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Société

L’Etat de droit se doit de régir l’espace public

Par L'Economiste | Edition N°:4563 Le 07/07/2015 | Partager

Abdellah Chérif Ouazzani estime que le gros du problème aujourd’hui réside dans l’ignorance: «Ce sont des gens qui agissent par l’émotion et non pas par le savoir»

- L’Economiste: Que pensez-vous des multiples polémiques actuelles?
- Abdellah Chérif Ouazzani:
Ce qui arrive en ce moment est un grand n’importe quoi. Ce sont des initiatives personnelles, qui n’ont pas lieu d’être. Nous vivons dans un pays de droits, où il y a une législation, un pouvoir en place, des institutions et des responsables qui doivent statuer, aussi bien d’un point de vue juridique, religieux, que d’un point de vue sécuritaire. Si l’on commence à déléguer au peuple et au tout-venant d’agir par son propre chef, nous irons vers une anarchie totale.
- Le Coran autorise-t-il un lynchage public tel que celui du jeune homosexuel à Fès?
- Absolument pas! Tout d’abord le Coran ne parle pas de ces choses-là. On parle de grands principes et surtout de ce qui est culturel. Par contre, la Sunna parle de certains aspects, mais elle n’autorise pas de simples citoyens à agir par eux-mêmes et à essayer de corriger la société. Il y a d’ailleurs un hadith, une parole du Prophète qui dit: «Si l’un de vous voit quelque chose qui n’est pas normal, il peut agir sur trois niveaux: la parole, le geste ou le cœur». Si l’on veut changer cette chose, dite anormale, par l’acte, il s’agit du ressort des autorités. Si on veut la changer par la parole, c’est du ressort des savants et des responsables religieux. Enfin, par le cœur, c’est un acte donné à tout citoyen, qui peut ne pas aimer ou dénigrer quelque chose, mais à aucun moment agir. Cependant, le citoyen, en tant que tel, a le droit de se tourner vers les autorités et de déposer plainte. Et c’est à cette autorité d’agir. Un citoyen n’a pas à agir selon son bon vouloir, car nous sommes dans un Etat de droit, où se sont les institutions qui doivent régir les espaces publics.
- On voit de plus en plus de vidéos critiquant les tenues des Marocaines… Qu’en pensez-vous?
- Dans un espace public, il doit y avoir une tolérance et un respect mutuel, car c’est la base de la citoyenneté. Nul n’a le droit d’imposer un type d’habillement ou de croyances. Il faut instruire la religion à son enfant et le laisser choisir. Pareil, l’Islam ne doit pas être subi mais choisi. S j’impose à ma fille de porter le voile, elle le retirera dès que j’aurai le dos tourné. Je lui aurai donc appris à être hypocrite envers Dieu et moi-même!  
- Espaces publics et religions peuvent-ils cohabiter?
- Les deux peuvent cohabiter et je ne pense pas que les comportements actuels ne se dégraderont pas davantage. Heureusement, nous avons des institutions et des droits. D’ailleurs la déclaration officielle concernant l’arrestation de deux membres ayant participé au lynchage public du jeune homosexuel, est venue rectifier le tir, pour remettre chaque chose à sa place et dire: voilà ce qui est du ressort de l’Etat et voilà ce qui est du ressort du citoyen. Le gros du problème aujourd’hui réside dans l’ignorance. Ce sont des gens qui agissent par l’émotion et non pas par le savoir.
Propos recueillis par Sabrina EL-FAÏZ
 

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