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    Entreprises

    Capital-investissement
    Peu d’engouement pour les start-up

    Par L'Economiste | Edition N°:4695 Le 27/01/2016 | Partager
    Les fonds de capital-risque sont insignifiants
    La présence d’un mentor dans le tour de table valorisée par les investisseurs
    L’ego surdimensionné et le manque d’écoute des entrepreneurs… sources de conflit

    Khalil Azzouzi dirige K & A Associates, un cabinet de conseil en investissement et stratégie. Il a accumulé 28 ans d'expérience professionnelle dans le secteur industriel, en corporate banking et en private equity (Ph. K.A.)

    Pour croître, une start-up a besoin de lever des fonds. Bien que la plupart de fonds classiques de capital-risque revendique une activité d’amorçage, peu s’intéressent aux stades amont du processus de développement des start-up. Au Maroc, les interventions dans le capital d’une start-up dans les premières phases de croissance restent très limitées. Les 3/4 des montants investis sont réalisés dans des entreprises en cours de développement. Pour réussir sa levée de fonds, un certain nombre de règles doivent être respectées. Khalil Azzouzi, directeur de K&A Associates présent au récent StartUp Summit Africa à Casablanca, renseigne sur les étapes à suivre pour mener à bien une levée de fonds.
    - L’Economiste: Une levée de fonds réussie exige-t-elle des pré-requis particuliers?
    - Khalil Azzouzi:
    Une levée de fonds réussie doit être minutieusement bien préparée par le ou les fondateurs du projet. Le premier rendez-vous avec un gestionnaire de capital-risque est déterminant. L’équipe du projet doit montrer une très bonne connaissance et expérience dans le secteur dans lequel elle souhaite investir avec une stratégie et un business model réaliste apportant une valeur ajoutée et une réponse à une problématique posée par les clients-cibles. L’équipe doit être suffisamment mature et faire preuve d’une véritable complémentarité pour pouvoir développer le projet  en toute harmonie. La présence d’un mentor expérimenté dans le tour de table est un atout supplémentaire souvent  apprécié par le capital-risque.
    - Sur quel aspect faut-il être vigilant avant d’entamer une levée de fonds?
    - L’engouement des entrepreneurs et l’envie d’aller vite dans leur démarche de levée de fonds les poussent souvent à occulter des pré-requis. Avant de lancer son projet, une évaluation stratégique des facteurs de forces agissant sur le marché cible est capitale pour jauger de la force, la  concurrence, et la capacité de négociation de l’entreprise, et des nouveaux entrants potentiels du marché. Enfin, pour projeter le projet sur le moyen et long termes, une analyse prospective du marché cible prévoyant les différents scénarios est primordiale.
    - Que conseilleriez-vous aux entrepreneurs à la recherche de capitaux?
    -Il est préférable que les entrepreneurs soient accompagnés en amont durant leur réflexion et la mise en place d’un plan de financement par des entrepreneurs ou des professionnels expérimentés. Le recrutement d’un mentor-entrepreneur de renommée dans le tour de table du projet s’avère souvent d’un apport capital pour la réussite du projet. Au-delà des problèmes de trésorerie dont sont généralement victimes les start-up durant les premières années de lancement du projet, l’ego surdimensionné, l’indépendance et le manque d’écoute de certains entrepreneurs sont source de conflits entre les fondateurs-actionnaires. Ce qui, in fine, risque de menacer la survie de l’entreprise.
    -Pourquoi y a-t-il aussi peu de fonds d’investissement dédiés au capital-risque?
    -Eu égard à tous les facteurs que j’ai  précédemment cités, les track-records des fonds d’investissement du capital-risque au Maroc n’ont pas été au rendez-vous jusqu’à maintenant.  Les investisseurs majoritairement formés de banques et d’assurances restent frileux et  rechignent à miser leurs fonds dans ces actifs à risque. Le business model du capital-risque au Maroc gagnerait à être repensé. A ce jour, la taille moyenne des 3 derniers fonds de capital-risque ne dépasserait pas 50 millions de DH. La taille des fonds devrait être suffisamment importante pour permettre une diversification du portefeuille et un partage équitable du risque.
    En outre, les moyens financiers et humains mis à la disposition du fonds de capital-risque devraient être conséquents pour  lui permettre de suivre les besoins de financement des start-up en phase de croissance ou en période de difficultés conjoncturelles de trésorerie.
    Propos recueillis par Ayoub IBNOULFASSIH
     

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