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Evénement

Stationnement à Casablanca
A qui profite l’alibi «social»?

Par L'Economiste | Edition N°:4689 Le 19/01/2016 | Partager
Chevauchement et ambiguïté des compétences entre services
Après des années d’hibernation, Casadev opérationnelle
Les rentiers du système font de la résistance

Le chevauchement et l’ambiguïté des compétences en matière de politique de stationnement figurent parmi les principaux constats des magistrats de la Cour régionale des comptes de Casablanca. Il en résulte une cacophonie entre services communaux, commune et arrondissements, commune et AODU, SDL…
En effet, deux divisions (celle des affaires économiques et celle du développement des ressources fiscales) sont en charge du stationnement au niveau de la commune. Résultat: les appels d’offres sont lancés tantôt par une division, tantôt par l’autre. Les arrondissements mettent aussi leur grain de sel. Ces derniers accordent notamment les autorisations annuelles au profit des personnes dites en «situation de précarité sociale» (malvoyants, personnes à mobilité réduite …) pour gardiennage de voitures. D’où des abus et des passe-droits divers qui se traduisent par l’octroi d’autorisations à des cas qui n’ont de «sociaux» que le nom!
«Il s’avère qu’assez souvent, des autorisations présumées «sociales» soient accordées bien que nullement justifiées par l’indigence de leurs auteurs», est-il relevé.
Les commissions préfectorales (composées de représentants des préfectures, arrondissements, police, CUC) sont également compétentes pour statuer sur les demandes d’autorisations, notamment en matière de stationnement réservé, interdiction de stationnement, sens unique…
Casa-Développement (Casadev) a aussi fait les frais de la désorganisation ambiante. L’une des premières SDL, créée dès 2008, elle est restée pendant des années en veilleuse en raison du chevauchement des compétences. Dès son lancement, Casadev avait pour objet, rappelons-le, l’organisation et la gestion des parkings et aires de stationnement public sur le territoire de la commune. Ces attributions ont d’ailleurs fait l’objet d’une convention conclue en 2010 entre la CUC et Casadev.
Entre-temps, l’arsenal juridique a été modifié et complété par la loi n° 78-00 portant charte communale. Un processus qui a pris des années jusqu’à la réactivation de la SDL en 2014, parallèlement à la création de nouvelles SDL en charge d’autres secteurs de la ville (patrimoine, activités sportives et culturelles, affichage, gestion des abattoirs, marché de gros, propreté …)
Bien que constituée en 2008, Casadev n’a démarré effectivement ses activités que 6 ans plus tard (en 2014). Un nouveau DG (Nabil Belabed, nommé en février 2015) est aujourd’hui en charge de cette structure qui entame à peine le processus d’organisation du secteur.
La SDL doit faire face à une résistance musclée des gardiens (qui organisent régulièrement des sit-in de protestations) et derrière eux le lobby redoutable des détenteurs d’autorisations (dont certains sont des élus ou ex-élus).
En effet, Casadev peine depuis des semaines, voire des mois, à poser ses horodateurs sur les principaux axes de la métropole (cf. édition du 21 décembre 2015). D’ailleurs, ces machines (dont le coût unitaire s’élève à 70.000 DH) sont régulièrement vandalisées sur les boulevards concernés par l’opération (El Massira Roosevelt, Zerktouni, 2 Mars, Gandhi, Bir Anzarane, Roudani, Yaâcoub El Mansour…). Aujourd’hui, des négociations sont en cours pour permettre l’intégration des gardiens qui opèrent légalement sur ces artères à Casadev. «Mais habitués à une situation de rente, ces derniers (et derrière eux le lobby des rentiers) font tout pour repousser l’entrée en vigueur des horodateurs, qui devaient être opérationnels début 2016», signale une source auprès de la CUC.

4 modes de gestion

Les divers modes de gestion pour organiser et gérer le service public du stationnement à Casablanca se résument à:
La gestion déléguée par exploitation d’un parc d’horodateurs dans les limites des arrondissements de Roches Noires et de Sidi Belyout
L’affermage de plusieurs autres aires de stationnement soit à l’issue des appels d’offres sur offres de prix  lancés annuellement ou dans le cadre de contrats passés de gré à gré
L’octroi d’autorisations annuelles à des personnes dites être dans la précarité sociale pour gérer le stationnement dans les autres lieux sujets aux droits de stationnement
Le stationnement réservé, autrement dit les autorisations accordées à des établissements de nature particulière, notamment les organismes bancaires, les représentations consulaires et les établissements hôteliers, en vertu desquelles leur sont réservés des tronçons délimités du domaine public destiné au stationnement.

110 véhicules/1.000 habitants

Selon les données recueillies dans le récent plan des déplacements urbains (PDU) établi en 2013 , la population de Casablanca dépasse les 4,2  millions d’habitants en 2015 pour un parc de véhicules de 479.000 unités et un taux de motorisation s’établissant à 110 véhicules/ 1.000 habitants.
Selon le même document, la part modale de la voiture dans l’ensemble des déplacements mécanisés représenterait au moins 36% en 2015 pour uniquement 26% pour les modes de transport en commun (bus et tramway) et 25% pour les grands et petits taxis. Déjà en 2004, le nombre des déplacements journaliers qui y sont recensés a été estimé à 11 millions par jour comme consigné dans le PDU de 2004.

A. E.

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