×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Régions

    Fès-Tourisme: Le jour et la nuit on s’ennuie...

    Par L'Economiste | Edition N°:4682 Le 07/01/2016 | Partager
    Aucune animation dans cette ville qui est pourtant vendue comme «incontournable»
    Rien après 23 h pour faire la fête, les touristes rentrent dans leurs... maisons d’hôtes
    Harcèlement permanent des rabatteurs, mendiants et autres, en plus de l’insécurité ambiante

    Le tourisme souffre de ses vieux maux toujours d’actualité à Fès. Manque d’animation, harcèlement des touristes par les guides clandestins, les rabatteurs, et (parfois) les fous et les animaux…sont un lot quotidien (Ph. YSA)

    Hôtel sinistrés. Restaurants presque vides. Commerçants tristes. Si Fès se targue d’être aujourd’hui une des villes challengers en matière d’attractivité touristique nationale, elle continue de vivre un véritable cauchemar au quotidien. Manque d’animation, harcèlement des touristes par les guides clandestins, les rabatteurs, et (parfois) les fous et les animaux… Ce qui ressemble encore à un cliché est en fait une véritable entrave au développement du tourisme à Fès. Les professionnels du secteur ne cessent de les ressasser, mais les vieux problèmes ont la peau dure et se posent encore avec acuité. En effet, le tourisme est littéralement envahi par les faux guides et les rabatteurs, que ce soit en médina ou aux environs des maisons d’hôte, et à l’entrée de l’autoroute. Ainsi, la structuration et la mise à niveau des métiers et activités touristiques constituent l’un des leviers stratégiques pour assurer la qualité de service exigée par la clientèle, relever les défis de la concurrence et positionner nos destinations touristiques.
    En médina, à titre d’exemple, l’accès principal de la place R’cif, aménagé à 30 millions de DH est malheureusement transformé en parking pour les VIP et les motos. A Bab Sid El Aouad, les marchands ambulants, mendiants, vagabonds…font office d’accueil pour les touristes. Le chantier de la restauration des monuments historiques et des magasins du pont Lakhrachfiyyine se poursuit. Ici, les autorités doivent élaborer un cahier de charges, appelant les commerçants à proposer des produits d’artisanat au lieu des produits chinois, vieux vêtements, chaussures d’occasion, casse-croûtes ou escargots… A ce propos, les autorités locales peinent à libérer cet espace, malgré des directives royales.
    Un peu plus loin, la place Seffarine est envahie par les rabatteurs qui nuisent à l’image de Fès et à son hospitalité. Car, certains d’entre eux arnaquent les touristes et les «insultent» s’ils ne leur donnent pas du «bakchich». Surtout, en l’absence des caméras de vidéosurveillance enlevées pour assurer la réhabilitation de la Médersa Mesbahia, et non redéployées même après la fin des travaux. Pourtant, il s’agit d’un axe stratégique de la médina.   
    En tout cas, pour les professionnels, le guide touristique participe amplement à la valorisation et à la promotion du patrimoine naturel et culturel de la ville. Il influence l’image que se fait le touriste de la destination, et est l’un des maillons importants du secteur. Il est en contact permanent avec le touriste et représente l’image de la destination, son histoire et son avenir. D’où, un appel à la fermeté.
    En attendant, l’activité touristique continue d’afficher la grise mine à Fès. Surtout en l’absence d’une vie nocturne. En fait, la ville n’a rien à vendre le soir. «Ses rues sont tristes, moins éclairées, radicalisées et font peur», décrit un touriste. En terme d’animation, seuls une poignée de riads, lounge bar, et restaurants accueillent quelques touristes autour de groupes musicaux, et des spectacles… jusqu’à 23h. Résultat: une activité en baisse et des touristes en moins.
    En chiffres, les nuitées touristiques dans les établissements d’hébergement classés de la capitale spirituelle ont enregistré, en 2015, une baisse de 9 % en comparaison avec l’année précédente. S’agissant des arrivées dans les hôtels classés, elles ont chuté de 7 %. Du côté des hôteliers, une majorité évoque une baisse drastique de leur chiffre d’affaires par rapport à 2014. «Nous n’hébergeons que des policiers venus en renfort pour sécuriser la ville», affirment-ils. Paradoxalement, l’activité de l’aéroport Fès-Saïss est en hausse de 4% en terme d’arrivées. Mais où vont ces touristes?  La réponse, selon Driss Faceh, président du Conseil régional du tourisme (CRT-Fès), «une bonne partie loge dans des maisons d’hôtes». «Au Palais Faraj, à titre d’exemple, nous avons enregistré une hausse de plus de 30%, en terme d’occupation. Il en est de même pour d’autres riads», renchérit le patron du CRT. Pour lui, «les statistiques officielles sont aussi brouillées par les établissements non classés et qui captivent une bonne partie des touristes individuels». Certes, ces derniers ne dépensent pas beaucoup en séjour (15 à 20 euros par nuitée), mais ils sont bel et bien là.

    Dépoussiérer Bab Boujloud

    Aujourd’hui, il y a nécessité de programmer des activités d’animation en adéquation avec l’image et les aspirations de la ville impériale et multiplier les efforts en termes de promotion. A ce titre, la wilaya veut faire de la place Boujloud «la soeur jumelle de Jamâa Lafna». Sans prétendre voler la vedette à la place de la ville ocre, les professionnels du CRT préconisent une forme de complémentarité. «Pour commencer, 12 kiosques d’animations culturelles et culinaires vont être aménagés, avant le printemps grâce à un appui de la wilaya», confie Faceh.

    De notre correspondant,
    Youness SAAD ALAMI

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc