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Liberté d’expression sur le Net: Les nouvelles techniques de «déconnexion»

Par L'Economiste | Edition N°:3971 Le 19/02/2013 | Partager
Filtrage, censure, les pratiques de contrôle s’intensifient
Les gouvernements préparent des lois pour réglementer l’internet
Les utilisateurs et défenseurs de libertés civiques militent pour un débat

Au Maroc, l’introduction de la 3G a fortement contribué à l’augmentation du parc d’abonnés internet et qui est de 4 millions. Le nombre d’utilisateurs est lui estimé à 16 millions

A L’ORIGINE, en 1989, c’était pour être connecté entre chercheurs qu’internet a été créé. A l’époque Tim Berners-Lee, son inventeur, était chercheur au CERN de Genève, le laboratoire européen de physique des particules. Il a conçu ce projet pour permettre aux utilisateurs de travailler ensemble en alliant leurs connaissances au sein d’un réseau de documents hypertexte.
Aujourd’hui, la bulle internet connaît près de 2,2 milliards d’utilisateurs dans le monde - plus d’un quart de la population mondiale. Et la croissance devrait être encore plus importante dans le futur. Les utilisateurs ne seront que plus nombreux une fois les équipements informatiques, insiste Aziz Hilali, président du Misoc (Moroccan Internet Society). Plus le nombre d’utilisateurs augmente, plus les enjeux grandissent pour cet instrument -qui n’est l’apanage d’aucune institution. Internet, du fait même de sa structure, est un outil de communication et de liberté d’expression très puissant, et échappe ainsi, pour une large part, au contrôle étatique. Et les gouvernements de nombreux pays, inquiets de la mise en péril de leurs pouvoirs par l’outil de communication offert par internet, essayent d’y appliquer une politique de contrôle.
Une étude de l’Unesco sur les libertés de connexion et d’expression relève l’intensification des pratiques de filtrage et de blocage des sites web par les pouvoirs publics depuis 2002. Aux avancées technologiques qui ont pu élargir l’accès internet, se sont ajoutées d’autres techniques dont l’objet est de contrôler les flux d’information sur ces réseaux.
Des innovations stimulées, indique le rapport par la nécessité de lutter contre les spams et pour bloquer les contenus jugées indésirables par les parents, les sociétés commerciales… Or ces filtrages peuvent être effectués par l’utilisateur et c’est ce que demande les défenseurs des libertés civiques. «Il importe d’encourager le débat et la réflexion sur le juste équilibre entre la liberté d’expression et d’autres droits fondamentaux dans le cyberespace comme le droit à la propriété intellectuelle, le droit à la vie privée et la protection des mineurs», souligne William Dutto d’Oxford Internet Institute, qui a co-rédigé le rapport de l’Unesco. C’est le principal message du colloque sur la Liberté de connexion et liberté d’expression organisé le week-end dernier à Marrakech par l’Unesco et le Misoc et dont L’Economiste était partenaire. Le timing de cette rencontre n’est pas fortuit.
Le ministère marocain de la Communication penche actuellement sur un projet de loi pour réglementer l’utilisation de l’internet. Au cœur de cette réglementation, la presse électronique qui s’est développée ces dernières années.
Le nouveau dispositif permettra de «concilier évolution quantitative que connaît le secteur et développement qualitatif», tient à préciser Mohamed Belghouate, directeur des études et de développement des médias au ministère de la Communication. Ce texte juridique reconnaît la presse électronique et garantie la liberté journalistique sur la Toile. Il précise aussi les responsabilités juridiques qui seront désormais partagés entre le directeur responsable de la publication électronique, le journaliste et le rédacteur en chef.
A noter que la mouture de la loi a été soumise pour approbation à la commission scientifique chargée de mener le dialogue en vue d’élaborer le code de la presse et de l’édition. Pour la représentante de l’Unesco, Misako Ito, conseillère régionale pour la communication et l’information de l’Unesco, il faut surtout s’éloigner des tendances juridiques et réglementaires qui pourraient entraver la liberté d’expression en ligne.
Au Maroc, le nombre d’utilisateurs d’internet a dépassé les 16 millions avec un taux de pénétration de 51% estime le Misoc. D’après l’ANRT, les internautes ont un usage accru des réseaux sociaux et de la messagerie instantanée.
L’introduction de la 3G a été pour beaucoup dans cette croissance. «Sur près de 4 millions d’abonnés actuellement, près de 83% utilisent les connexions 3G mobile», indique Abdelaziz Tib, responsable de la mission réglementation de l’ANRT (Agence nationale de réglementation des télécommunications).

Les mauvais élèves 

DE plus en plus d’Etats ont pris des mesures pour bloquer ou réguler l’internet, relève le rapport de l’Unesco qui s’est basé sur les indicateurs de l’Open Net (projet qui étudie le filtrage d’internet). Alors qu’en 2002, à peine une poignée bloquait les contenus en ligne, en 2007, 40 pays au moins sont recensés.
Ces Etats se répartissent entre l’Asie de l’Est, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Et les plus mauvais élèves sont la Chine qui dispose d’un système de filtrage pour censure des plus évolués, le Vietnam, le Pakistan, la Corée du Sud, le Sri Lanka.
Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, le blocage des sites web est monnaie courante, indique le rapport, en particulier en Syrie et en Iran. Sur le continent africain, l’absence d’accès à l’internet est le principal obstacle à la liberté d’expression.

 

B. B.

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