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    Economie

    Projet de loi de Finances
    Une mesure qui fragilise l’investissement

    Par L'Economiste | Edition N°:4663 Le 08/12/2015 | Partager
    Les droits d’importation de l’aliment de poisson ramenés à 2,5%
    Ce qui risque d’entraîner la fermeture de la seule unité de production du pays

    L’abaissement des droits d’importation de l’aliment de poisson constitue plus un danger pour l’industrie locale qu’un levier à l’investissement dans l’aquaculture (Ph. Bziouat)

    Et si la mesure était contreproductive? Le projet de loi de Finances prévoit l’abaissement des droits d’importation de l’aliment de poisson à 2,5% au lieu de 25% actuellement. La mesure résulte d’un amendement introduit par le gouvernement lors de la discussion du projet de loi de Finances par la deuxième Chambre du Parlement. Elle porte sur un quota de 50.000 tonnes au cours des deux prochaines années. Mais pour en bénéficier et couper la route devant les spéculateurs, l’importateur devra être obligatoirement aquaculteur. L’objectif étant de favoriser l’investissement. Sauf que si la mesure passe, elle menace la seule unité industrielle spécialisée dans la fabrication de l’aliment de poisson. «Les quotas d’importation d’aliment de poisson, prévus par le projet de loi de Finances, dépassent de loin les besoins du pays. En effet, la trentaine de fermes de pisciculture que compte actuellement le Maroc, dont 29 en eau douce et une seule en eau de mer, ne consomme que 1.250 tonnes d’aliments par an. Nous sommes donc loin du quota fixé par le projet de loi de Finances», explique Othmane Mernissi, PDG d’Aliments & Protéines du Nord. L’usine, qui emploie une quarantaine de salariés pour un chiffre d’affaires annuel de 15 millions de DH, produit chaque année 1.250 tonnes pour approvisionner les fermes de pisciculture alors qu’elle est dimensionnée pour 12.000 tonnes par an. L’entité fait partie d’un groupe dédié à l’aquaculture et qui approvisionne également les fermes de pisciculture en juvéniles. Le management craint les retombées de la réduction  des droits d’importation et ne manque pas d’argument. «Notre unité applique délibérément une marge de 5% pour encourager les investisseurs. L’application de droits de douane trop faibles ouvrira les portes à l’importation d’aliments de poissons fabriqués avec des intrants non contrôlés tels que la farine de porc, de sang, d’abats et d’os de bovins, dont l’abattage n’est pas conforme au rituel musulman, surtout que le projet de loi de Finances ne prévoit aucun dispositif de contrôle», ajoute le PDG d’Aliments & Protéines du Nord.
    Pourquoi le gouvernement a-t-il donc baissé les droits de douane de l’aliment de poisson pour un quota qui dépasse de loin les besoins nationaux? La mesure est censée donner un coup d’accélérateur au plan Halieutis, dans son volet aquaculture. Certes, l’aliment constitue environ 60% des charges d’une ferme d’élevage de poisson, mais ce n’est pas le principal obstacle à l’investissement.
    L’Agence nationale pour le développement de l’aquaculture (ANDA) a déjà lancé des appels à manifestation d’intérêt pour des projets sur le flanc méditerranéen. Les conventions ont été signées, le 14 avril 2014, devant le Souverain. Mais ils sont tous confrontés à des difficultés administratives, notamment l’accès au foncier pour la construction des bases à terre. Un nouvel appel d’offres vient d’être lancé par l’Agence dans la région de Dakhla. Les investisseurs ont porté leurs difficultés devant l’ANDA, mais à l’évidence, elle ne fait pas le poids devant les administrations.
    Hassan EL ARIF    
     

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