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    Analyse

    Défis de l’environnement
    500 milliards de dollars à mobiliser pour le continent

    Par L'Economiste | Edition N°:4510 Le 22/04/2015 | Partager
    Ils visent le financement des projets d’adaptation au changement climatique
    Le Maroc tête de pont des pays africains face aux puissances industrielles
    Filières industrielles pour absorber 260.000 tonnes de déchets

    Pour Hakima El Haité, ministre déléguée en charge de l’Environnement, «le développement des filières de valorisation des déchets est indispensable. Car, au-delà de leur exploitation en tant que source énergétique, c’est la transformation de la matière qui offre une meilleure valeur ajoutée économique»
     

    - L’Economiste: Vous avez organisé le Forum Afrique carbone il y a une semaine. Quelles sont les conclusions?
    - Hakima El Haité:
    Il s’agit d’un forum co-organisé par la Conférence des Nations Unies pour le changement climatique et le gouvernement marocain, qui s’est tenue à Marrakech. Cet événement a rassemblé 400 participants de 40 pays. Chaque année, nous essayons d’évaluer les mécanismes du marché carbone, dont le Maroc a profité, à travers le financement de nombreux projets. Mais à partir de 2008, nous avons assisté à une chute de la valeur du carbone à cause de la crise mondiale. Aujourd’hui, à la veille de l’accord de Paris, nous nous posons certaines questions. Par exemple, faut-il donner un prix au marché carbone, parce que cela permettrait d’apporter un outil supplémentaire de financement des projets d’adaptation dans les pays africains. Ces projets sont ceux qui permettent aux Etats vulnérables au changement climatique, qui ne sont pas émetteurs de gaz à effet de serre, de s’adapter à la hausse de température.
    - Quel est le niveau de financement nécessaire à la réalisation de ces projets?
    - Le besoin en financement s’élève à 500 milliards de dollars par an, afin de permettre aux pays africains d’aller vers une transition verte. Or, aujourd’hui, nous disposons de 10 milliards de dollars dans le fonds vert, répartis sur quatre ans. Et les prévisions tablent sur seulement 100 milliards de dollars par an, à partir de 2020. Alors, nous avons beaucoup d’efforts à faire, pour trouver de nouveaux outils de financement des projets d’atténuation et d’adaptation. C’est dans ce cadre que le forum Afrique carbone a défini des outils additionnels qu’il faut déployer pour pouvoir mobiliser les fonds, afin de compléter les besoins en financement des projets.
    - Le Maroc semble se positionner en tant qu’acteur régional de référence dans le domaine environnemental. Qu’est-ce qui explique cette mobilisation à l’international?
    - Les changements climatiques sont l’un des plus grands défis qui se posent au continent. Plus de 45 millions d’africains vont se déplacer vers le Maroc et l’Europe d’ici 2050. Donc, c’est un phénomène majeur qui concerne l’humanité. Les pays industrialisés doivent diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre, parce qu’ils sont les seuls responsables historiques. Nous pays africains, nous devons nous développer en évitant de commettre les mêmes erreurs, en allant vers un nouveau modèle de développement économique, avec une industrialisation sobre en carbone. Les pays industrialisés doivent aussi participer. D’où ces contributions, qui sont attendues à Paris, par les pays africains. Donc, à Marrakech, il n’était pas question qu’on n’aille pas avec un schéma clair pour ces nouvelles contributions.

    - Au niveau national, la mobilisation est aussi importante. Quel est l’objectif du dernier accord signé avec les cimentiers?
    - Nous voulons renforcer l’implication du secteur de la cimenterie dans la protection de l’environnement. Cela passe par l’adaptation des incinérateurs, moyennant un financement conséquent, pour nous accompagner dans le traitement de certains déchets dangereux. Il s’agit particulièrement de déchets qui ne sont pas destinés à des filières de valorisation. Nous disposons de 300.000 tonnes de déchets dangereux au Maroc. Sur ce total, nous sommes en train de développer des filières industrielles pour absorber 260.000 tonnes. Mais le reste doit aussi être éliminé dans les règles de l’art. Nous avons déjà commencé à travailler et à expérimenter un certain nombre de déchets. Le deuxième aspect de la convention vise à travailler sur la valorisation énergétique des pneus déchiquetés, qui sont d’une valeur calorifique importante pour les cimentiers. Il s’agit d’une phase transitoire en attendant la valorisation matière, qui a une plus value économique plus importante.
    - Comment se décline la collaboration avec la société civile?
    - La synergie développée avec la société civile est un choix stratégique, qui a été confirmé par l’organisation d’un forum qui lui a été dédié. Nous avons décidé de nous appuyer sur les ONG pour la réalisation des objectifs de la protection de l’environnement. D’ailleurs, nous avons reçu 268 projets en 2014, tous compatibles avec notre orientation. Malheureusement, nous n’avions pas les moyens pour financer tous les projets. L’année dernière nous avons mobilisé 5 millions de DH au profit de la société civile. Nous avons retenu 38 projets dont le financement va être débloqué incessamment. Cette année, nous avons retenu 68 projets à financer, avec un budget de 10 millions de DH.
    Propos recueillis par
    Mohamed Ali MRABI
     

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