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    Régions

    Marrakech Grand Prix
    Un nouveau modèle économique

    Par L'Economiste | Edition N°:4003 Le 04/04/2013 | Partager
    Le privé prend en charge les risques
    Les institutionnels apportent le soutien et l’encadrement
    La rentabilité au rendez-vous en 2014

    Pour Aly Horma, DG du Marrakech Grand prix, seul un partenariat public/privé permettra de pérenniser des manifestations du genre Marrakech Grand prix. Le privé libère l’Etat de la contrainte capitalistique liée à l’infrastructure et le public doit soutenir l’écosystème

    - L’Economiste: Quelle est la particularité de l’étape africaine du championnat WTCC?
    - Aly Horma: D’abord, une petite précision. Ce championnat met en compétition des voitures de tourisme, donc celles de monsieur tout le monde, mais en moteur de course.
    Le Maroc abrite une des 12 manches du championnat, la seule en Afrique et qui est aussi une des étapes soutenues par la Fédération internationale automobile (FIA). Ensuite, ce championnat appartient à un producteur de contenu, le groupe TF1/Eurosport. Ce qui en fait la deuxième épreuve automobile la plus regardée dans le monde, juste après la F1. Son audimat dépasse même les chiffres du mondial des rallyes. Enfin, une manche mondiale automobile entraîne également avec elle ce qu’on appelle des courses de support. C’est ainsi que Marrakech accueille en marge du WTCC, la Formule3000 (AUTOGP), la GT, et même une exhibition de Formule1, fait historique cette année.
    - Le but de l’événement ne se limite donc pas à l’aspect sportif…
    - La plupart des pays comme le nôtre font du sport-auto pour promouvoir une destination et pour créer de l’impact… Pour avoir l’État comme partenaire, il fallait que l’événement sportif soit de haut niveau et très médiatisé, afin que le tourisme puisse surfer sur la vague médiatique.
    - Vous êtes tout de même passé par des étapes d’incertitudes. Êtes-vous sûr du modèle économique aujourd’hui?
    - Oui. Parce que si le privé libère l’Etat de la contrainte capitalistique liée à l’infrastructure et particulièrement l’investissement nécessaire à la construction d’un Circuit international, il faut que derrière l’écosystème fonctionne. Aujourd’hui, l’événement est soutenu par le ministère de la Jeunesse et des Sports, mais aussi par le ministère du Tourisme et de l’Intérieur. Cela permet de donner confiance aux partenaires.
     - Comment sont vos relations avec les départements de tutelle? Et comment se traduit concrètement ce soutien institutionnel?
    - C’est plus une question d’approche que de conviction. Je n’ai jamais croisé de responsable qui ait remis l’événement ou le circuit en question. Tout le monde s’est toujours accordé à dire que ce Grand Prix créait plus de valeur ajoutée. Il fallait donc une meilleure redistribution de la valeur ajoutée afin de préserver l’écosystème. En ce qui nous concerne, le nouveau gouvernement a surtout apporté une démarche rigoureuse et réfléchie pour faire aboutir un mécanisme équitable où le privé continue à porter le risque et à organiser l’événement, et où l’Etat apporte son soutien et son encadrement pour qu’il y ait une continuité et un interlocuteur institutionnel, qui préserve et permette de développer les enjeux. C’est un privé qui a construit et a fait homologué le Circuit pour l’inscrire au Mondial automobile en 2009. Le Circuit a entre temps obtenu une homologation «grade 2» en 2010 pour accueillir la Formule2, un grade au dessous du grade Formule1. D’ailleurs cette année a été une double consécration pour le circuit puisque le président de la FIA, Jean TODT, et de celui de la Formule1, Bernie Ecclestone ont été réunis ensemble sur le circuit de Marrakech.
    - Finalement, quel sera l’apport financier des ministères et des partenaires institutionnels?
    - De manière globale, les partenaires ont pris en compte 3 éléments: l’investissement réalisé et porté par Marrakech Grand Prix, rubrique par rubrique; le coût annuel de l’événement; et l’impact économique et médiatique de l’événement sur la base d’un rapport de IFM, bureau d’étude allemand. Il a ensuite fallu voir avec chaque département la valeur ajoutée que représente l’événement et essayer d’établir une sorte de modèle à travers lequel chaque partenaire pourrait justifier un soutien à l’Association, avec laquelle les partenaires publics traiteront directement -et non avec Marrakech Grand Prix. Par exemple, il était cohérent que la Commune prenne en charge la remise en état du bitume sur la voie publique.
    - Pensez-vous réussir à trouver un équilibre cette année et ne pas perdre d’argent?
    Pas pour cette année. Mais peut-être en 2014. Pour l’heure, nous prenons et continuerons à prendre en charge 55 à 60 % du risque financier avec des montants incompressibles et importants pour ce genre de manifestations. Parmi les pistes identifiées pour rééquilibrer la situation, il y a les relations avec les instances internationales, le développement autour de nouvelles opportunités, l’exploitation du Circuit pour accueillir d’autres manifestations. Le site a eu l’honneur d’accueillir un Concert de Mawazine en 2011, un lancement mondial de Range Rover en 2013, une école de Pilotage de Alfa Romeo, et même une course du Championnat national cette année.


    Propos recueillis par  Badra BERRISSOULE

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