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    International

    Le modèle Uber trébuche en Californie

    Par L'Economiste | Edition N°:4558 Le 30/06/2015 | Partager
    L’Etat assimile les chauffeurs de la plateforme aux salariés
    Un front qui s’ajoute aux protestations des taximen à travers le monde

    Avec la décision de l’Etat de Californie pour que les chauffeurs utilisés par Uber soient considérés comme des salariés, la plateforme serait contrainte de changer son ADN et se transformer en une société de transport en bonne et due forme

    Le business modèle d’Uber vient de subir un coup dur, dans son Etat natal. La Californie vient de décider que les chauffeurs utilisés par la plateforme doivent être considérés comme ses salariés et non des travailleurs indépendants.  A ce titre, ils doivent donc payer des charges sociales. Ce qui risque de ruiner l’attractivité d’Uber.
    La décision a été rendue suite à une plainte déposée par une ancienne conductrice, Barbara Ann Berwick, qui a demandé à être indemnisée pour les dépenses qu’a engendrées son travail. Uber avait fait appel de cette décision, qui ne s'applique qu'aux chauffeurs de Californie, devant un tribunal de l'Etat, à San Francisco. Il fait valoir qu'il n'impose aucun horaire de travail, ni même de nombre minimal de courses. Les juges ne sont pas du même avis considérant que  le fait qu’Uber désactive l’application pour les chauffeurs n'ayant pas travaillé pendant 180 jours est suffisant pour les considérer comme des salariés.
    Valorisée à 50 milliards de dollars, Uber a tout fait pour éviter d’être assimilée à une société de transport. Bien qu’elle mette en relation l’offre et la demande de chauffeurs contre des commissions de l'ordre de 20 à 30%, et ce, sans aucun avantage social, la société insiste qu’elle n’est qu’une startup technologique. Le juge donne raison à la plaignante, Uber sera contrainte de se transformer en société de transport en bonne et due forme: recrutant des chauffeurs, leur versant des droits sociaux, etc.
    Bien que ce scénario ne soit possible que dans l’Etat de la Californie, le jugement qui l’a provoqué pourrait être considéré comme une jurisprudence contre la plateforme, et ce, à travers le monde. Ce qui est sûr c’est que la démarche de Barbara Ann Berwick pourrait être imitée dans les 60 pays où Uber est présente. Les jugements ne seront pas les mêmes, mais vont donner certainement davantage de fil à retordre à la plateforme.
    C’est d’ailleurs un front de plus qui s’ouvre contre Uber qui doit surtout faire face aux syndicats de taximen à travers le monde, mais aussi aux risques de sécurité. En France, ces derniers en seraient même arrivés aux mains. Des «dizaines» de chauffeurs d'UberPOP ont porté plainte après avoir été agressés par des chauffeurs de taxi à Strasbourg, Nice ou Lille. De plus, ces organisations de taxis ont appelé le gouvernement à faire cesser «immédiatement» les applications mobiles qui organisent le transport entre particuliers, de type UberPOP, en menaçant d'un mouvement national illimité à partir de fin juin. A Bruxelles, les taximen tendent des pièges aux chauffeurs d’Uber afin de les traduire en justice, frôlant souvent l’infraction. En Inde, le service de voitures a été interdit à New Delhi depuis mi-décembre, après qu'une passagère eut accusé un chauffeur de l'avoir violée...
      M. L.

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