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Economie

Bourse: Le marché se dirige de plus en plus vers la reprise

Par L'Economiste | Edition N°:4162 Le 02/12/2013 | Partager
L’impact de la sortie de l’indice Morgan Stanley Emerging Market bien digéré
Des retombées importantes attendues en termes de liquidité
L’APSB veut un pacte pour le développement du marché de capitaux

Omar Amine, président de l’APSB: «L’impact de la sortie de l’indice Morgan Stanley Emerging Market ne peut qu’être positif en termes d’afflux supplémentaire de liquidité pour la place» 

La Bourse de Casablanca a pu amortir l’impact de sa dégradation dans l’indice Morgan Stanley Frontier Market, en cours de semaine dernière. Elle a pu absorber en à peine deux séances un volume quotidien de plus de 1 milliard de DH sans impact significatif sur les cours. Du jamais-vu depuis 2008! Cette situation laisse présager une sortie de crise du marché. Omar Amine, président de l’Association professionnelle des sociétés de Bourse (APSB), y croit dur comme fer. Il revient, dans cet entretien, sur les impératifs à mettre en place pour relancer la Bourse et appelle au lancement d’un pacte de développement du marché de capitaux dès 2014.
- L’Economiste: Le marché a semble-t-il bien réagi au reclassement dans l’indice Morgan Stanley Frontier Market…
- Omar Amine: Le marché a très bien réagi et a absorbé le choc sans conséquence sur l’indice. Je tiens à rappeler que ce n’est pas la première fois que le marché résiste à un choc financier. La manière dont le marché a géré la sortie de l’indice MSCI-Emerging est un signal clair que le pire est derrière nous, notre industrie financière est mature et que nous avions atteint des niveaux de valorisation intéressants.
La sortie de cette tranche est la conséquence naturelle de la baisse de liquidité du marché actions et ne peut être interprétée par une dégradation du risque pays. Nous jouons désormais dans le bon championnat!
- Comment s’explique le volume inhabituel enregistré en Bourse au cours des séances du 26 et 27 novembre?
- Ces séances ont été de véritables stress-test pour la place. Là où les fonds «Emerging» ont traduit le risque de sortie du MSCI par des cessions massives, les nouveaux «fonds entrants» en plus d’institutionnels locaux ont saisi cette opportunité pour étoffer leurs portefeuilles «action» à des niveaux de valorisation intéressants, chose qui n’était plus possible parce que la liquidité du marché faisait défaut. Je rappelle aussi que ces changements interviennent dans un contexte marqué par l’arrivée du géant Etisalat avec 4,2 milliards d’euros dans Maroc Telecom, la sortie réussie de BMCE sur l’international pour 300 millions de dollars et les  prochaines levées de Attijariwafa bank et du Trésor à des niveaux d’intérêt très compétitifs. Tous ces éléments ne font que confirmer qu’il n’y a pas de défiance vis-à-vis du produit financier «Maroc».
- Le poids du Maroc dans l’indice MSCI Frontier va-t-il augmenter en mai 2014? Quel en sera l’impact?
- Pour rappel, il y a quatre révisions annuelles du MSCI pour 2014: le 3 mars, le 2 juin, le 1er septembre et le 26 novembre. Le poids du Maroc dans le MSCI Frontier Market se situe actuellement à 4,66% et augmentera à 6,7% en juin suite à la sortie du Qatar et UAE. Les valeurs marocaines intégrées sont les huit déjà annoncées et le resteront a priori même après ce changement sauf si une grosse IPO arrive!
Pour ce qui est de l’impact, il ne peut être que positif en termes d’afflux supplémentaire de liquidité, à condition que ces investisseurs trouvent des titres disponibles! C’est une vraie fenêtre de tir pour inciter les émetteurs à réfléchir à leur politique boursière en matière de flottant et aussi trouver des mécanismes incitatifs pour fluidifier la rotation des titres stockés chez les institutionnels.
- Peut-on dire que la léthargie dans laquelles est installée la Bourse est derrière nous?
- Nous l’espérons en tout cas. Si le bilan des cinq dernières années ne semble pas très encourageant, une vision plus globale sur l’impact conséquent des réformes entamées depuis vingt ans de modernisation est au contraire fort honorable. Le meilleur benchmark, pour se mettre en perspective, est d’observer ce qui s’est passé durant cette même période chez nos voisins. Nous disposons aujourd’hui d’un marché financier structuré et solide qui a contribué pendant deux décennies au financement de l’Etat, des entreprises et à la mobilisation de l’épargne. La cote compte aujourd’hui des sociétés leaders sur un continent africain que tout le monde convoite. Ce n’est pas négligeable mais on peut faire nettement mieux. La crise a été salutaire, aujourd’hui notre marché est pleinement conscient de ses insuffisances et du travail qui reste à faire.
- Quatre années de crise et de baisse, ce n’est pas un peu long quand même?
- Il faut rester lucide et réaliste, on ne peut pas réclamer constamment des croissances à deux chiffres! L’évolution vertigineuse du marché en 2006-2008 a biaisé le comportement des investisseurs qui depuis demandent toujours plus de plus-value, plus vite. L’absence du prêt emprunt de titres et d’un marché à terme nous a beaucoup pénalisé car on ne sait pas gérer les périodes de baisse. Il faut dire que notre marché boursier marocain a la digestion lente. Il met du temps à se redresser mais cela présente l’avantage aussi de le préserver des corrections brutales et rapides. A mon sens, ce rythme reflète le comportement des acteurs locaux qui semblent privilégier les atterrissages en douceur, avec des cycles où s’alternent croissance et convalescence. Ce n’est pas le premier cycle et ça ne sera pas le dernier! Cela dit, le tassement de la croissance des sociétés cotées, les besoins croissants en fonds propres, la problématique de l’endettement de certains secteurs d’activité semblent avoir incité les investisseurs à la prudence, pour ne pas dire à la correction de la valorisation de certaines sociétés cotées. C’est une démarche saine et c’est la preuve même que le marché gagne en maturité.
- Qu’est ce qui pourrait, selon vous, accélérer une sortie de cette crise?
- La sortie de cette léthargie passe avant tout par un retour d’un cycle économique porteur et de résultats en adéquation avec les attentes des investisseurs, c’est un préalable incontournable. Je pense aussi qu’il est nécessaire de répondre aux autres attentes du marché, comme de nouveaux instruments pour améliorer la liquidité, des introductions en Bourse de qualité, un compartiment PME plus adapté à la réalité marocaine, un cadre réglementaire sécurisant, souple et évolutif. Le tout dans une nouvelle dynamique de réformes crédibles. Aujourd’hui, il y a un vrai travail de fond que nous menons depuis quelques mois en partenariat avec les autorités financières (Trésor, Bank Al-Maghrib, CDVM…) et par les autres acteurs du marché. Tout a été mis à plat, un dialogue serein et responsable est engagé et les éléments d’une vraie feuille de route stratégique se déclinent. C’est le meilleur moyen d’éviter le risque des réformes isolées et de réussir le défi de sortir avec un véritable «big bang». L’année 2014 doit être sous le signe de la rupture et le lancement de grands chantiers pour notre marché. Notre ambition de contribuer fortement au chantier Casablanca Finance City et ce grâce à une démarche collective ainsi qu’une forte impulsion politique. Pour nous, c’est la meilleure réponse au déclassement du MSCI. Nous militerons fortement en tant qu’APSB pour le lancement en 2014 d’un vrai pacte de développement du marché financier marocain car notre pays sait faire des réformes et les rendre effectives, mais nous n’avons pas le droit de rester les bras croisés.


Propos recueillis par  Moulay Ahmed BELGHITI

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