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Economie

Villes cherchent nouveaux modèles

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4737 Le 25/03/2016 | Partager
Relever les défis de l’attractivité, de la résilience et de la durabilité
Un plan de préparation du devenir des villes à l’horizon 2040
Appel à un plus grand rapprochement entre les villes et les universités
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Avec plus de 20 millions de citadins actuellement, les villes sont appelées à préparer leur avenir, pour être en phase avec les exigences du développement, en termes de mobilité et de protection de l’environnement. L’idée est aussi de se greffer à la numérisation en cours, à travers la dynamique des «smart-cities» (Ph. Bziouat)

«Comment nos villes vont développer une capacité de résilience et de durabilité, à même de relever les défis majeurs auxquels elles sont confrontées?». C’est l’une des principales questions débattues lors du colloque sur «La ville marocaine de demain», organisé par l’Université internationale de Rabat et l’ESSEC, jeudi dernier à Rabat. Face à l’urbanisation galopante, le Maroc est appelé à préparer l’avenir de ses cités, afin d’être en phase avec les nouvelles exigences du développement. Aujourd’hui, les villes sont confrontées à un double défi. «Celui de la croissance fordiste qui s’achève, liée essentiellement à la poursuite de l’exode rural et au renouvellement des infrastructures, et celle post-fordiste qui s’installe, portant sur le déploiement des TIC, ainsi que la tertiarisation et la technicisation de l’économie», selon la note de cadrage de ce colloque. Le ministère de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire est conscient de cet enjeu. Il ambitionne d’assurer «la préparation du devenir des villes et des territoires dans leur ensemble à l’horizon 2040 par un nouveau cadre d’actions d’innovation, d’expérimentation et de transfert du savoir. L’idée est d’asseoir des modèles de développement urbain soutenables, responsables et attractifs», a expliqué le ministre de tutelle Driss Merroun. Une vision qui s’articule autour de quatre piliers opérationnels, à savoir la planification stratégique, la résilience, la durabilité des territoires, et leur transformation numérique. Première action: le lancement du processus de généralisation de la couverture du territoire national en documents d’urbanisme, à travers une nouvelle génération de schémas directeurs d’aménagement urbain, souples et flexibles. Il faut «une meilleure articulation urbanisme et mobilité», parallèlement à «la mise en place d’un outil de veille et de modélisation de la croissance urbaine et de la cohérence des territoires. Objectif: pallier le phénomène de l’étalement urbain.
«Parler de la ville de demain impose d’abord de faire le diagnostic de l’état des lieux, afin d’être en mesure de contrôler les évolutions futures», a estimé le wali Abdellatif Benchrifa. Le Maroc compte actuellement 352 centres urbains, dont 26 villes de plus de 100.000 habitants. La part des citadins est passée de 8% sur 5 millions d’habitants au début du siècle à plus de 60% aujourd’hui, soit 20 millions de personnes. Ces tissus urbains «sont d’une grande diversité en termes de forme, d’architecture et des modes d’intégration», selon Benchrifa. Cela pose une série d’interrogations qui devront déterminer la nature des actions à mettre en place pour préparer la ville de demain. Il s’agit notamment de définir «comment faire en sorte que la métropolisation ne soit pas faite au détriment d’un modèle urbain qui garantit l’équilibre territorial». L’idée est aussi de prendre en considération les aspects de l’attractivité économique des villes, l’environnement urbain, ainsi que la sécurité de ces espaces de vie.
Face à ces défis, les villes doivent prendre en considération le rôle décisif du capital humain. Surtout qu’elles sont tenues de «mener une politique de développement qui allie les deux dynamiques d’industrialisation et de numérisation», selon Thierry Sibieude, directeur de l’ESSEC Afrique-Atlantique. Il a mis l’accent sur l’importance de favoriser une meilleure formation de managers intermédiaires de qualité. De son côté, Noureddine Mouadib, président de l’UIR, a plaidé pour un plus grand rapprochement des villes avec les universités, qui «disposent d’une expertise qui n’est pas encore valorisée, et pouvant être utile aux collectivités territoriales». Il a lancé un appel aux responsables pour la création d’une chaire de recherche en développement durable.

Articulation région/ville

Les villes sont le principal espace de création de richesses. La nouvelle dynamique de régionalisation a posé un problème d’articulation entre les deux niveaux de gouvernance territoriale, à savoir la ville et la région. Pour Mohand Laensar, président de la région de Fès-Meknès, «il est important qu’il y ait un équilibre à l’intérieur des régions». Mais cela requiert des préalables. En clair, l’ancien ministre en charge de l’Intérieur a appelé à dépasser les logiques du passé. Aujourd’hui encore, «des présidents de communes veulent avoir des parts de la manne budgétaire de la région», a-t-il dit. Or, «il important que l’ensemble des intervenants partage l’approche selon laquelle il faut d’abord créer la richesse dans les zones adéquates, essentiellement les villes, avant de la diffuser», a expliqué Laensar. Il a estimé qu’un effort de pédagogie est nécessaire pour instaurer cette nouvelle relation entre la région et les communes.

 

 

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