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International

Bruxelles, ma belle, en cendres

Par Marie-Noelle RASSON | Edition N°:4735 Le 23/03/2016 | Partager
La journaliste de L’Economiste sur place, raconte la matinée d’horreur
Depuis l’alerte de niveau 4 il y a quelques mois, on craignait le pire
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Bruxelles s’est réveillée dans l’horreur. Trois jours de deuil national ont été décrétés sur l’ensemble du pays suite aux attentats (Ph. AFP)

Ce mardi matin, Bruxelles s’est éveillée comme d’habitude. C’est le jour où l’on ramasse les poubelles et donc la ville est peuplée de sacs poubelles et les camions de ramassage font leur bruit bien typique. Dans notre appartement situé à 10 minutes de l’aéroport de Zaventem, nous nous sommes réveillés au son des pleurs de notre fille de six mois. Depuis que nous sommes parents, le matin c’est la course, donc nous n’écoutons plus la radio. Tout semblait normal, mon mari est parti travailler en métro dans la rue commerçante la plus connue de la capitale.

On ne réalise pas l’ampleur
de la catastrophe

De mon côté, après avoir habillé et joué avec notre fille, je suis partie la conduire en voiture à la crèche. En allumant la radio, la nouvelle est tombée: une explosion s’était produite à Zaventem… Des témoins racontaient … on parlait déjà à ce moment-là de blessés mais pas encore de morts. Les blessés sont évacués à l’hôpital Saint Luc situé tout près de chez nous. C’est là où j’ai accouché il y a 6 mois. Cela fait froid dans le dos.
Au moment où j’entends les nouvelles à la radio, je ne réalise pas encore. La routine prend le dessus, les habitudes guident nos faits et gestes. Je conduis ma fille à la crèche, il y a beaucoup d’autres bébés, la ville n’est pas encore à l’arrêt. Ensuite, je redépose la voiture chez nous pour me rendre au travail en métro. A ce moment-là, je fais tout machinalement, je ne m’imagine pas que les transports en commun peuvent être fermés. C’est dire comme sur le coup, on ne réalise pas l’ampleur de la catastrophe et on tente de minimiser les faits. Pourtant, on sait que c’est un attentat, cela ne peut être que cela, on parle de poudre, de deux explosions, Salah Abdeslam a été arrêté, tous les éléments sont réunis pour qu’il y ait un attentat. L’on espère qu’ils ont raté leur coup, qu’il n’y a que des blessés légers, que c’est un acte manqué.

Le métro n’arrivera jamais…

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En arrivant à la station de métro, je suis contente car il y en a un dans 1 minute. Je me dis que j’ai de la chance, car comme d’habitude depuis que j’ai ma fille, c’est la course le matin pour ne pas être en retard. Sauf que le métro n’arrivera jamais… Et au-dessus de nos têtes une voix dans les hauts parleurs se fait entendre: «Par ordre de police, la station est fermée, veuillez évacuer immédiatement». Je ne suis pas de nature craintive, mais je dois dire que là j’ai eu peur. Tout le monde est sorti de la station, mais en ordre, pas très vite. Il n’y avait personne pour nous guider, mais c’est une toute petite station. Les gens restaient calmes «on va essayer de prendre un bus», disaient certains.

Ambiance d’état d’urgence

De mon côté, j’ai récupéré ma voiture chez moi, et en écoutant la radio, l’info est tombée: déjà 10 morts à l’aéroport et une explosion dans le métro, à environ 10 stations de la mienne. En conduisant, j’observais la situation. Dans les rues, je n’ai pas vu de mouvement de panique, mais par contre, des ouvriers écoutaient les nouvelles à plein volume, donnant une ambiance d’état d’urgence. Arrivée au travail, certains collègues étaient en panique, une a fermé le store de son bureau. C’est dire comme les gens sont choqués.
On suit les nouvelles. On a appris qu’il y a eu une deuxième explosion. On craint le pire et le pire est en train de se concrétiser, car les explosions se succèdent. De ma place, j’entends des sirènes de police hurler sans cesse. Mes proches me demandent de mes nouvelles, je suis l’une des seules qui habite en ville. Les messages affluent.  Je les rassure mais j’ai peur car mon mari travaille dans un lieu commerçant très exposé. Il me rassure par téléphone, le personnel de son magasin va être évacué. Tout est organisé pour que cette évacuation se déroule en toute sécurité. Je ne serai rassurée que lorsqu’il sera à la maison. Et je pense aussi à ma fille. Je me dis qu’elle doit être en sécurité à la crèche, mais je ne suis pas rassurée quand même…
Depuis l’alerte de niveau 4 il y a quelques mois,  on craignait le pire. Même si on essayait de l’oublier, la menace planait inexorablement sur notre belle capitale. Aujourd’hui, le pire s’est produit. Bruxelles, ma belle, est en cendres.

 

 

 

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