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Régions

Fès dotée d’une «agence de développement»

Par L'Economiste | Edition N°:4310 Le 03/07/2014 | Partager
Elle existe depuis 25 ans, mais change d’appellation et manque toujours de fonds
Les élus veulent s’aligner sur les moyens des agences du Nord, Bouregreg, Oriental…

Le bilan du programme de traitement du bâti menaçant ruine s’élève à 17 projets exécutés en totalité à Fès Médina parmi un total de 128 opérations lancées. A ce jour, les différents partenaires du programme lancé en 2013 n’ont débloqué que 65 millions de DH sur les 616 millions prévus, indique Fouad Serghini, DG de l’Ader

ENFIN une agence pour le développement de la ville de Fès. Contrairement à ce que cela peut laisser croire, il ne s’agit pas d’une nouvelle création, mais seulement d’un changement d’appellation. En effet, l’Agence de dédensification et de réhabilitation de la médina devient l’agence pour le développement et la réhabilitation gardant ainsi la même abréviation, Ader-Fès. Tant revendiqué par les élus de la ville, qui espéraient une agence de développement dotée de moyens conséquents à l’instar de celles de l’Oriental, du nord, des provinces du sud, ou encore du Bouregreg (Rabat), le nouvel (ancien) établissement de développement de la capitale spirituelle manque de ressources. Créée il y a 25 ans, l’Ader peine à payer ses salariés. Ses projets sont financés au goutte-à-goutte. «Nous avons une agence de sauvegarde qui, elle-même, a besoin d’appui et de sauvegarde», ironisait le maire Hamid Chabat dans l’une de ses sorties controversées.
Pour rappel, un ensemble d’organismes, dont la mairie de Fès, prenaient en charge, en 2011, le paiement de la masse salariale de l’Ader (70 employés). Aujourd’hui, la situation s’est améliorée mais pas pour autant. Fouad Serghini, DG de l’Ader, l’a avoué, lors d’un point de presse, tenu la semaine dernière, à l’occasion de la célébration du 25e anniversaire de la naissance de son Agence. «Nous étions en course contre la montre pour lancer un maximum de chantiers avant le 31 décembre 2013. Ceci, pour éviter que nous passions par la nouvelle loi sur les marchés publics et dont la mise en œuvre allait prendre plusieurs mois, alors que nous sommes engagés dans un programme de restauration avec des délais qui doivent être respectés», explique-t-il.
Au-delà du respect des délais, le projet de la restauration de la médina vise à éviter la perte de vies humaines dans les effondrements des vieilles demeures. Lancé en mars 2013, ce chantier concerne la restauration et la réhabilitation des monuments historiques, ainsi que le traitement du bâti menaçant ruine. Doté d’un investissement de 285,5 millions de DH, le programme porte sur la réhabilitation de cinq médersas, quatre borjs, trois foundouks, trois tanneries, deux murailles, deux ponts et huit monuments divers. Il s’étale sur une durée de 4 ans (2013-2017) et prévoit également le traitement du bâti menaçant ruine dans le tissu ancien de Fès Médina et Méchouar Fès Jdid. En fait, les différentes actions inscrites dans ce programme devront contribuer au renforcement des circuits touristiques au niveau de l’ancienne médina, embellir le cadre bâti, et participer au développement socio-économique de la ville et à la préservation de son cachet authentique. Pour ce qui est du projet relatif au traitement des maisons menaçant ruine, il concerne le traitement de 3.666 bâtisses dans la médina. L’opération est dotée d’un investissement de 330 millions de DH. Elle porte sur la démolition de 143 bâtisses et le traitement de 1.586 édifices répertoriés comme dangereux (1er degré). En outre, l’intervention sur le parc de 2e et 3e degré concernera près de 2.000 bâtisses. Elle consistera en la mise en place d’une veille et de mesures préventives (contrôle et suivi des dégradations, études, intervention d’urgence, accompagnement social et juridique). Ceci, afin d’assurer l’accompagnement des ménages cibles.
Mais voilà, des 616 millions de DH prévus pour les deux programmes (menaçant ruine et monuments), l’Ader n’en a reçu que 10% : 17 millions de DH en septembre 2013, 4 millions de DH en décembre 2013, et tout récemment 44 millions de DH (juin 2014), soit un total de 65 millions de DH. «Le budget disponible a permis le lancement de plusieurs marchés, dont certains appels d’offres ont été publiés le 31 décembre 2013», rappelle à cet effet Serghini. Selon lui, la mobilisation de tous les partenaires (ministères et communes) reste de mise. Pour sa part, l’Ader a initié 22 études sur les 27 monuments que compte la médina de Fès. L’agence a aussi finalisé 17 opérations de restauration et 111 sont en cours de réalisation. «Nous avons mené 114 interventions d’urgence, démoli 7 maisons menaçant ruine, et nous devons restaurer 180 bâtiments menaçant ruine (sur 1.720) avant fin 2014», conclut le responsable de l’Ader.

Faciliter les procédures

La médina compte plus de 3.666 logements menaçant ruine, dont 1.720 dans un état de dégradation avancée. D’où la nécessité d’une intervention d’urgence surmontant toutes les contraintes d’ordre juridique, urbanistique, social et financier. La problématique est de taille. Pour aller vite, la Commune urbaine de Fès a opté pour la facilitation des procédures, en autorisant les travaux dans le cadre du programme de réhabilitation des anciennes demeures (2013-2018), même pour les occupants qui n’ont pas le certificat de propriété. Ce qui est considéré, selon le DG de l’Ader, comme une avancée majeure en termes de loi, qui vise à accélérer l’opération de sauvegarde. Enfin, s’agissant des monuments historiques, hormis les tanneries dont l’évacuation serait un peu difficile, le reste du chantier ne pose aucun problème.

De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI

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