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    Industrie pharmaceutique
    Bonnes perspectives pour 2020

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4742 Le 01/04/2016 | Partager
    Plus de 350 milliards d'ici 4 ans, estime IMS Health
    Les pays développés devront booster les ventes
    Un risque majeur: Les pertes de brevets
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    L’accélération dans le secteur de l’industrie pharmaceutique s'explique par l'arrivée de nouveaux produits de marque dans les pays développés. Toutefois, le secteur restera confronté aux pertes de brevets, qui devraient peser pour près de 190 milliards de dollars sur le chiffre d'affaires d'ici 2020 (Ph. AFP)

    Le marché pharmaceutique mondial renoue avec la croissance. Il a progressé de 8,9% en 2015 à 1.069 milliards de dollars et devrait continuer à augmenter de 350 milliards d'ici 2020. Ce sont là les derniers pronostics du cabinet d'études IMS Health. Le chiffre d'affaires mondial de la pharmacie devrait se situer entre 1.400 et 1.430 milliards de dollars d’ici 4 ans. Une accélération qui s'explique par l'arrivée de nouveaux produits de marque dans les pays développés (Amérique du Nord, Europe, Japon, Corée). Une plus faible part de la croissance est apportée par les pays émergents, même s’ils vont continuer à tirer la croissance en volume. En termes de classes thérapeutiques, ce sont les traitements contre les maladies virales qui domineront le marché (15%). Ils sont talonnés par les anti-cancéreux (11%) et les anti-diabétiques (10%).
    En 2020, les Etats-Unis resteront de loin le premier marché pharmaceutique avec 41% du total, devant le groupe des cinq premiers pays européens (13%) et la Chine (11%). La France devrait perdre du terrain. Du 5e rang mondial, elle reculerait à la 8e place. L’Hexagone est devancé par le Brésil, le Royaume-Uni et l'Italie. Ces dernières années, les grands laboratoires ont été confrontés à trois dilemmes. D’abord l’arrivée des génériques, puis la fin de la protection des brevets ainsi que l’absence d’innovation.  Les médicaments génériques peuvent générer en moins de six mois plus de 80% des ventes d’un médicament (Le Figaro, La nouvelle donne qui bouleverse la pharmacie mondiale, 26-27 mars 2016).  
    Globalement, l’industrie pharmaceutique restera confrontée aux pertes de brevets, qui devraient peser pour près de 190 milliards de dollars sur le chiffre d'affaires d'ici 2020. Mais le marché continuera à être alimenté par les nouveaux médicaments, avec 225 nouvelles molécules attendues entre 2016 et 2020.
    Au Brésil comme dans d’autres grands pays du sud, la propriété intellectuelle fait obstacle à l’accès à certains nouveaux traitements essentiels (Voir aussi l’enquête dans Le Monde France daté du 30 mars «Les géants du Sud face au défi de l’accès aux médicaments»). Une fois le brevet pour un médicament tombé dans le domaine public, la porte est ouverte à la concurrence des génériques. Ceci se traduit par des traitements moins coûteux pour les consommateurs, mais aussi par des baisses de revenus chiffrées en milliards pour l’industrie. Les médicaments biosimilaires peuvent être une alternative moins onéreuse aux traitements biologiques existants qui ont perdu leurs droits d'exclusivité.
    Sida, cancer, diabète, épilepsie, hépatite, tuberculose … la liste des maladies dont les remèdes sont protégés par des brevets est longue. Plusieurs membres de l’OMC ont accepté le Protocole portant amendement de l’Accord sur les ADPIC (les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce) en 2016. Le Protocole, adopté en 2005, vise à faciliter l’accès des membres les plus pauvres de l’OMC à des médicaments abordables. Il permet aussi aux pays exportateurs d’octroyer des licences obligatoires (des licences octroyées sans le consentement du titulaire du brevet) à leurs fournisseurs de génériques pour qu’ils fabriquent et exportent des médicaments vers les pays qui ne peuvent pas fabriquer eux-mêmes les médicaments nécessaires. Ces licences étaient au départ limitées pour couvrir essentiellement les besoins d’approvisionnement du marché intérieur. Le Maroc fait partie des pays qui ont accepté l’amendement à l'Accord sur les ADPIC.

    Chez nous

    Le Maroc se trouve aux portes de grands marchés émergents à forte croissance. En 2015 (première année pleine de la baisse des prix), le marché marocain n’a pas bougé, en valeur comme en volume en affichant une croissance de moins de 1% (cf. notre édition N° 4712 du 19/02/2016). L’effet prix sur la demande est faible car 65% du marché est «out of pocket», c’est-à-dire que les  ménages doivent préfinancer le médicament comme les soins, avait analysé Hubert de Rudy, président de «Les Entreprises du Médicament au Maroc» (LEEM). Pour l’année en cours, les industriels assurent ne pas s’attendre à un renversement de tendance sur le marché privé, mais espèrent un rebond des commandes publiques.

     

     

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