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    Analyse

    Défis de l’environnement
    Le stress hydrique aux aguets

    Par L'Economiste | Edition N°:4510 Le 22/04/2015 | Partager
    La solution des eaux non conventionnelles est une illusion
    Elles doivent constituer un appoint à la gestion rationnelle des ressources
    Fixation de 35.000 ha de dunes pour faire face à la désertification

    Abdeladim Lhafi, Haut commissaire aux eaux et forêts, a indiqué que 75% des superficies en zones montagneuses sont touchés par le phénomène de l’érosion. D’où l’importance des programmes de correction et de reboisement qui portent sur plus de 1,5 million d’hectares

    - L’Economiste: Vous êtes chargé de la protection et la valorisation du domaine forestier. Le Maroc dispose-t-il d’espaces boisés répondant aux normes écologiques internationales?
    - Abdeladim Lhafi:
    Le respect des normes écologiques des espaces forestiers et boisés renvoie à la notion de développement durable de ces espaces, qui s’inscrit dans une triple dimension. Celle du développement économique, de création des richesses et d’exploitation des ressources naturelles qui doivent être compatibles avec le respect des équilibres écologiques de divers écosystèmes. L’idée est de faire en sorte que les niveaux de prélèvements des ressources soient inférieurs ou au maximum égaux à leur capacité de renouvellement. Seule la valeur ajoutée de ces ressources, du fait de leur croissance ou de leur renouvellement naturel, doit être exploitée. Les forêts marocaines s’inscrivent dans cette démarche notamment à travers les plans d’aménagement, établis sur des périodes, par tranche moyenne de 20 ans. Ceux-ci fixent exactement les niveaux de prélèvement, sous l’autorité de l’administration des Eaux et Forêts. Tous ces processus sont parfaitement encadrés par des lois, des règlements et des procédures.
    - L’érosion de la terre constitue l’un des dangers qui planent sur l’équilibre écologique. Qu’avez-vous  prévu pour faire face à cette situation?
    - Il est un fait que sur les 23 millions d’hectares, en zone montagneuse, 75% des superficies sont touchés, à des degrés divers, par l’érosion, dont le tiers est atteint de manière critique. Face à cette situation, le Plan national d’aménagement des bassins versants a identifié un plan prioritaire, concernant 1,5 million d’hectares couvrant 22 bassins versants. Ainsi, 740.000 ha ont été traités par des corrections mécaniques et des programmes de reboisement.
    La gestion des actions intégrées au niveau des bassins versants, pour lutter contre l’érosion, a été soutenue par un financement qui est passé de 40 millions de DH annuels en 2004 à plus de 250 millions de DH annuels en 2014. Le programme décennal 2015-2024 prévoit d’achever le traitement de 500.000 ha additionnels, avec un budget de 2,6 milliards de DH.
    - Quel est le bilan du programme de lutte contre la désertification?
    - Tous les programmes du Haut commissariat concourent à la lutte contre la désertification. Il s’agit notamment du reboisement, du traitement des bassins versants, de la protection des ressources hydriques, de la lutte contre l’eutrophisation des barrages, la défense des parcs naturels et réserves biologiques, l’amélioration pastorale… A côté de cela, des actions particulières ont été menées, telles que la fixation mécanique et biologique des dunes. 35.000 ha de dunes ont été fixés, à l’effet de protéger des agglomérations menacées, de préserver les terres agricoles et oasis, la protection des ressources en eau, des infrastructures d’irrigation, ainsi que 25 km d’infrastructures routières, dans les tronçons sensibles ou menacés.
    - La préservation des ressources hydriques constitue l’un des défis qui se posent au Maroc. Quelles sont les actions menées pour assurer la sécurité hydrique du pays?
    - Les niveaux limités de nos potentiels hydriques, ceux qui sont déterminés par les conditions naturelles, et ceux qu’imposeront les effets de changements climatiques à venir, ne s’accommodent plus ni d’une gestion sectorielle axée sur des types de spéculation économique, ni d’une gestion segmentée, orientée vers le fractionnement des étapes de la collecte, de l’utilisation et de la protection des eaux. Il faut prendre en considération la finitude des ressources, le statut de notre pays dans la frange du stress hydrique, et la forte compétition sur cette ressource limitée. Cela n’offre d’autres choix qu’une approche globale, intégrant la gestion de l’espace et du temps. L’idée est de ne pas permettre de prélever au-delà du niveau de renouvellement de la ressource. Les eaux non conventionnelles, à savoir le dessalement et le traitement des eaux usées, ainsi que le recours à la nappe phréatique sont des appoints qu’il faut rigoureusement encadrer. Ils ne doivent en aucune manière donner l’illusion qu’ils sont des solutions aux problèmes structurels de l’eau, ni nous détourner de nous attaquer aux questions de fond, celles d’une gestion rationnelle et responsable de nos ressources hydriques.
    Le transfert d’eau de bassins excédentaires vers ceux déficitaires, ne doit pas négliger de prendre l’élément temporel en compte, en ce sens que si le déficit est constaté, l’excédent, lui, est une notion qui relève d’un débat qui n’est pas tranché. Sauf si l’on considère que les données du présent sont séparables de la dynamique du temps, de celle des écosystèmes, et des évolutions complexes de leurs constituants qu’il faut inscrire dans le temps écologique.
    Propos recueillis par
    Mohamed Ali MRABI

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