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    Régions

    Fès: En médina, l’asile des aliénés ressuscité?

    Par L'Economiste | Edition N°:4692 Le 22/01/2016 | Partager
    Les fous et vagabonds envahissent les circuits touristiques
    Ils nuisent à l’image de la destination et menacent les visiteurs

     

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    La médina de Fès qui autrefois abritait le plus ancien asile des aliénés, le Maristane de Sidi Frej, est aujourd’hui envahie par les fous. Une situ  ation calomnieuse qui inhibe l’image d’une destination qui se targue d’être une des villes challengers en matière d’attractivité touristique nationale. Fès vit un véritable cauchemar au quotidien.
    Dans les principaux circuits touristiques, les vagabonds, enfants abandonnés, rabatteurs, mendiants et… fous déambulent au milieu des visiteurs de la médina. De la place R’cif jusqu’au mausolée Moulay Idriss, en passant par la Quaraouiyine, Boutouil, Sbitriyyine, et bien d’autres quartiers historiques, la présence des aliénés mentaux est très remarquable. Particulièrement au centre de la place Seffarine. Ici, les touristes étrangers, qui sont malmenés par les faux guides et les rabatteurs, doivent faire attention aux «fous». Un défilé incessant de jeunes et moins jeunes, au comportement bizarre, et qui en plus d’être enguenillés, parfois errent tous nus, au risque de s’attaquer aux visiteurs. Les tristes incidents causés par ces malades, au sein même de la médina, il y a quelques années, sont encore en mémoire.
    Aujourd’hui, ils constituent l’un des points noirs qui peuvent nuire considérablement à l’activité touristique à Fès. Ce qui ressemble encore à un cliché est en fait une véritable entrave au développement du secteur, malgré le gigantesque projet de la restauration de la médina. Les professionnels du tourisme ne cessent de ressasser ces maux, mais les vieux problèmes ont la peau dure et se posent encore avec acuité. Si ce n’est pas les faux guides, ce sont les mendiants, les marchands ambulants ou encore les SDF. «Ces images annihilent tous nos efforts», déplorent les professionnels du tourisme.
    Pour eux, «la médina doit être sécurisée, constamment propre, et accueillante, si l’on veut développer son tourisme». Ainsi, il faut qu’elle se débarrasse le plus rapidement de ces maux pour que son visiteur se sente le bienvenu, ait l’envie de rester plus longtemps et même ait l’envie de revenir. D’autant plus que la richesse patrimoniale considérable (ponts, mosquées, médersas, foundouks, hammams…) joue en sa faveur. Sensibiliser, voire même former, les guides accompagnateurs à la valeur historique et architecturale des 26 monuments sauvegardés, serait d’un grand apport. Cela permettrait de programmer des activités d’animation et circuits touristiques. En outre, il y a nécessité d’élaborer un audit pour identifier les contraintes au niveau du parc hôtelier de la ville (8.500 lits). Il s’agit aussi de définir les modalités permettant la levée de ces contraintes ainsi que les incitations à accorder aux opérateurs touristiques en vue de la restructuration de ce parc. L’état des lieux de certains hôtels explique, en partie, les raisons de la baisse accusée au niveau des nuitées touristiques. Il faut donc sensibiliser les opérateurs à se débarrasser de tous les maux dont souffrent leurs établissements.

     

    «Sidi Fredj»

     

     

    La médina est un refuge des malades mentaux depuis bien longtemps. Sauf qu’auparavant, ils étaient bien traités dans un établissement qui leur était dédié. Il s’agit en effet du «Maristane» de Sidi Fredj, qui est probablement l’un des premiers asiles d’aliénés au monde et ancêtre au Maroc du célèbre hôpital de Berrechid. Sis sur la place du souk au henné, bien connue des touristes, Sidi Fredj (ou Frej), fut une sorte d’asile-prison (ou l’inverse ) pour les aliénés. Ce curieux établissement aujourd’hui désaffecté retient l’attention pour son caractère atypique de lieu sacré, de prison et d’hôpital. Pendant de longues années (jusque dans les années 1940), il hébergea ceux que l’on appelait des aliénés selon la terminologie en vigueur à l’époque. Ces malheureux, enchaînés pour la plupart à la muraille de loges étroites (la camisole chimique n’existait pas encore), attendaient que la baraka du saint protecteur voisin leur rende la raison, la liberté ou plus certainement que la mort les libère et leur donne la chance de rejoindre au paradis la place réservée aux simples d’esprit. Les conditions d’hospitalisation se sont sensiblement améliorées à partir des années 1925!

     

    De notre correspondant,
    Youness SAAD ALAMI

     

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