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Conjoncture: Le CESE tacle le gouvernement

Par L'Economiste | Edition N°:4719 Le 01/03/2016 | Partager
Le PIB non agricole poursuit son ralentissement
Climat social tendu, déficits dans l’éducation, faible protection des femmes…
Baisse pour la première fois des crédits à l'équipement

Si le projet de note de conjoncture du CESE a tiré l'alarme sur le ralentissement du taux de croissance hors agriculture, ce document pointe également la situation préoccupante de l'enlisement de la dette, dont "le niveau est suffisamment élevé et ne pourrait augmenter sans mettre à mal sa soutenabilité"

Au moment où Abdelilah Benkirane et ses ministres font du tapage autour de leurs «réalisations en matière de rétablissement des équilibres macroéconomiques», le projet de note de conjoncture du CESE pour l’année 2015 tombe comme un couperet. Contrairement aux assurances du gouvernement, le constat établi par les membres du Conseil économique, social et environnemental, sonne comme un rappel à l’ordre. Si l’année dernière a connu une «conjoncture économique globalement positive», c’est essentiellement grâce à «l’excellente campagne agricole et à la chute des prix du pétrole». Cela cache mal une réalité peu reluisante: le rythme de croissance du PIB non agricole poursuit son ralentissement, traduisant ainsi un repli de la dynamique économique. Le CESE met en garde contre l’enlisement de la dette publique. «Son niveau s’établit déjà à un niveau suffisamment élevé, et ne pourrait augmenter davantage sans mettre à risque sa soutenabilité».

Le Conseil présidé par Nizar Baraka s’inquiète également de la baisse, pour la première fois, des crédits bancaires à l’équipement. Un signal de la faiblesse de l’investissement intérieur privé durant cette année. L’impact est ressenti au niveau du marché de l’emploi. Le document souligne que «les perspectives de la croissance de l’emploi ne sont pas encourageantes». En face, «le climat social a été tendu en 2015, surtout avec l’aggravation de la conflictualité dans le monde du travail». La note du CESE a mis l’accent sur l’augmentation du nombre de jours perdus de 21% par rapport à 2014. Cette tension s’est soldée par l’organisation d’une série de manifestations, «aussi bien dans des cadres organisés, notamment par les syndicats et les ONG, que non organisés». Ce climat morose semble se poursuivre cette année.

Pas mieux dans la santé

La dernière grève générale, observée mercredi dernier, est une illustration de la poursuite du bras de fer entre les centrales syndicales et le gouvernement. Or, pour le CESE, «la situation de tension, bien que maîtrisée dans l’ensemble, ne pourrait se prolonger sans mettre à risque la stabilité du climat général et les fondements d’une cohésion sociale pérenne». Or, de grandes attentes sont encore insatisfaites. Par exemple, «le développement humain ne connaît pas de progression, notamment à cause de la persistance de déficits dans le domaine de l’éducation et formation». La situation n’est pas meilleure dans le domaine de la santé. Certes, «la couverture médicale a enregistré une expansion quantitative». Sauf que «de sérieuses tensions menacent la pérennité du système et son efficience».

Le projet de note de conjoncture pointe essentiellement «la qualité de l’offre de soins prévue par le régime de couverture et son financement». Les catégories vulnérables, à savoir les femmes et les enfants, ne sont pas mieux loties. Leur situation «ne semble pas s’améliorer, mais recule en l’absence de politiques publiques et stratégies dédiées». Le Conseil de Baraka pointe notamment des questions comme la parité ou la protection de l’enfance.

Quid de l’environnement

Avec le lancement des méga-projets de production d’énergie solaire et éolienne, le Maroc a réalisé de grands progrès pour la réduction des activités polluantes. Néanmoins, le CESE appelle à «demeurer vigilants pour s’assurer que ces progrès se traduisent par une restructuration effective de l’économie marocaine, visant à intégrer de manière durable toutes les activités liées aux énergies renouvelables et à l’économie verte». Le CESE veut que ces efforts soient «inscrits dans une stratégie globale, intégrée et territorialisée, visant la création de nouvelles opportunités».

M. A. M.

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