×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Finances-Banques

    Benjelloun-Touimi: «Il faut regarder au-delà d'une année»

    Par Franck FAGNON | Edition N°:4742 Le 01/04/2016 | Partager
    2016 sera une année de transition
    Le nouveau plan stratégique de BOA Group sera présenté en avril
    benjelloun-touimi_042.jpg

    Brahim Benjelloun-Touimi, administrateur directeur général exécutif BMCE Bank of Africa: «Dans cette période sans doute un peu délicate, il faudrait surtout se prémunir contre tout pessimisme et contre toute déclaration qui pourrait être alarmiste. Il faut avoir confiance»
    (Ph. L'Economiste)

    Les bénéfices des banques n'ont pas été affectés par la baisse de régime de l'activité économique et du crédit. La diversité des sources de profit permet de compenser la petite forme de certaines lignes de métiers. En outre, la diversification géographique est un atout dans le contexte actuel. Tous les groupes bancaires ont accéléré leur développement en Afrique ces dernières années, mais l'activité domestique reste encore dominante dans les résultats. Si la croissance attendue en 2016 est très faible, il faut se garder de tout discours pessimiste, fait savoir Brahim Benjelloun-Touimi, administrateur directeur général exécutif BMCE Bank of Africa et président de BOA Group. Entretien.

    - L'Economiste: Bank Al-Maghrib a révisé sa prévision de croissance économique à 1%. En termes réels, nous sommes en décroissance. Quelle est votre analyse?
    - Brahim Benjelloun-Touimi:
    Il faut lire avec exégèse les communiqués et les déclarations de Bank Al-Maghrib. Pour ma part, je pense que dans le contexte actuel, les opérateurs économiques et notamment ceux du privé doivent absolument professer la confiance qu'ils ont dans le présent et l'avenir des affaires qu'ils conduisent, du pays dans lequel ils se meuvent et du continent dans lequel ils exercent leurs activités. Toute déclaration pessimiste risque effectivement de décourager les investisseurs et conduire à un immobilisme dans l'acte d'investir. Nous avons la conviction que 2016 sera une année de transition dans la perspective des échéances électorales qui se profilent. La clarification du champ politique comme ce fut le cas après les élections de 2011 et sans doute les premiers impacts de la décroissance des prix des hydrocarbures et l'évolution de la parité dirham/dollar devraient aboutir à une conjoncture bien meilleure en 2017.
    Dans cette période un peu délicate, il faudrait surtout se prémunir contre tout pessimisme et contre toute déclaration qui pourraient être alarmistes. Il faut faire preuve de confiance. Le groupe BMCE Bank of Africa l'a montré à travers son président (ndlr: Othman Benjelloun) que même lorsqu'il y a des vents contraires, on avance. Sans doute moins vite qu'on aurait souhaité, mais nous avançons et il faut regarder au-delà d'une année.
    Le Maroc jouit d'un environnement exceptionnel et est stable en dépit de toutes les menaces régionales. Pour des raisons parfois politiciennes, évitons de participer à un quelconque discours de morosité. En tant que groupe privé, nous allons continuer à croire dans l'expansion de l'économie marocaine.

    - Comment traduire ce discours sur votre activité commerciale?
    - Si vous regardez nos réalisations, nous avons superformé le marché en termes de distribution de crédit. Nous ne l'avons pas fait en détériorant outre mesure nos risques puisque le taux de sinistralité au Maroc et même en consolidé, est inférieur à celui des banques comparables. Nous considérons qu'il y aura de bons projets à financer. Il va falloir pousser les investisseurs à croire en l'avenir de toute cette stratégie nationale qui n'a pas une coloration politique, à aller vers les métiers mondiaux du Maroc, à créer des écosystèmes. Il s'agit aussi de permettre l'élargissement des échanges extérieurs vers notre continent. Pour le groupe, il y a une activité de recouvrement à dynamiser pour aller chercher des solutions pour des clients qui sont en difficulté. Il s'agit de recouvrer de l'argent qui va être une source de croissance du revenu. Nous avons également une gestion beaucoup plus active des engagements à opérer. Cela revient à suivre les engagements au fur et à mesure de l'évolution du cycle d'exploitation de l'entreprise. Nous sommes, une fois encore, résolus à jouer notre rôle dans tous les compartiments de clientèle et notamment vis-à-vis des PME.

    - Le ralentissement chinois a des conséquences sur l'ensemble de l'économie mondiale. Quels risques voyez-vous pour vos affaires en Afrique?
    - Nous avons la chance d'opérer dans des pays où la croissance n'est pas fortement tributaire des prix des hydrocarbures. La diversité géographique est un gage d'une diversification des revenus et d'une mythification des effets défavorables que peut avoir le ralentissement chinois. Il est vrai que la Chine ralentit, mais sa croissance demeure élevée. Il s'agit encore une fois d'avoir confiance dans les Africains et de nous dire qu'il faut considérer le continent comme un territoire naturel d'exercice de tous les talents et donc, d'être disposé à accompagner tous les projets de développement en Afrique et de ne pas être dans la morosité et dans l'atonie. Les gens d'action sont nécessairement des gens d'optimisme. Si nous devrions prendre en compte tous les risques, personne n'agirait.

    - Vous présidez BOA Group depuis neuf mois. Quels sont les chantiers les plus urgents que vous avez traités?
    - Le conseil d'administration va examiner le nouveau plan stratégique de développement de BOA en avril. C'est à lui que revient la primeur du contenu. Ce qui est certain, c'est que je préside ce conseil au nom de l'ensemble des actionnaires au premier rang duquel l'actionnaire majoritaire qu'est le groupe BMCE Bank of Africa. Notre responsabilité est de doter BOA Group de toutes les ressources financières, mais également humaines et mutualiser tout ce qui peut l'être notamment en termes de fonction régalienne que ce soient les risques, l'inspection, le contrôle permanent, l'informatique, afin qu'il dégage davantage de revenus.  

    - Le groupe ne cache plus son intérêt pour le Nigeria. Avez-vous fait une offre pour Keystone Bank ou êtes-vous sur d'autres pistes?
    - La primeur de cette information revient aux administrateurs de Bank of Africa.
    Propos recueillis par Franck FAGNON

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc