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    Economie

    Banques vs entreprises: Les causes du désamour

    Par L'Economiste | Edition N°:4686 Le 14/01/2016 | Partager
    Réunion au sommet CGEM, Bank Al-Maghrib et GPBM, le 20 janvier
    Dresser une cartographie des griefs réciproques

    Les présidents du GPBM, de la CGEM et de BAM parleront avec force franchise des obstacles qui se dressent devant l’accès au financement bancaire
     

    C’est certainement la première rencontre du genre. Bank Al-Maghrib, le Groupement professionnel des banques et la CGEM tiendront, mercredi 20 janvier, au siège de la Banque centrale, une réunion consacrée à l’accès au crédit bancaire. Il s’agit notamment d’identifier les causes qui seraient à l’origine du coup de froid actuel sur le crédit d’investissement.
    Auparavant, un questionnaire a été transmis aux fédérations sectorielles pour recueillir des données telles que le degré de connaissance des entreprises des différents instruments de financement, l’appréciation du financement accordé aux entreprises de chaque secteur, le jugement concernant les délais de traitement des demandes, les garanties exigées, les taux d’intérêt pratiqués… Les résultats de cette enquête serviront de base de discussion entre les banques et les membres du patronat.
    Les fédérations membres de la CGEM ont organisé, mardi 12 janvier, une rencontre pour préparer le rendez-vous avec la Banque centrale. Abdellatif Jouahri, wali de BAM, Othman Benjelloun, président du GPBM, et Miriem Bensalah Chaqroun, présidente de la CGEM, sans oublier les présidents des fédérations sectorielles, ont tous confirmé.
    Ce «sommet» intervient dans un contexte particulier, marqué par la contraction des crédits d’investissement. Ces derniers se sont inscrits dans un trend baissier depuis cinq ans. Pour l’exercice 2015, l’on tablait sur une hausse de 4%. Mais au final, l’exercice s’est achevé sur une baisse de 0,8%. Un repli suffisant pour alerter Bank Al-Maghrib, qui souhaite approfondir la connaissance de ce tableau clinique inquiétant. D’autant plus que le secteur privé revendique plus de 30% des investissements au Maroc. Comment s’explique la panne connue par le crédit malgré les mesures d’assouplissement prises par les autorités monétaires?
    CGEM, BAM et GPBM se donnent rendez-vous pour parler chacun de son côté des différents obstacles qui se dressent devant l’accès au crédit bancaire, particulièrement pour les PME et TPE. Le franc-parler semble être le mot d’ordre choisi par les trois parties pour cette rencontre. Il y a fort à parier que les membres de la CGEM mettront sur la table des discussions le premier choc auquel sont confrontés les chefs d’entreprise: l’obligation de présenter un dossier bancable. Ce qui suscite l’ire et l’incompréhension des présidents de fédération qui s’interrogent sur les «critères objectifs et irréfragables» pour juger qu’un projet est bancable. «Un dossier rejeté par une banque peut être facilement accepté par une autre», relève un membre de la CGEM.
    Le second obstacle rencontré par l’écrasante majorité des demandeurs de crédit concerne les exigences en termes de caution personnelle. Faute de garantie «probante», l’écrasante majorité des entreprises se voit recalée. «La valeur des garanties demandées par les banques dépasse souvent et de loin le montant du crédit lui-même. C’est de l’abus», tempête le président d’une fédération. Il y a quelques mois, un opérateur économique avait approché les groupes parlementaires pour introduire une proposition de loi qui supprimerait l’exigence de garanties personnelles pour l’obtention d’un crédit bancaire. Mais elle est restée sans suite.
    Les garanties ne constituent pas le seul objet de récrimination des entreprises. Pour certains opérateurs, «les banques appliquent des marges hors de tout entendement. Elles louent l’argent auprès de Bank Al-Maghrib à 2,5% et le prêtent aux entreprises au minimum à 5%!» s’indigne un président de fédération. D’autres n’hésitent pas à dénoncer les conditions «opaques» d’octroi du crédit par certaines banques. D’autres encore critiquent «le manque de formation du personnel du front office depuis que les banques recourent massivement au personnel intérimaire».
    Autant de griefs qui seront débattus sans aucun tabou mercredi prochain par les membres du patronat et les représentants du système bancaire. Le challenge sera de déboucher sur un nouveau deal entre les banques et les entreprises. «La contraction du crédit n’est qu’un indicateur qui traduit le désinvestissement dans lequel plonge le Maroc. En fait, c’est tout le climat des affaires qui décourage les investisseurs. Une chose est sûre: le modèle du financement des entreprises suivi jusqu’à présent a atteint ses limites. Il faut en concevoir un nouveau».

    Une approche sectorielle

    Les membres du conseil du patronat qui ont assisté à la réunion préparatoire du mardi 12 janvier ont fustigé «une méconnaissance des spécificités sectorielles de la part des banques, nécessitant une approche adaptée». Ainsi, par exemple, les entreprises opérant dans les différentes branches de l’agriculture réclament des formules de financement dédiées tenant compte à leurs différentes particularités. «Nous proposons aux banques de lancer un crédit marin à l’image du crédit agricole destiné à financer l’acquisition de navires, aux unités de transformation des produits de la mer, à alimenter la trésorerie des entreprises…», recommande Hassan Sentissi, président de la Fédération nationale des industries de transformation des produits de la pêche (Fénip). Il propose également la restauration du dispositif de Warrant, appelé plus communément avance sur marchandise. Le principe consiste pour la banque à débourser pour l’entreprise «une avance sur crédit contre un billet à ordre réescomptable auprès de Bank Al-Maghrib à un taux réduit». Un mécanisme permettant à une structure de disposer d’un fonds de roulement le temps d’écouler sa marchandise.

    Hassan EL ARIF
     

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