visité de tous les départements publics. Les visiteurs ont accès à un certain nombre de documents et d’informations, notamment relatifs à l’affaire du Sahara. Actuellement, nous menons un projet de traduction du portail en plusieurs langues pour toucher de nouveaux pays. Nous sommes aussi en train de réfléchir sur la possibilité de créer un portail «Sahara marocain», qui soit accessible et référencé, afin de diffuser des messages simples au grand public.

    - Le rapport de la Cour des comptes a épinglé le ministère des Affaires étrangères, notamment au sujet des agents locaux. Comment vous comptez remédier à ces dysfonctionnements?
    - Une réforme est déjà engagée. Mais elle est appelée à se renforcer. Le ministère a besoin d’être modernisé. Ce travail prend du temps malheureusement, parce que c’est une vieille administration qui a ses habitudes, avec un passif, que nous essayons d’améliorer. Effectivement, la Cour des comptes a émis un certain nombre de remarques dont nous tenons compte. Les agents locaux n’avaient pas de statut. Depuis 2012, nous avons mis en place un statut cadre au profit de ces agents locaux, avec des catégories de 1 à 3. Ce qui permet de mettre une logique dans le recrutement.

    - Qu’est-ce qui a été fait jusqu’ici dans la réforme consulaire?
    - Après la nomination de 25 consuls suite au discours du Roi, nous nous apprêtons à lancer un nouveau mouvement. C’est prévu pour bientôt. Nous avons également travaillé sur un modèle du consulat du Maroc, qui doit être dupliqué dans différents pays. Le Maroc se lance aussi dans une nouvelle orientation qui consiste à opter plus pour l’acquisition des bâtiments abritant ses consulats que pour la location. Les loyers deviennent exorbitants, et dans certains pays, il est important que le Maroc garde son patrimoine. Actuellement, trois consulats sont prêts à ouverture après avoir été entièrement rénovés. Il s’agit de ceux de Las Palmas, Strasbourg et Edinburgh. D’autres sont en cours.

    - Vous êtes membre du bureau politique du RNI. Pour les prochaines élections, serez-vous candidate?
    - Je pense que oui, même si c’est un peu tôt pour le dire. Mais c’est aussi une décision qui revient au parti. Nous aurons plus de visibilité en juin, et les listes seront déposées en septembre.

    - Quelles sont les chances du RNI lors de ce scrutin?
    - Le RNI a obtenu 56 sièges en 2011. Le parti a été souvent classé 3e sur l’échiquier politique. Aujourd’hui, il y a effectivement un problème de communication et d’image. Mais je pense que le parti pourra faire au moins les mêmes résultats qu’en 2011. Nous avons réussi à faire un peu plus dans les dernières communales. Il ne faut pas non plus oublier l’apport du RNI dans la nouvelle équipe gouvernementale en matière de réforme économique, de gestion des crises…

    Propos recueillis par
    Mohamed Ali MRABI

     

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