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Analyse

PSA Peugeot-Citroën
«Nous sommes déjà à 60% d’intégration»

Par L'Economiste - Safall FALL - | Edition N°:4572 Le 21/07/2015
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Le gaz naturel, un facteur déterminant dans le Gharb
Textile, carrosserie, habitacle, châssis, électronique embarquée… les autres retombées
Pneumatique, le maillon manquant de la chaîne…

Hakim Abdelmoumen, président de l’Association marocaine pour l’industrie et le commerce de l’automobile (Amica): «La filière sera densifiée. Ce qui facilitera davantage l’arrivée de nouveaux constructeurs. Nous sommes dans une boucle positive»

- L’Economiste: Le projet PSA table sur 80% d’intégration à terme. N’est-ce pas un peu trop ambitieux?
- Hakim Abdelmoumen: Il y a quelques années, j’aurais partagé votre réserve sur nos capacités à atteindre ce taux. Mais les choses ont évolué entre-temps. On avait à peine les prérequis qu’il fallait, à l’arrivée de Renault, pour une industrie automobile locale. Celle-ci était dominée par le câblage et les coiffes. Le reste des filières était encore marginal. Maintenant, le constructeur PSA voit une filière qui est en train d’évoluer. Une activité avec un potentiel. Le constructeur, grâce à la nouvelle démarche des écosystèmes, a adhéré à la stratégie de la filière automobile au Maroc. Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait des filières mûres, des filières à maturité et d’autres à construire. Dès lors, il fallait mettre en place le contexte pour favoriser l’émergence de ces activités. La nouvelle équipe de l’Amica a également changé la vision du marché. Nous ne sommes plus dans la logique de la sous-traitance. Ce qui s’est passé, c’est que l’on croyait qu’il suffit de faire venir un constructeur pour qu’une industrie émerge chez nous, avec un taux d’intégration. C’était une grosse erreur. Nous attendions tous que le constructeur fasse émerger notre propre industrie. Nous devions jouer le jeu. Pour répondre à votre question, je peux vous dire que les 60% d’intégration de PSA sont d’ores et déjà acquis. Cette fois-ci, la tutelle a négocié ce projet en s’appuyant, dès le départ, sur les éventuelles retombées sur les filières. Il y a des équipementiers d’autres pays qui sont déjà référencés chez le constructeur. Tous ces facteurs font que les 200.000 véhicules pour 80% d’intégration, nous y serons cette fois-ci.
- Concrètement, qu’apporte PSA de nouveau pour le secteur?
- La véritable intégration, autour du projet PSA, porte surtout sur le développement de nouveaux métiers hors câblage. C’est le cas par exemple pour  les éléments de carrosserie, d’intérieur de véhicule, de chassis, les ensembles de fonctions embarquées, etc. Le gouvernement et les industriels locaux ont établi les prérequis pour accueillir ces nouveaux métiers. La mise en place des écosystèmes, dans le cadre du Plan d’accélération industrielle, a permis de préparer ces acquis. Nous sommes sur des métiers qui vont générer de la main-d’œuvre qualifiée, avec des niveaux de revenus largement au-dessus du Smig, un très grand nombre de profils techniciens, ingénieurs, opérateurs qualifiés, etc. La filière sera densifiée et ceci facilitera davantage l’arrivée de nouveaux constructeurs. Nous sommes dans une boucle positive pérenne.
- Qu’est-ce qui justifie le recours au gaz naturel dans ce projet?
- Toutes les usines font appel à une énergie particulière pour des activités bien précises. Il y a en effet un certain nombre d’équipements industriels qui fonctionnent avec le gaz. D’autres à l’électricité conventionnelle. Par ailleurs, cela peut être aussi un des facteurs du choix du site chez le constructeur.
- Une filière «moteur» à 100% d’intégration locale est-elle envisageable?
- Sur cette filière, nous comptons monter progressivement dans l’intégration. Plus l’industrie locale gagne de l’expertise, plus elle montera dans la chaîne de valeur et s’appropriera des technologies de pointe. La Roumanie est à 80% aujourd’hui d’intégration industrielle globale. Pourquoi le Maroc ne pourrait pas faire de même? Ce n’est pas une question d’histoire industrielle ou d’expérience. Tout se joue sur le terrain des incitations et des écosystèmes. C’est sur ces seuls aspects que les choix des multinationales se font. Renault est venu avec une douzaine d’équipementiers internationaux pour intégrer des pièces volumineuses, ce qui était un bon début. Mais les décisions d’intégration se font 3 à 4 ans avant la sortie du véhicule, ce qui nécessite de vraies préparations, lobbying, réseaux...
- La filière «pneumatique» sera aussi une pièce importante du puzzle industriel…
- La filière pneumatique, au même titre que les autres équipements, peut être un  écosystème à développer. Il faudrait évidemment que toutes les composantes industrielles et de marché soient mises en place pour attirer les multinationales du secteur. Je pense que c’est là où se situe la valeur ajoutée du PAI, parce que l’objectif est justement de mettre en place des mesures qui touchent directement au métier. Il y a donc un certain nombre d’aspects sur lesquels nous travaillons pour favoriser l’émergence de ces nouvelles filières.
 
Propos recueillis par Amin RBOUB & Safall FALL

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