×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Competences & rh

    Education: Réinventer le système

    Par L'Economiste | Edition N°:4499 Le 07/04/2015 | Partager
    L’association Citoyens du Maroc prône un Etat régulateur, pas gestionnaire
    Une étude menée pendant 3 ans adressée au Cabinet Royal

    Le Maroc ne compte que 1% d’élèves de 4e année du primaire d’un niveau supérieur en matière de lecture. En revanche, il en enregistre 58% de niveau très faible, contre une moyenne internationale de 25%.  
     

    Un corps malade, sous respiration artificielle et ne répondant plus à aucun traitement. C’est l’état actuel de l’éducation au Maroc. L’école  publique ne réagit vraisemblablement plus à aucune des réformes menées. «Pourquoi s’acharner à sauver ce qui ne peut l’être?» C’est la vision de l’association Citoyens du Maroc qui plaide pour un «nouveau paradigme».
    Au cours d’une étude qui a duré trois ans, l’association a passé en revue toutes les réformes menées, consulté une cinquantaine d’experts nationaux et internationaux, examiné des benchmarks et partagé ses conclusions avec un ensemble de décideurs, y compris le chef du gouvernement et le cabinet royal. Le constat est clair, le système est en péril et la situation ne pourrait être plus alarmante. Dans pratiquement tous les classements internationaux TIMSS et PIRLS de la décennie 2000, le Maroc se place avant dernier de la classe. Autres indicateurs, la part des 15-34 ans sortis du système sans qualification n’a pratiquement pas bougé (67% en 2000 et 62% en 2009). Ce sont aussi les mêmes freins qui remontent: des décisions «inconstantes» et «incohérentes» qui sautent avec le changement des gouvernements, des syndicats qui n’adhèrent pas aux différents projets, des concepts «parachutés», des parents démissionnaires,…  «L’approche actuelle mène vers une impasse, pourquoi ne pas explorer d’autres dimensions, penser à réinventer le système au lieu d’essayer de le changer», relève Younès Elhimdy, président de Citoyens du Maroc. L’association propose ainsi l’émergence d’un système «pluriel», dans lequel l’Etat jouerait un rôle de régulateur, et où le secteur privé (toujours cantonné à 7% des effectifs) serait plus impliqué. «Beaucoup de pays émergents ont opté pour cette approche. En général, l’Etat est bon régulateur mais il n’est pas un bon gestionnaire. Nous ne défendons pas le privé, nous pensons simplement qu’il a le droit d’exister», insiste Elhimdy. «Dans le cadre de partenariats public-privé, des écoles publiques fermées pourraient, par exemple, être cédées à des opérateurs privés. Pourquoi ne pas envisager aussi que des organismes privés puissent former des enseignants», suggère, quant à elle, Souad Terrab, membre de l’association.
    Néanmoins, avec un secteur privé également fébrile, peu structuré et faiblement doté en ressources humaines qualifiées, ce scénario serait difficile à réaliser dans l’immédiat.  
    Côté gouvernance, Citoyens du Maroc propose la mise en place d’une loi cadre pour l’éducation, au moins décennale, garantissant la continuité des actions en faveur du secteur. Elle préconise aussi une séparation des pouvoirs entre les intervenants. Que la politique éducative et la planification stratégique relèvent du Conseil supérieur de l’éducation (CSEFRS), le contrôle et l’évaluation du ministère et la gestion opérationnelle des Académies régionales d’éducation et de formation (Aref). «Sur le papier, les Aref disposent de tous les pouvoirs leur permettant d’être autonomes, mais elles n’en usent quasiment jamais», regrette Younès Elhimdy.
    Dernier axe avancé, la rationalisation du système, en adoptant une approche de gestion par projets (PMO) et en mettant en place un dispositif de conduite du changement.  L’association reste lucide quant aux difficultés qui se posent, mais espère que ses «clés de changement» seront prises en considération dans les prochains projets de réforme.

    Les chiffres choc de l’école

    • 76% d’enfants analphabètes après 4 ans à l’école (ministère de l’Education nationale, 2015)
    • Un tiers des enfants de 2e année et un quart de ceux de 3e année du primaire ne comprennent pas l’arabe classique (USAID, 2012)
    • Un taux de redoublement jusqu’à plus de 17% et un taux d’abandon à 11% au lycée (Education nationale, 2012)
    • Filles rurales: Un taux de scolarisation au lycée de seulement 21,9% (Education nationale, 2014-2015)
    • Sur 100 élèves qui rentrent au primaire, seuls près de 12 obtiennent leur baccalauréat
    • Près de 400.000 enfants quittent chaque année l’école
    • 55% des 20-24 ans n’ont même pas le niveau secondaire (OCEMO, 2014)
    • 44% des adultes de 15 ans et plus sans aucun niveau d’instruction (OCEMO, 2014)

    Ahlam NAZIH

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc