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L’UIC vers une «comprehensive university»

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4729 Le 15/03/2016 | Partager
Architecture, médecine, design, arts… elle souhaite élargir sa pluridisciplinarité
50 millions d’euros investis depuis 2010
Bientôt un système de crédit pour faciliter la mobilité des étudiants
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Tawfiq Rkibi, recteur de l’UIC: «Les étudiants étrangers sont une réelle opportunité. Malheureusement, au Maroc, ils ne représentent que 1,5% du total des effectifs» (Ph.UIC)

+43% d’étudiants étrangers à l’UIC cette année. La jeune université, fondée en 2010, membre du réseau Lauréate (80 établissements dans le monde), souhaite intensifier son ouverture à l’international pour attirer plus d’étudiants. Son nouveau recteur, nommé en septembre 2015, Tawfiq Rkibi, également président de la Chambre de commerce et d’industrie luso-marocaine au Portugal, livre ses projets.  

- L’Economiste: L’UIC vient de déposer son dossier pour la reconnaissance de l’Etat. Avez-vous pu aisément satisfaire à toutes les conditions?
- Tawfiq Rkibi:
A travers la reconnaissance, le gouvernement a pris l’initiative de mettre de l’ordre dans le secteur, afin de garantir la qualité de l’offre et de préparer le terrain pour aller vers l’objectif des 20% pour le privé. Depuis sa création en 2010, l’UIC a investi près de 50 millions d’euros en termes d’infrastructures et de moyens didactiques. L’université répond aujourd’hui au cahier des charges, très exigeant, de la tutelle. Nous espérons obtenir la reconnaissance le plus tôt possible.

- Cette reconnaissance, que pourrait-elle vous apporter?
- Je pense qu’il s’agit d’un processus qui permettra de distinguer les établissements qui répondent aux normes de qualité, et de créer une nouvelle dynamique dans le secteur. Tous les établissements travailleront dur pour être reconnus. En obtenant la reconnaissance, tout le monde essaiera d’améliorer constamment la qualité de son programme. Cela peut aussi être un signal de confiance pour les parents et les étudiants. Toutefois, c’est au final le marché du travail qui évalue les diplômes délivrés par les établissements.

- Quels sont vos projets à moyen et long terme?
- L’UIC dispose actuellement de 33 filières partagées entre 3 facultés: commerce & gestion, ingénierie et sciences de la santé. Nous sommes relativement pluridisciplinaires, mais nous souhaitons diversifier encore plus notre offre de formation, dans l’objectif de devenir une «comprehensive university», comme diraient les Anglo-Saxons. Des spécialités comme l’architecture, le design, la médecine et la médecine dentaire font partie de notre horizon. Nous avons déjà déposé en janvier dernier des dossiers pour plusieurs formations auprès de la tutelle, dans les domaines de la santé, de l’ingénierie, des arts,… Nous devrions recevoir une réponse en avril ou mai.  

- L’UIC souhaitait se positionner en hub vers l’Afrique. Où en êtes-vous par rapport à cette ambition?
- Les étudiants étrangers sont une réelle opportunité. Ils investissent dans leur formation, paient des frais de scolarité, de séjour,… Une fois de retour chez eux, ils se transforment en ambassadeurs de leur pays d’accueil. Malheureusement, ils ne représentent que 1,5% du total des effectifs au Maroc, public et privé confondus. A l’UIC, sur notre campus à Casablanca, nous comptons 19 nationalités, dont 12 sont d’Afrique subsaharienne. Cette année, le taux de croissance des étudiants étrangers a été de 43%. Nous espérons en attirer davantage l’année prochaine. Au total, nous accueillons 1.500 étudiants, y compris ceux de la formation Executive, dont 6% sont étrangers. Parmi eux, près des trois quarts sont Subsahariens.

- La recherche, est-ce prioritaire pour vous?
- Sur ce volet, nous privilégions les partenariats avec d’autres établissements de l’enseignement, public et privé, au Maroc et à l’étranger. Nous croyons que la recherche scientifique obéit également à des économies d’échelle, car elle nécessite beaucoup d’investissements. A notre niveau, nous essayons de créer des synergies en nous associant à d’autres centres de recherche, au Maroc ou à l’étranger, ainsi qu’à des entreprises, premières bénéficiaires des résultats de la recherche. Nous travaillons également sur des centres de recherche propres que nous souhaitons ouverts à d’autres partenaires, comme celui que nous avons monté sur les SI. D’autres dans le domaine de la santé sont en préparation.

- L’UIC se positionne-t-elle comme un établissement d’enseignement et de recherche?
- Plutôt comme une institution essentiellement d’enseignement, et accessoirement de recherche. Les vraies universités d’enseignement et de recherche, si l’on regarde le modèle américain par exemple, investissent des milliards de dollars. Donc, pour pouvoir mettre en place des projets consistants, il faut absolument que ce soit en coopération ou en réseau.

- Le modèle actuel d’enseignement supérieur marocain se rapproche-t-il de celui d’Europe?
- Toute l’Europe est aujourd’hui alignée sur la réforme de Bologne, qui a pour objectif de promouvoir la mobilité et de faciliter la comparabilité. Ce modèle comprend un système de crédit et un supplément au diplôme, qui permet justement cette interaction entre les différents espaces d’enseignement et de recherche en Europe. Au Maroc, le système fonctionne sur la base de la réforme LMD, largement inspirée du modèle français. Cela dit, il reste encore du chemin à parcourir avant qu’il ne devienne totalement compatible avec celui de Bologne.
Nous pouvons l’adopter sans être nécessairement dans des réseaux européens, cela facilitera la comparabilité et éventuellement favorisera la mobilité des étudiants. Le Maroc fait aujourd’hui partie de l’Erasmus+, le programme européen pour le développement des échanges. C’est déjà un pas très important en avant. Au niveau de l’UIC, nous mettrons sous peu en place un système de crédit et de supplément au diplôme, à titre indicatif, pour offrir aux étudiants plus d’horizons.

Formation Executive: Plus de 400 cadres formés

L’UIC mise beaucoup sur son pôle Executive destiné aux cadres. Près de 400 ont déjà bénéficié de ses programmes de MBA (Executive MBA, management de l’immobilier, management des structures de santé,…) et de mastères professionnels (contrôle de gestion, achats et logistique, marchés financiers & finance islamique, …). L’accent y est mis sur la transversalité des disciplines, le développement de la vision stratégique, du sens de leadership et des aptitudes en communication, sans compter l’efficacité opérationnelle. L’approche adoptée est basée sur le project-based learning (PBL). Chaque module intègre des projets gérés par les participants.

Propos recueillis par Ahlam NAZIH

 

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