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International

Crise migratoire
La Route des Balkans, c’est fini!

Par L'Economiste | Edition N°:4724 Le 08/03/2016 | Partager
Fermeture des frontières, solidarité avec les réfugiés, l'Europe tiraillée
La feuille de route de la Commission européenne

«La Route des Balkans est maintenant fermée!». Les querelles à Bruxelles autour de ce court passage d'un projet de conclusions de leur sommet extraordinaire tenu le 7 mars illustrent les paradoxes de l'UE. Les dirigeants sont tiraillés entre fermeture de ses frontières et solidarité avec les réfugiés fuyant la guerre.

Cette route a été empruntée l'an dernier par plus de 850.000 migrants ralliant le nord de l'Europe, mais l'Allemagne a soulevé de fortes réserves. La crise migratoire a provoqué des divisions au sein de l'UE et a menacé la libre circulation au sein de l'espace Schengen. C’est pour cela que la Commission européenne a proposé une feuille de route pour rendre le système de Schengen à nouveau pleinement fonctionnel. En décembre dernier, la Commission a proposé la création d’un corps européen de garde-frontières et de garde-côtes. Il est impératif que le Parlement européen et le Conseil adoptent cette proposition au plus tard en juin, pour permettre à ce nouveau corps d’entrer en opération durant l’été. La Commission invite les Etats membres et Frontex à s’atteler d’emblée aux préparatifs nécessaires à son déploiement, notamment en recensant les moyens humains et techniques requis. En ce qui concerne la Grèce, elle devrait présenter un plan d’action pour la mise en œuvre des recommandations qui lui ont été adressées à l’issue de l’évaluation de Schengen, assorti d’une évaluation de ses besoins.

La mise en œuvre du plan d’action commun UE-Turquie et du programme d’admission humanitaire volontaire en association avec Ankara sera également poursuivie, afin de faire baisser rapidement le nombre d’arrivées en Grèce. Il est recommandé aussi d’appliquer les règles et rompre avec la politique du «laissez-passer». Les Etats membres doivent accorder l’accès aux procédures d’asile à chaque personne ayant présenté sa demande à leurs frontières.

La décision quant à l’Etat membre responsable du traitement d’une demande devrait ensuite être prise dans le respect du droit de l’Union, et notamment du système de Dublin en vigueur. En d’autres termes, la possibilité de renvoyer des demandeurs d’asile vers le pays de première entrée doit réellement exister. C’est dans ce contexte que la Commission entend présenter, avant le Conseil européen de juin, son évaluation de la possibilité de reprendre les transferts vers la Grèce prévus par le règlement de Dublin. Quelques semaines après l’entretien téléphonique entre le Roi et la chancelière allemande Angela Merkel, la machine de rapatriement des migrants clandestins marocains a été mise en marche. Globalement, Rabat et Berlin veulent inscrire la gestion du dossier de la migration dans un cadre global (cf. notre édition N° 4720 du 02/03/2016, Clandestins: Une jurisprudence pour le rapatriement». La Grèce a renvoyé aussi en Turquie environ 150 migrants, surtout des ressortissants marocains, tunisiens et algériens, dans le cadre de l'accord de réadmission signé entre les deux pays en 2002.

Coûts économiques

Selon les estimations de la Commission européenne, la réintroduction totale des contrôles aux frontières au sein de l’espace Schengen occasionnerait des coûts directs immédiats de 5 à 18 milliards d’euros par an (soit 0,05 à 0,13% du PIB). Ces coûts auraient des répercussions sur toute l’économie de l’Union. Par exemple, des Etats membres tels que la Pologne, les Pays-Bas ou l’Allemagne devraient supporter un surcoût de plus de 500 millions d’euros pour le transport routier de marchandises. Les entreprises espagnoles ou tchèques verraient leurs coûts s’accroître de plus de 200 millions d’euros. Les pertes de temps occasionnées par les contrôles aux frontières coûteraient entre 1,3 et 5,2 milliards d’euros au 1,7 million de travailleurs frontaliers. Au moins 13 millions de nuitées touristiques pourraient être perdues, pour un coût total de 1,2 milliard d’euros.

F. Z. T.

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