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    Entreprises

    Désindustrialisation
    Comment la rupture devient un atout

    Par L'Economiste | Edition N°:4695 Le 27/01/2016 | Partager
    Une analyse récente des experts de l’Onudi
    Une évolution qui peut profiter au Maroc
    Loin d’être une fatalité, cette mutation permettra l’éclosion de nouveaux secteurs

    Intelligence artificielle, robotique, internet, véhicules autonomes, impression 3D, nanotechnologie…, ces nouvelles solutions bouleversent les process de l’industrie au sens classique, la distribution et la consommation. Un changement de paradigme qui a suscité l’intérêt des experts et des organisateurs du 46e Forum économique mondial de Davos.  En effet, le monde fait face à une mutation industrielle qui fusionne les technologies et casse les frontières entre les sphères physiques et virtuelles. Selon le dernier rapport de l’Organisation des nations unies pour le développement industriel (Onudi), cette mutation pourrait accélérer davantage les phénomènes de désindustrialisation. «Dans les pays en développement, une désindustrialisation prématurée peut s’avérer une menace sérieuse pour la croissance générale, en étouffant dans l’œuf le potentiel de développement manufacturière.
    Le type d’activités informelles de service qui émerge dans ce cas réduit plus la croissance qu’il ne la favorise», déduisent les experts de l’Onudi. Une vision partagée par l’économiste marocain Ahmed Azirar, pour qui au niveau local, la désindustrialisation est mesurable par la baisse du poids de la valeur ajoutée industrielle dans le PIB, par la baisse de l’emploi industriel, par la fermeture d’usines ou encore la sortie de «scène de capitaines d’industries»  et leur non-remplacement. «Il n’y en a plus, ou presque, et rares sont les jeunes qui veulent devenir industriels. Les services sont plus attractifs avec le développement des NTIC.
    Le plus inquiétant est que les grands groupes ne s’intéressent pas à l’industrie en faveur des services, du commerce et de l’immobilier», analyse le fondateur de l’Association marocaine des économistes d’entreprise (AMEEN). Pour l’Onudi, lorsque ce type de désindustrialisation survient dans des pays à fort revenu par habitant, le type de service qui apparaît alors (logistique, services aux entreprises ou informatique) est dynamique et peut reprendre voire compléter le rôle de moteur de la croissance joué traditionnellement par l’industrie manufacturière. L’alternative pour les pays en voie de développement reste la promotion des changements technologiques, en améliorant les systèmes d’innovation et en modernisant les chaînes de valeur. «Au lieu de produire eux-mêmes de nouvelles technologies, les pays en développement peuvent utiliser pour leur croissance des transferts de technologie de l’étranger», précise le dernier rapport de l’Onudi.  
    Une vision partagée par le Maroc qui s’ouvre sur les métiers mondiaux, notamment l’offshoring, l’automobile ou encore l’aéronautique. L’objectif de cette ouverture est d’absorber les connaissances qui affluent avec l’implantation de géants comme Renault, Safran, PSA, EADS, Bombardier ou encore HP, en monnayant des mesures incitatives contre de l’intégration locale ou du transfert de technologie. S’y ajoutent des incubateurs de start-up comme le Technopark ou encore le Plan Maroc numérique. Ces initiatives viennent préparer les changements structurels dans l’industrie manufacturière qui impacteront à terme le développement industriel. En clair, la transition d’industries exigeantes en main d’œuvre vers des industries à forte intensité de capital et de technologie réduit le recours à la main d’œuvre, la technologie et les ressources naturelles dans les activités manufacturières. Selon les experts de l’Onudi, le décollage des industries à forte intensité de main d’œuvre dans les pays en voie de développement qui exportent vers les grands marchés mondiaux «peut stimuler à la fois la production et l’emploi et par ricochet promouvoir une croissance inclusive et durable». Ce qui est le cas des écosystèmes automobile et aéronautique ou encore de l’agroalimentaire qui ont redynamisé l’export. «L’industrie tourne à deux vitesses, avec d’un côté un développement des activités liées aux IDE, comme ceux de l’automobile, l’aéronautique et, de l’autre, un marché intérieur sur lequel les entreprises connaissent des difficultés multiples, de marchés, financements, normes...», tient à préciser le Pr. Azirar. En effet, l’industrie qui comprend aussi l’artisanat a créé 16.000 postes d’emploi au 3e trimestre 2015. Ce qui correspond à une hausse de 1,3% du volume d’emploi du secteur, contre une création de 34.000 postes l’année dernière et une perte annuelle moyenne de 34.000 postes au cours des années 2012 et 2013. Ces nouveaux postes d’emploi sont principalement le fruit de la création de 13.000 postes par la branche des «Industries alimentaires et de boissons». Il y a toutefois des arbitrages à faire.
    Une fois que l’industrialisation démarre, les pays à revenu faible et intermédiaire ont la possibilité de générer un grand nombre d’emplois manufacturiers formels  grâce à la faiblesse des salaires et au coût de la main d’œuvre. Ce qui leur offre un avantage comparatif dans des industries demandeuses de main d’œuvre comme le textile, la confection, l’assemblage... Reste que ces emplois se caractérisent par une forte volatilité. «La désindustrialisation n’est pas une fatalité. Certaines branches désuètes devraient certes disparaître, mais de nouvelles filières sont à construire. N’oublions pas que des secteurs industriels marocains sont compétitifs et investissent à l’étranger. Il y a aussi des entreprises qui délocalisent à l’étranger, même en Chine qu’il faut rapatrier», signale Azirar.

    Réorientation

    Selon le HCP, le secteur de l’agriculture, forêt et pêche a connu, entre les troisièmes trimestres de 2014 et 2015, la perte de 27.000 postes d’emploi, représentant une baisse de 0,6% du volume d’emploi du secteur. Une contre-performance qui vient après une création exceptionnelle de 156.000 postes en 2013. Pour les experts de l’Onudi, la désindustrialisation permet justement aux pays «en train de passer d’une économie agraire à une économie moderne», de générer de nombreux emplois manufacturiers offrant une meilleure rémunération que les secteurs agricoles et de subsistance. Les experts de l’agence préconisent de réorienter cette population vers les industries à forte intensité de main d’œuvre et orientées vers l’exportation. 

    A.At

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