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Lydec: Les relais de croissance sont dans l’extension urbaine

Par L'Economiste | Edition N°:4721 Le 03/03/2016 | Partager
Efficacité énergétique, assainissement, dépollution, modernisation…
20 milliards de DH seront investis d’ici 2027
Raccordement de 25.000 ha qui seront ouverts à l’urbanisation

Jean-Pascal Darriet, DG Lydec: «La tendance est que la consommation unitaire baisse à la fois dans l’électricité et dans l’eau. Lydec devra s’adapter à cette donne. A nous aussi de chercher des gisements d’économies dans nos modes de gestion, nos pratiques, nos actions, notre productivité»  (Ph. Lydec)

- L’Economiste: Quel est le bilan à mi-parcours de Lydec en tant que  gestionnaire délégué du Grand Casablanca. Quels sont les acquis et les limites de cette expérience?  
- Jean-Pascal Darriet:
En 18 ans, les grands acquis sont la modernisation de la qualité de service. Nous sommes passés d’une situation où les clients attendaient longtemps, voire jusqu’à 100 mètres face à une agence peu adaptée à les accueillir, à une situation où ils sont reçus en direct dans des agences modernes et conviviales, configurées en fonction de leurs attentes. De gros efforts ont été entrepris pour que la satisfaction maximale soit non seulement réalisée mais chiffrée, avec le nombre de réclamations traitées, le temps d’attente, le taux de satisfaction des demandes reçues… Nous sommes passés d’une logique d’intentions et d’engagements, au début du contrat, à une logique de réalisations chiffrées avec des indicateurs à l’appui. C’est donc une transformation majeure qui s’est opérée dans la relation clients. L’évolution est aussi dans le niveau et la qualité des investissements réalisés. En 18 ans, nous avons investi plus de 18 milliards de DH (ndlr:  sur la période 1997-2015). Ce qui a permis une modernisation accélérée des installations dans le domaine de l’eau, l’électricité, l’assainissement… En 18 ans de contrat, l’accès à l’eau a été généralisé et le système d’assainissement s’est nettement amélioré et structuré. Plus encore, l’engagement et la réalisation de zéro rejet sur le littoral. Cet engagement a été réalisé le 13 mai 2015 en présence du Souverain qui a inauguré l’unité de prétraitement des eaux usées de Bernoussi. Une installation majeure sur le système d’assainissement, qui est venue compléter toute l’infrastructure qui intercepte l’ensemble des eaux usées, lesquelles se déversaient jusque-là sur le littoral. Aujourd’hui, nous disposons d’un ensemble cohérent en matière de gestion des eaux usées avec la garantie de zéro rejet et d’une meilleure qualité des eaux de baignade.

- Mais il y a aussi le défi de l’urbanisation galopante de la métropole qui impose une nouvelle génération d’investissements?
- Tout à fait, le rythme accéléré de l’urbanisation de la ville est un vrai challenge. Au début du contrat, nous étions sur un rythme de 100 ha ouverts à l’urbanisation par an. Aujourd’hui, nous sommes à plus de 500 ha par an! C’est dire que le bilan de Lydec réside aussi dans sa capacité à accompagner la collectivité dans ses grands projets d’urbanisation qui font que la ville évolue dans une superficie globale de 20.000 ha. Dans les 12 prochaines années, c’est le SDAU qui l’annonce, plus de 25.000 ha seront ouverts à l’urbanisation. Ce qui va plus que doubler le territoire urbain et implique des besoins importants via des infrastructures en eau, en électricité, en assainissement, en éclairage public,  voiries, logement…  

- Par moments, il vous a été reproché de ne pas avoir honoré l’ensemble de vos engagements en termes d’investissements…
- La particularité des engagements en matière d’investissements, c’est qu’ils sont inscrits dans les contrats avec les volumes financiers correspondants. Je peux vous dire qu’à fin 2015, nous sommes en avance sur nos obligations d’investissements. Et si nous sommes en avance, c’est parce que nous avons convenu avec les collectivités d’anticiper sur des investissements à venir pour aller plus vite dans le système anti-pollution (SAP). Un chantier qui  a mobilisé près de 1,5 milliard de DH et qui a été financé à hauteur de 1 milliard par Lydec. Donc, non seulement nous honorons nos engagements, mais nous sommes aussi en avance par rapport au programme initial.

- Vous comptez investir 20 milliards de DH à l’horizon 2027. Quelle sera la nouvelle génération des investissements, les orientations majeures?
- Le grand principe de nos investissements est qu’ils sont encadrés par des schémas directeurs. Ces schémas sont validés par l’autorité délégante et les projets ne sont pas faits à l’initiative de Lydec, mais en cohérence avec les schémas directeurs qui constituent des guides en délais et en position géographique. Ceci étant dit, les enjeux des investissements de demain seront dans l’alimentation en eau potable dans des zones nouvelles, le raccordement à l’électricité, des réseaux pluviaux à compléter sur les zones éloignées, l’assainissement… Nous sommes aujourd’hui à plus de 80% de collecte des eaux usées. Le reste étant assuré par des installations individuelles et autonomes. Sur les prochaines années, nous ferons plus d’efforts sur l’efficacité énergétique. C’est un enjeu national et même mondial à travers la COP22. Nous avons des projets sur l’éclairage public, à la demande de la collectivité. Nous avons ces 2 dernières années rajouté près de 20% de points lumineux pour assurer une meilleure sécurité et un confort aux habitants des zones desservies. Nous l’avons fait en veillant à l’efficacité énergétique. D’ailleurs sur les 140.000 points lumineux, il y a désormais une baisse de consommation de 12%.

- Qu’est-ce qui explique le retard pris sur l’harmonisation des territoires entre les périmètres de Lydec et ceux de l’ONEE?
- Moi je ne peux pas parler pour l’ONEE. En revanche, le sujet de l’harmonisation concerne, non seulement Casablanca, mais un certain nombre d’autres secteurs dans le Royaume. En tout cas, l’harmonisation est un principe qui a été encadré par une convention signée devant le Souverain en septembre 2014. Je rappelle que la convention prévoit le lancement de ce projet avec une gouvernance, placée sous l’autorité du ministère de l’Intérieur, avec des acteurs incontournables comme la collectivité, l’ONEE, le wali, la DGCL… Ma perception est que ce sujet a été pris en compte avec le sérieux nécessaire. Je pense qu’il mérite un peu de temps et d’espace de discussions entre les parties avant d’aboutir. Il n’y a aucune raison pour qu’on n’y arrive pas dans les mois qui viennent.  Je reste optimiste sur ce sujet.

- Sur la base des résultats financiers de l’entreprise, il y a un léger recul de  la rentabilité. Quelles sont les prévisions pour 2016?
- A priori, l’année en cours va s’inscrire dans la continuité de 2015, mais avec une légère croissance du nombre de clients et donc de la consommation sur l’électricité. S’y ajoute une croissance plus marquée sur l’eau. Le tout dans une tendance inscrite dans le comportement des consommateurs industriels et domestiques, qui consiste à faire des économies. On parle de plus en plus d’efficacité énergétique, d’économie d’eau, de rationalisation des dépenses… en plus du contexte de la COP 22. Donc tout plaide pour des économies. La consommation unitaire baisse à la fois dans l’électricité et dans l’eau. Du coup, Lydec devra s’adapter à cette nouvelle donne. A nous aussi de chercher des gisements d’économies dans nos modes de gestion, nos pratiques, nos actions. Il va falloir aussi trouver des organisations plus productives, plus efficaces pour pouvoir faire mieux avec moins. En revanche, nous bénéficions d’une légère croissance du fait de l’urbanisation de Casablanca. Cette croissance compense à peine les baisses de consommation unitaire. Nous devons travailler sur la recherche permanente de productivité. C’est un bon stimulant d’efficacité en interne, qui mobilise l’ensemble des équipes. L’efficacité d’énergie oui, mais l’efficacité managériale aussi…

Facturation:  «Nous donnerons du sens et de la pédagogie»

LA prochaine et dernière hausse tarifaire sur les redevances d’eau et d’électricité est programmée pour janvier 2017. «Ces décisions ne sont pas locales. Elles sont nationales et déclinées dans toutes les collectivités. Je tiens à préciser que ces décisions ont déjà été prises. C’est la conséquence de la mise en œuvre du contrat-programme signé entre l’Etat et l’ONEE», explique le patron de Lydec. D’ailleurs, poursuit le DG, le contrat-programme précise bien les évolutions, les échéances attendues des prix de l’eau et de l’électricité. «Bien évidemment, nous mettons en œuvre les décisions des autorités. Nous apporterons à chaque fois les explications et la pédagogie qui s’imposent, pour que les clients ne soient pas surpris et que tout soit clair et vérifiable», soutient Jean-Pascal Darriet.

Propos recueillis par
Amin RBOUB

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