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Analyse

PSA Peugeot-Citroën: Les toutes premières retombées pour la filière

Par L'Economiste | Edition N°:4572 Le 21/07/2015 | Partager
Les industriels chiffrent déjà les 1ers impacts
Comment le volet intégration devra créer de la richesse locale
Les leçons tirées de Renault Tanger

L’industrie automobile a 55 ans au Maroc. Depuis l’assemblage des premières voitures (création de Somaca en 1960) au projet PSA en 2015, la filière a été marquée par l’arrivée de Renault Tanger et le projet de la voiture économique (Fiat) initié par Driss Jettou

A peine le méga-investissement de PSA au Maroc annoncé, les premiers impacts sur la filière sont déjà mesurés, chiffres à l’appui! En effet, l’Amica (Association marocaine pour l’industrie et le commerce de l’automobile) évalue  les premiers impacts sur la filière. La corporation des industriels fait une première analyse de l’impact sur l’écosystème automobile et la filière des équipementiers. Emploi, transfert de savoir-faire, création de richesse, valeur ajoutée, intégration locale, investissements parallèles, montée en gamme des process… en plus d’autres impacts sur des secteurs autres que l’automobile (plasturgie, textile, électronique, métallurgie, éléments de carrosserie,  traitement de surface, châssis, sous-ensembles embarqués, R&D, ingénierie…). Autant de métiers qui ont trouvé des repères et des prérequis. «C’est une révolution industrielle pour le pays. De plus, 80% de taux d’intégration locale impliquent une montée en gamme et l’émergence de nouveaux métiers industriels assez pointus», analyse Hakim Abdelmoumen, président de l’Amica. En d’autres termes, «fini  l’assemblage. La prochaine étape sera résolument orientée production avec des pièces conçues, développées et intégrées localement», résume le patron des industriels automobiles.
Sourcing local: 11 milliards de DH/an
Le secteur passera à 120 milliards de DH à l’export à l’horizon 2022! Fort de ce mégaprojet structurant pour l’ensemble de la filière, le Maroc est de loin le premier constructeur automobile d’Afrique du Nord et 2e du continent. Le Royaume s’impose désormais en tant que plateforme industrielle de production et d’exportation. A lui seul, le sourcing local sera de 11 milliards de DH par an. Il faut rappeler que l’Etat n’avait pas suffisamment de marge de manœuvre sur le niveau d’intégration locale avec Renault. Le constructeur au losange (via Dacia) a néanmoins le mérite d’avoir positionné le Maroc à l’international, en tant que plateforme régionale de production et à l’export automobile.
Depuis, le site Maroc a opéré une réorientation, un virage à 180° négocié lors du passage du plan Emergence à celui de l’accélération industrielle (PAI). C’est d’ailleurs la vision d’accélération industrielle qui aura permis de positionner la filière sur les 5-10 ans à venir. Aujourd’hui, le secteur de l’automobile est des plus stratégiques pour l’avenir industriel du pays. Il va générer 100 milliards de DH à l’horizon 2020 (pour passer à 120 milliards en 2022).  Le sourcing local montera à 11 milliards de DH par an! «Ce ne sont pas des prévisions, mais des calculs réels sur la base d’opportunités par produit, par marché, par pièce et par véhicule», tient à préciser Hakim Abdelmoumen. A terme, le projet PSA implique un chiffre d’affaires de 30 milliards de DH.  Le site sera opérationnel en 2019, mais la maturité des process est programmée pour  2023-2025. Pour rappel, plusieurs pays comptaient accueillir ce mégaprojet. Parmi eux, l’Algérie, la Turquie, la Tunisie ou encore des pays compétitifs de l’Europe de l’Est. Mais qu’est-ce qui a été le plus déterminant dans le choix par PSA  d’un site au Maroc? Certes, il y a eu de fortes incitations de l’Etat marocain. Mais ce n’est pas que cela qui fait la différence, car tous les pays offrent des incitations. Ce sont plutôt des facteurs liés à la stabilité politique et économique, la stabilité monétaire, l’écosystème favorable, les infrastructures (réseau des routes/autoroutes, port TangerMed…), une population jeune, des universités, ou encore la vision du développement de la filière, le Plan d’accélération industrielle, l’effet Renault-Tanger…  Et, surtout, les projections de ce que sera la filière à l’horizon 2020, avec un constructeur qui assemble des composantes co-conçues par des équipementiers locaux (80% des achats du donneur d’ordre PSA).
Autre facteur déterminant, le gros travail de décomposition des coûts qui a été établi par la Commission logistique. Le site retenu (Ameur Seflia, dans le Gharb) recèle un gros potentiel logistique en termes de connectivité (routes, ferroviaire, maritime avec le port de Kénitra).
S’y ajoutent des considérations géostratégiques (porte de l’Afrique, potentiel régional, potentiel à l’export en Europe et au Moyen-Orient…). «PSA s’inscrit parfaitement dans la vision de développement économique du Maroc en Afrique subsaharienne», signale le président de l’Amica. Le constructeur dispose, rappelons-le, d’une forte image de marque dans ce continent où il souhaite se repositionner  sur des marchés à fort potentiel de croissance . Un continent où PSA est en perte de vitesse depuis des années, car il a été rattrapé par les Asiatiques avec de nouvelles gammes de véhicules. Selon Carlos Tavares, le numéro 1 de PSA, «l’Afrique et le Moyen-Orient sont des marchés historiques pour PSA. Cette région doit devenir un levier d’internationalisation rentable de notre plan Back in the Race. L’accord signé avec l’Etat marocain nous permettra d’avoir des capacités de production au cœur de la région pour réaliser l’ambition d’y vendre 1 million de véhicules en 2025». Maintenant que ce projet bien structuré est sur les rails, la prochaine étape consiste en un déploiement de manière à en optimiser les retombées. Il s’agit, rappelons-le, d’un marché de 1 milliard d’euros de sourcing à terme. La priorité aujourd’hui est «de maintenir cette dynamique avec les industriels», insiste-t-on auprès de l’Amica. Tout l’enjeu est de réussir le challenge des 80% d’intégration locale. En clair, les industriels doivent entrer dans la course avec un nouvel état d’esprit et optimiser les process (qualité, productivité…). L’enjeu est de taille, car il s’agit là de  90.000 emplois supplémentaires dans l’automobile à horizon 2020. PSA devra générer 24.500 postes (4.500 directs et 20.000 indirects) également. 

1er bloc moteur made in Maroc!

C’est le côté bloc moteur qui a pris de court tout le monde. PSA fera mieux que Renault et confiera l’assemblage, voire la production à terme de la composante motorisation et boîte de vitesses. Mais la partie moteur sera développée progressivement de manière à assurer une maîtrise du process et monter progressivement en régime. C’est d’ailleurs ce qui permettra d’optimiser  le taux d’intégration. Montant de l’investissement: 560 millions d’euros. PSA contribuera à hauteur de 95% dans le montage financier. Le reste (5%) est assuré par la CDG. A terme, le constructeur compte exporter 200.000 moteurs et autant de véhicules. Quant aux débouchés à l’export, ils seront essentiellement en Afrique et au Moyen-Orient.

 

Amin RBOUB

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