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Economie

Avis de tempête sur la campagne céréalière

Par L'Economiste | Edition N°:4176 Le 20/12/2013 | Partager
Les semis ratés dans de nombreuses zones
En cause, l’inquiétant déficit pluviométrique

A fin 2014, le programme d’équipement en irrigation localisée devrait atteindre 410.000 ha. L’essentiel des superficies équipées devrait bénéficier aux cultures de substitution des céréales notamment dans les zones montagneuses. La même année, il est prévu d’étendre les aides financières à 17 nouvelles espèces fruitières (pommier, amandier, caroubier, arganier et autres produits de terroir)

RIEN ne va plus pour l’actuelle campagne céréalière. Du moins dans les zones d’agriculture pluviale qui concentrent l’essentiel des superficies réservées aux grandes cultures annuelles. En cause, le déficit pluviométrique qui a atteint une cote alarmante dans certaines régions à haute vocation céréalière. Déficit que les services de la Météo évaluent à 52% pour la région des Doukkala-Abda considérée comme grenier du pays.
Autre grande région de production céréalière, la Chaouia-Ouardigha où les précipitations s’avèrent en retrait de 40% par rapport à la campagne précédente. Même le Gharb, généralement bien arrosé, n’a pas enregistré jusqu’à présent que de faibles précipitations. Il en est de même de la région de Fès-Saiss dont les besoins en eau ont satisfait à peine pour la moitié. Et le peu de pluie a touché moins des deux tiers des régions agricoles.
Du coup, les opérations des semis ont été retardées dans de nombreuses zones dans l’attente d’une amélioration de la situation hydrique. Ce qui est sûr pour le moment, c’est que l’emblavement de 4,5 à 5 millions d’hectares annoncés comme objectif lors du lancement de l’actuelle campagne ne sera pas atteint.
Pourtant, tous les ingrédients ont été mis à contribution pour en assurer les bonnes conditions. Le marché des semences sélectionnées a été approvisionné à hauteur de 2 millions de quintaux, soit quasiment le double par rapport à la campagne précédente. De même les disponibilités en engrais s’élèvent à 1,2 million de tonnes contre une moyenne de 750.000 tonnes commercialisées habituellement. Mieux, le programme d’assurance agricole multirisque a été élargi sur une superficie de 600.000 ha. Et l’objectif est de l’étendre à 1million d’hectares en 2015. Mais ces mesures ainsi que d’autres plus structurantes annoncées en grande pompe le 30 septembre dernier n’ont pas, semble-t-il,  incité les agriculteurs à prendre le risque d’ensemencer les terres déjà labourées. Car, à en croire les services du ministère de l’Agriculture, «le taux de  mécanisation des travaux des sols s’est bien amélioré. Rien qu’en 2012-2013, les ventes de tracteurs ont porté sur 3.300 unités. Lors de cette même campagne, les financements du Crédit Agricole ont atteint 5,5 milliards de DH.
Bien sûr, ces performances sont à mettre à l’actif d’une bonne saison qui a enregistré une production record de 97 millions de quintaux de céréales dont 52 millions de blé tendre. Ce qui a permis au pays de réduire considérablement ses importations notamment d’orge et des blés (voir notre édition du 18 décembre).
Les autres filières n’ont pas été en reste. La production sucrière a augmenté de près de 60%. Celle des olives a enregistré une hausse de 30% et la production agrumicole a bondi du tiers.
Or, l’ambition affichée par le ministère de l’Agriculture est de capitaliser sur ces résultats. Ce qui est à portée pour l’arboriculture, le maraîchage et l’élevage. Quant à la filière céréalière, le pari de sa réforme demeure peu soutenable. Jusqu’à présent, elle fait figure de parent pauvre de l’agrégation. Tout au plus, les projets lancés dans ce cadre se comptent sur les doigts d’une seule main et restent limités aux zones réputées pour leur fertilité et surtout pour la bonne pluviométrie. Cependant, le plan Maroc Vert vise la réduction des superficies céréalières à 4,2 millions d’hectares tout en augmentant la productivité. L’objectif étant de sécuriser un volume minima de 70 millions de quintaux. C’est l’hypothèse retenue par le projet de loi de Finances 2014.
Pour d’autres  organismes en charge de suivi et d’évaluation de l’économie nationale, il faut s’attendre plutôt à une campagne moyenne.
Le diagnostic se base sur cette logique qui veut qu’après une bonne récolte, intervient une saison moyenne suivie d’une campagne médiocre. Et l’avis est partagé par le HCP, le Centre marocain de conjoncture ainsi que par le ministre chargé du Budget. C’est à demander si la stratégie agricole n’est pas à même de briser ce cycle fatal.

 

A.G avec A.Ate

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