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Société

L’Islam au Maroc
Entre tolérance et risque de radicalisation

Par L'Economiste | Edition N°:4563 Le 07/07/2015 | Partager
Mais pourquoi tue-t-on au nom de l’Islam
Violence, fatwas, politisation… les dérives
La religion, nouvel outil de politiques

Pendant 12 siècles, le rite malékite a permis aux Marocains de rester unis et de s’éloigner des affrontements. Aujourd’hui, quelque 3.000 jeunes ont rejoint les camps de Daesh en Syrie et en Irak. Un phénomène sournois et rampant qui inquiète…
 

Tunisie, France, Somalie, Koweït… Face aux bouleversements internationaux, dictés par un extrémisme victorieux, chaque Etat observe, agit et craint en silence. Cela pourrait  arriver à tous. Un jour verrons-nous nos enfants embringués dans les  rangs de Daesh? Jusqu’où notre pays pourra se transformer? Autant de questions, que bon nombre de gens se posent, mais qui restent sans réponses précises. Pays de confession musulmane, le Maroc n’a pas connu les mêmes troubles que ses voisins. Souvent envié pour sa stabilité religieuse, le pays voit pourtant des prémices de changement, au bout de 12 siècles de verticalité. Comment a-t-il fait pour préserver sa stabilité aussi longtemps?
Quelle est la particularité du Maroc? Les Marocains, comme 20% des musulmans dans le monde, suivent le rite malékite. Il s’agit de l’une des écoles classiques du droit musulman sunnite. Pour définir la jurisprudence, les sources de cette école diffère des autres. En effet, l’enseignement de ce rite puise ses fondements de l’expérience de l’imam Malik Ibn Anas, théologien et législateur. Imam Malik avait 17 sources de droit musulman. Parmi elles: le Coran, la Sunna et la pratique des religieux de Médine. Ayant vécu à Médine, l’exégète a proposé de suivre les pratiques des premiers habitants musulmans de cette ville.  Ces derniers étaient les compagnons du Prophète. Du coup, ils étaient, selon l’imam Malik, la meilleure source d’information, après le Coran. La Sunna pratiquée prend alors de l’ampleur sur la Sunna parlée. Parallèlement, une autre source du droit musulman a particulièrement séduit les Marocains: l’intérêt général. Ce principe permet d’ajouter aux croyances les us et coutumes, à la condition qu’ils ne contredisent pas la religion. Les Marocains l’ont adopté et ne s’en sont jamais séparé et ce, depuis 12 siècles. «Cette typicité a permis aux Marocains de rester unis et de  s’éloigner des affrontements que subissent d’autres pays, tels que la Syrie», explique Abdellah Chérif Ouazzani, enseignant-chercheur spécialisé en pensée islamique et soufisme. Autre particularité de l’islam au Maroc, le soufisme est l’un des mouvements les plus suivis, avec ses fondamentaux de morale et de l’éthique. Ceci étant dit, des changements  sournois sont en train de s’opérer auprès de la communauté musulmane marocaine tolérante. En effet, quelque 3.000 Marocains ont déjà rejoint les camps de Daesh et nul ne sait combien d’autres attendent leur tour. Du coup, les sages se multiplient, au point de ne plus savoir prêcher le vrai du faux. Ils prônent un Islam violent, qui rappellerait celui des «Khaouarijes».
Parallèlement à ce qui se passe aujourd’hui, ce mouvement religieux justifiait le meurtre par le péché. Toute personne qui ne suivait pas à la lettre leurs principes et, qui donc péchait, méritait de mourir. Ils différenciaient au lieu d’unifier, essence même d’une religion, pour un péché majeur. Mais qu’est-ce que le péché majeur? «D’aucuns parlent de 3, 7 ou même 70 types de péchés. Il y avait toujours donc une raison de tuer», explique Ouazzani.
Les dérapages de la société actuelle sont, selon le chercheur, la conséquence directe de l’ignorance, de l’égo et de la soif du pouvoir. D’une part, les jeunes sont livrés à eux-mêmes et s’inspirent de la violence de la rue et de la désinformation religieuse sur le web. Par ailleurs, la religion est de plus en plus utilisée à des fins politiques. Le professeur propose cependant une solution simple et à la portée de tous: Internet. La nouvelle génération est régie par l’image. Si l’image de l’Islam est négative, c’est parce que celle-ci est véhiculée par les réseaux sociaux, plus utilisés par les pays occidentaux. «Il faut à présent enseigner par la voie digitale, afin de toucher et protéger la jeunesse de la mauvaise interprétation des textes. Apprenons-leur le vrai Islam et non pas celui qui s’arrête à la barbe d’un maître», soutient Ouazzani.
S. E.

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