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Régions

Settat attend toujours sa fameuse mise à niveau

Par L'Economiste | Edition N°:4719 Le 01/03/2016 | Partager
Coût: près de 400 millions de DH
Des projets réalisés, beaucoup en cours
La fin des travaux était prévue pour… 2011

 

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«Il y a encore beaucoup à faire dans cette ville, surtout au niveau structurel». L’affirmation est d’un haut responsable parlant de Settat. Constat de citoyen ou amère réflexion d’un cadre, c’est du pareil au même: Settat ressemble davantage à un grand centre urbain plutôt qu’à une ville organisée et urbanisée. Mais «il vaut mieux tard que jamais» dit l’adage. La ville est, enfin, sortie il y a cinq ans de sa léthargie et a décidé d’entamer sa mise à niveau urbaine.
Comme les autres villes, Settat est appelée, on le sait, à s’inscrire dans un système économique dominant, à s’adapter à la compétitivité qui s’impose tout en préservant la qualité de l’espace et de la vie urbaine. On vise ainsi simultanément, et avec la même force, son développement économique et social et sa valorisation spatiale. Le projet urbain en cours est, par conséquent, un moyen de faire développer harmonieusement cet espace. Une enveloppe budgétaire de près de 400 millions de DH a été allouée, dès 2007, pour soutenir les projets visant la mise à niveau, de la ville jusqu’en… 2011.  Cependant, neuf années après, la mise à niveau tant annoncée traîne encore. C’est dire que l’on a perdu toutes ces années à tergiverser, à faire du sur place, du rafistolage, à garder des chantiers ouverts jusqu’à on ne sait quand. Alors que les travaux auraient dus être lancés une année après la budgétisation, soit dès 2008. Ainsi, un montant global de 32,5 millions de DH (financé à raison de 13,5 millions de DH par l’ancien conseil municipal, 14 millions de DH par la Direction générale des collectivités locales (DGCL) et 5 millions de DH par le groupe Al Omrane, a été consacré à la réfection des chaussées et au dallage des trottoirs des artères de certains quartiers de la ville. Des efforts, certes louables, mais qui malheureusement traînent depuis 2007,

 

et demeurent insuffisants vu l’état de délabrement dans lequel se trouve la ville depuis quelques années.
N’étant plus un chef-lieu de région, sans gouverneur, Settat fait actuellement l’objet de nombreux commentaires exprimant la colère parmi les habitants de la ville à propos des prétendus projets de mise à niveau. Telle cette fontaine dont la construction a coûté plus de 500.000 DH. Et qui a été détruite, pour on ne sait quelle raison, puis reconstruite pour 300.000 DH… sans jamais marcher. Il est vrai que les citoyens ne peuvent plus supporter la dégradation de leur cité. Et il est normal qu’ils attendent beaucoup du nouveau conseil communal, premier responsable de la gestion de la ville selon les termes de la nouvelle Constitution. Surtout qu’ils ont été déçus par l’ancien conseil municipal qui était quasiment absent. A telle enseigne qu’il a été dénommé «le conseil fantôme» par les habitants.
En effet, Settat est arrivée à un état de détérioration tel qu’il est aujourd’hui difficile de continuer à la qualifier de «ville», de surcroît, hier encore,  chef-lieu d’une grande région. A commencer par les voiries qui sont dans un état de délabrement inacceptable et indigne d’une ville qui se respecte, hormis deux grands boulevards qui ont été réaménagés. Mais quels réaménagements! Une opération d’asphaltage avait bel et bien été menée par l’ancien conseil, mais ce n’était que de la poudre jetée aux yeux du citoyen quelques jours à peine avant les élections communales du 12 juin 2009. Et encore, elle n’a concerné que quelques rues où, drôle de hasard, réside le principal du capital électoral de l’ancien président.  De nombreuses autres, situées pourtant dans le grand quartier résidentiel

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de la ville, Hay Al Farah, sont presque inutilisables surtout quand il pleut (mares d’eau, nids de poule, crevasses…), car elles ressemblent plus à des pistes aménagées en rase campagne qu’aux rues d’une ville.
Autre problème: chaque jour la ville est envahie par les charrettes. On en trouve dans toutes les rues, sur les artères principales et même sur les belles avenues. Avec tout ce que cela laisse de détritus et provoque de désordre dans la circulation. Les responsables locaux, autorités ou élus, semblent peu se soucier du phénomène. Et pourtant un simple arrêté municipal interdisant l’accès à la ville aux charrettes suffirait. Des villes de moindre importance, voire de petits centres urbains ont placé des panneaux d’interdiction aux entrées des voies d’accès. Ils ont ainsi évité aux populations les désagréments des crottins des bêtes de somme et autre bouse de vache. En outre, à voir l’entrée sud sur la route menant à Marrakech ou encore celles vers Oulad Said et Ben Ahmed, l’on se croirait dans un quelconque centre rural. Et pourtant, d’importants budgets sont consacrés à l’entretien des voies, nous a indiqué une source du conseil municipal. Mais rien n’y fait, c’est le dernier souci des élus locaux et aussi des responsables. A tout cela, il faut ajouter l’anarchie des parkings et la prolifération des «gardiens de voitures». Un gilet fluorescent et un sifflet et du jour au lendemain on «squatte» une rue, une partie de boulevard, devant une administration, une mosquée… et l’on se proclame «gardien de voitures», sans foi ni loi. Conseil municipal, autorités, police… personne ne lève ne serait-ce qu’un petit doigt  pour mettre fin à cette pratique anarchique.
La liste des maux qui empêchent la ville de Settat de décoller et de devenir une cité dans tous les sens du terme est encore assez longue. L’on a bien essayé de prendre le taureau par les cornes et de faire avancer les choses. Seulement, le travail accompli jusqu’à maintenant a un goût d’inachevé.

 

                                                               

Rendons à César…

«Il faut rendre à César ce qui appartient à César». Il n’y a pas de mal à reconnaître que le précédent conseil municipal a pu, quand même, réaliser quelques projets entrant dans le cadre de la mise à niveau de la ville. Parmi ces projets figure notamment le dédoublement de l’avenue Lalla Aicha. Opération qui a nécessité un financement global de l’ordre de 22 millions de DH. D’autre part, un budget de 15 millions de DH a été consacré à l’installation d’un réseau d’éclairage public, alors que 15 autres millions de DH ont été dépensés dans le réaménagement du boulevard Bir Anzarane. A noter également, la suppression du passage à niveau M’nasra qui a nécessité, pour sa part, un montant de 20,52 millions de DH.
Les projets programmés dans le cadre de cette mise à niveau de la ville incluent aussi la réfection des voiries et des boulevards de certains quartiers de la ville, avec une enveloppe budgétaire de 126 millions de DH. Mais on attend toujours la création et l’aménagement d’une rocade d’environ 12 km dans le secteur-est de la ville. L’enveloppe budgétaire estimée pour la réalisation de ce projet est de 95 millions de DH. Une autre réalisation (achevée celle-là): la pénétrante, boulevard Belabsir,  qui a englouti plus de 37 millions de DH. L’on a aussi appris que l’aménagement de la pénétrante sud de la ville sur la route nationale vers Marrakech fait partie de la mise à niveau entamée.
A noter également que le réaménagement et renforcement de l’éclairage public des pénétrantes nord (vers Casablanca) et sud (vers Marrakech) est en cours de réalisation pour un coût global estimé à 10 millions de DH.  Quant au renforcement de l’éclairage public à l’intérieur de la ville, il lui a été réservé un budget de 10 millions de DH. Il est en cours de réalisation, mais les lampes utilisées éclairent à peine les lampadaires sur lesquels elles sont installées. Plus de 13 millions de DH avaient été réservés à la revalorisation du lac Mzamza, mais il est aujourd’hui toujours à sec pour ne pas dire à l’abandon.
D’autres chantiers vont s’ouvrir prochainement dans la ville. A commencer par l’aménagement et l’entretien des espaces verts qui, depuis quelque temps, ont été transformés en véritables dépotoirs. Même ceux existants dans les quartiers résidentiels (Farah, Gnanat…) sont, malheureusement, dans un état de délabrement avancé.

Bye, bye le golf!

La ville ne dispose d’aucun espace vert  ni de loisirs dignes de ce nom. Sans parler de la mauvaise gestion de l’espace et du domaine publics squattés par les cafés et autres snacks et obligeant les piétons à marcher sur la chaussée. A propos de lieux de loisirs, la ville compte certes un golf qui fut, il y a encore quelques années, l’un des plus beaux du Maroc. Aujourd’hui, il est à l’abandon. Le green est devenu jaune tout autant que le practice qui a perdu également sa clôture. Ne parlons pas du club house qui ouvre à la guise du gérant. Sans oublier non plus de rappeler que des centaines de millions de dirhams ont été dépensés dans l’aménagement d’un golf de 18 trous avant qu’un ex-ministre socialiste de l’Aménagement du territoire ne décide que Settat n’avait pas besoin d’un golf d’une telle dimension.
Résultat, les centaines de millions sont parties en fumée. Pourtant, les travaux étaient réalisés à près de 90%. Même le club house a été achevé. Aujourd’hui, il est à l’abandon et les géomembranes qui avaient été installées dans les lacs artificiels pour empêcher l’infiltration des eaux ont été arrachées, le système sophistiqué d’irrigation détruit… Qui est responsable de cette situation? Encore une fois, ce sont les ex-élus (dont on retrouve certains dans l’actuel conseil) qui sont mis à l’index. Et c’est le conseil municipal actuel, tout autant que son prédécesseur, qui doit s’expliquer sur cette question qui s’apparente à une dilapidation des deniers publics.

De notre correspondant,
Jamal Eddine HERRADI
 

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