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Parfum de scandale à la fac de médecine

Par L'Economiste | Edition N°:4092 Le 13/08/2013 | Partager
Des étudiants inscrits sans avoir passé le concours
Les enseignants réclament une enquête approfondie

Chaque année, des milliers d’étudiants butent sur les conditions draconiennes d’accès aux études de médecine. Pour passer le concours, il faut justifier d’une moyenne d’au moins 16,5 au bac

C’EST une bombe à retardement. Des étudiants inscrits sans avoir passé par le filtre du concours. «Pour l’instant, nous pouvons confirmer qu’au moins 3 étudiants, deux en deuxième année et un autre en troisième, poursuivent leurs études alors qu’ils ne figurent ni sur les listes des candidats reçus ni sur les fameuses listes d’attente», révèle un professeur. Le secrétariat général de l’Enseignement supérieur confirme l’information qui met en émoi toute la fac. Le ministre a ordonné une enquête pour élucider tous les cas de fraude et identifier d’éventuels réseaux.
L’enquête n’a pas été aisée puisque les listes d’attente étaient difficiles à trouver. Professeurs et étudiants sont scandalisés. Comment a-t-on découvert le pot aux roses? «Depuis quelques mois, les enseignants ont commencé à recevoir des textos et des lettres anonymes, qui dévoilent l’existence d’étudiants n’ayant pas passé le concours d’admission», explique un enseignant sous couvert d’anonymat. Des membres du corps professoral ont ensuite discrètement vérifié la véracité des faits contenus dans les messages anonymes.
La sélection à l’entrée à la faculté de médecine est un processus très complexe. Pour être éligible au concours, le candidat doit justifier d’au moins 16,50 de moyenne au baccalauréat. Les «N» premiers reçus au concours sont admis d’office. Ce «quota» est fixé chaque année par arrêté ministériel. Une liste d’attente est ensuite constituée en cas de désistement parmi les étudiants admis de droit. Les étudiants qui viennent d’être épinglés par les enseignants ne figuraient sur aucune liste. Ce qui suppose qu’ils ont été inscrits de manière frauduleuse.
Selon une source à la faculté, c’est toute une «ingénierie de fraude» qui aurait permis à ces «passagers clandestins» de s’affranchir du concours. Dans un premier temps, ils commencent les études de manière clandestine. Ils ne sont inscrits officiellement qu’à la veille des examens ou de travaux pratiques. Entretemps, les listes d’attente ou celles des étudiants admis en début d’année disparaissent dans la nature.
A la présidence de l’Université Hassan II de Casablanca, on est persuadé que le cas de ces trois étudiants ne serait que la partie visible de l’iceberg. Les responsables espèrent que l’enquête en cours permettrait d’identifier les intrus, leur mode opératoire et de déterminer les responsabilités. Les investigations pourraient toucher plusieurs promotions. Si les faits sont avérés, ils feront l’objet d’une suite judiciaire. Les enseignants veulent aller plus loin et exigent que l’abcès soit crevé une fois pour toutes. Ils réclament une enquête approfondie sur les dysfonctionnements qui caractérisent la faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca.

Rumeurs et accusations pleuvent

L’ACCÈS de manière frauduleuse n’est pas le seul scandale que traîne la faculté de médecine. «Des parents d’étudiants dénoncent la facilité avec laquelle certains initiés arrivent à obtenir le code d’anonymat des examens de leurs enfants pour demander aux enseignants d’augmenter leurs notes», accuse un enseignant.
Le code d’anonymat permet d’identifier les copies d’examens puisque la partie comportant le nom est découpée pour que la correction se fasse en toute objectivité.
A la faveur de ce subterfuge, une note de 06/20, qui signifie échec, devient 10/20. Pis encore, des stages fictifs sont validés et des étudiants soutiennent même leur doctorat sans avoir passé les examens cliniques. Or, c’est une condition incontournable. Ce qui laisse croire que ces passe-droits bénéficient de complicités au sein de l’administration de la faculté. Le conseil de faculté a demandé une enquête sur ces dysfonctionnements pédagogiques. Pour le moment, plusieurs responsables ont été suspendus par précaution: le secrétaire général, le chef du bureau des examens et la chef du service de scolarité.

Hassan EL ARIF

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