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    Economie

    Exportations/Produits halieutiques
    Du potentiel encore sous-exploité en Afrique

    Par L'Economiste | Edition N°:4505 Le 15/04/2015 | Partager
    Le poisson marocain consommé dans 45 pays
    Bémol: l’offre exportable ne dépasse pas 1% par marché

    14,4 milliards de dirhams... C’est en substance la valeur de l’offre exportable de produits halieutiques marocains dans le monde. Sur l’Afrique, l’export a encore du potentiel puisque le Maroc y écoule en moyenne 2,2 milliards de DH chaque année. Ce qui représente l’équivalent de 5,6% des importations globales de produits halieutiques de l’Afrique (sur la période 2008-2012). Pour rappel, l’Afrique importe en moyenne près de 4 milliards de dollars, toutes origines confondues. C’est ce qui ressort d’une récente analyse de la direction des études et des prévisions financières (DEPF).  
    Au total, l’export de poissons (à partir du Maroc) couvre 45 marchés africains. Ce qui renseigne sur la dynamique commerciale à l’échelle continentale. En revanche, le Maroc peut encore renforcer l’offre compte tenu de la demande grandissante dans les différents marchés. Valeur aujourd’hui, l’export de produits halieutiques marocains ne dépasse généralement pas 1% de l’offre par pays.  Mais sur certains pays, l’on fait un peu plus, notamment au Nigéria (1,67%), au Ghana (1,54%), ou encore l’Angola (1,13%).
    Cela dit, l’offre exportable marocaine a encore des gisements d’amélioration et de multiples relais de croissance. D’ailleurs, le total de l’export de poisson (en provenance du Maroc) ne dépasse pas les 15% de la valeur globale des exportations.
    En même temps, à elle seule, l’Espagne absorbe 45% de l’export halieutique de son voisin du Sud. Sur les relais de croissance, la Libye et l’Egypte recèlent aussi de gros potentiels. D’ailleurs, la Libye n’importe du Maroc que 0,15% et l’Egypte à peine 0,47%. La croissance à l’export réside aussi dans la reconquête de marchés, qui ont connu un recul ces dernières années. Il s’agit notamment de la Guinée Equatoriale (-30%) ou encore le Togo (-6%) et le Gabon (-3%).
    L’étude de la DEPF relève aussi une forte dominance de l’export de la sardine. Pour rappel, le Maroc est leader mondial sur l’export de conserves de cette variété, avec plus de 30% de part de marché. Néanmoins, l’offre Maroc est quasi absente en Afrique du Sud (0,3%), premier marché importateur mondial de sardines.
    Par pays, le Maroc revendique une part de marché de poisson frais de 24% au Ghana et de 8% en Côte d’Ivoire, 2e marché africain importateur de poissons frais.
    Le Nigéria représente également des opportunités de taille, puisqu’il est classé premier importateur de poissons frais, depuis 10 ans, avec 7,8 milliards de dirhams en moyenne. Plus encore, l’Egypte et le Cameroun sont, depuis 2006, parmi les premiers importateurs africains de poissons frais. Un marché encore sous-exploité par le Maroc pour de nombreuses raisons. A l’origine de ce bilan mitigé sur le plan commercial, figurent de multiples freins. Parmi eux, la barrière culturelle, notamment la langue. Le Maroc étant plus présent dans des pays francophones. Mais il y a aussi la composante logistique (liaisons maritimes, fret, transport…). S’ensuit le nombre élevé de frontières qui occasionne des surcoûts, des retards et des droits de douane relativement élevés. Le commerce intra-africain est d’ailleurs plus cher que pour le reste du monde. Autre contrainte de taille, le manque d’infrastructures, tant au niveau routier que portuaire. Ce qui présente un réel frein à l’export. Il y a aussi des considérations liées au faible pouvoir d’achat. Ce qui ne permet pas la vente de certaines variétés telles que le poulpe, dont le Maroc est grand producteur et exportateur. Cette situation laisse une large marge de manœuvre à l’Asie qui, elle, vend ses produits à des prix très compétitifs.

    Comment améliorer les flux

    Pour optimiser  les exportations marocaines vers l’Afrique, les experts de la DEPF recommandent de s’attaquer à un certain nombre de dossiers. A commencer par le développement d’une flotte hauturière aux normes internationales, de nouvelles connexions terrestres et surtout maritimes entre le Maroc et le reste du continent, des accords de pêche au niveau régional ainsi qu’une nouvelle politique régionale africaine. Au niveau du Maroc, l’on relève encore des pistes d’amélioration du produit, notamment par la réduction des pertes après capture et  les conditions de préservation du poisson à bord. Les experts préconisent également de mettre en place des incitations en faveur des entreprises pour les encourager à exporter davantage.

    Sabrina EL-FAÏZ

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