Enquête

Désintoxication
Course contre la montre au centre de Salé

Par L'Economiste | Edition N°:4073 Le 12/07/2013 | Partager
22 lits et 300 patients traités

Plusieurs patients ont pu retrouver leur vie normale grâce à leur prise en charge par le Centre national de traitement, de prévention et de recherche en addictions de l’hôpital Ar-Razi de Salé créé en 2000. C’est le plus vieux centre dédié à cette spécialité

LE Centre national de traitement, de prévention et de recherche en addictions de l’hôpital Ar-Razi de Salé est doté d’une capacité d’accueil de 22 lits, nous confirme Abdellah Zekri, l’infirmier chef. Il comporte une unité de 16 lits pour hommes (4 lits pour la désintoxication et 12 lits pour la post-cure) et une unité de lits pour femmes (2 lits pour la désintoxication et 4 lits pour la post-cure). Rien que pour 2012, 300 patients ont été hospitalisés pour plusieurs cas de dépendances (drogue, alcool, cannabis…). Ils peuvent être hospitalisés pour un mois ou une quinzaine de jours, cela dépend des cas. En cas d’insertion, le patient doit débourser près de 300 DH la journée. Une prise en charge est assurée pour les mutualistes et ceux qui ont le Ramed.
Le Centre possède des chambres individuelles marquées en rouge et des chambres doubles en bleu. Le symbole de la couleur est important. Le rouge est destiné à la désintoxication: c’est une période critique puisque c’est là où le patient arrête les substances et des symptômes de sevrage apparaissent. Une fois ces signes disparus, le patient est transféré vers la chambre marquée en bleue.
Le Centre, construit sur deux étages, met à la disposition des résidents une bibliothèque, une salle de sports, une salle de jeux et de musique outre la salle de psychoéducation et de thérapie de groupe…  Parmi ses objectifs: aider les patients ayant un usage problématique de l’alcool et des autres drogues à se sevrer et à maintenir l’abstinence, à éviter la rechute et surtout à faciliter la réinsertion sociale. Au deuxième étage, il y a une unité de désintoxication et de post-cure pour les femmes où réside une seule patiente. Pour le moment, le Centre offre un traitement en ambulatoire et aussi en hospitalier. Il se donne également pour mission de participer à la formation, à la recherche et à la prévention dans le domaine des addictions. Il offre en outre un programme de traitement de substitution pour les usagers d’opiacés dans le cadre de la politique de réduction des risques.
Les activités au centre sont animées par des médecins, des infirmiers et des psychologues ayant chacun une mission bien spécifique. Le rôle des médecins consiste en la prévention de rechute et la psychoéducation. Quant aux infirmiers, ils s’occupent de l’éducation sanitaire, de la discussion en groupe et aussi à la lecture du contrat (règlement intérieur du centre pour organiser le séjour du patient). Vient enfin le rôle des psychologues pour la thérapie du groupe et les entretiens. Les autres activités sont concentrées sur les loisirs, la musique, le sport et le dessin…
Des jeunes psychomotriciens (un professionnel paramédical) font des activités d’expression corporelle et une thérapie du groupe. «Notre rôle est d’aider les patients à  développer leur estime et maîtriser leurs besoins», fait savoir ce jeune psychomotricien en blouse blanche. Il n’est pas d’ailleurs le seul puisque d’autres jeunes psychomotriciennes en stage de formation (lauréat de l’Institut de formation en carrière de santé (IFCS), assistent au quotidien les patients et leur apprennent les différentes techniques pour appréhender les situations du risque.
Ils peuvent ainsi communiquer positivement et gérer l’envie de re-consommer des drogues. Le métier de psychomotricien s’apprend aussi. C’est une branche médicale avec un niveau bac+3. Il existe aussi des infirmiers en addictologie.

 

F. Z. T.

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