×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

Internet est incontrôlable

Par L'Economiste | Edition N°:3971 Le 19/02/2013 | Partager
Difficile de réglementer un instrument qui n’a pas de frontières
Toute législation doit respecter d’abord le droit à l’expression sur le Net

Aziz Hilali, président du Misoc (Moroccan Internet Society), rappelle que cet instrument a été inventé et est contrôlé par les utilisateurs. Ni l’Uit (Union internationale de télécommunication), ni l’instance de standardisation de l’internet n’ont le pouvoir sur cet outil 

- L’Economiste : Quel est l’avenir d’internet?
- Aziz Hilali
: Nul ne le connaît. Internet est un instrument qui a connu une croissance fulgurante et surprenante.
Nous sommes aujourd’hui 2 milliards et 200 millions d’internautes et demain, nous serons encore plus nombreux une fois les équipements en informatique généralisés. Internet n’a pas de frontières et est par définition une liberté qu’il sera difficile de réglementer. Si une approche de régulation devait être envisagée, elle devrait aller vers la protection de cette liberté d’expression sur le Net et qui est un droit reconnu par l’ONU et non pas se diriger vers la censure.
- Vous avez co-initié un débat en partenariat avec l’Unesco sur la liberté d’expression sur internet. Craignez-vous une réglementation qui peut remettre en cause cette liberté?
- Pour une fois les utilisateurs se sont retrouvés partie prenante de ces débats initiés autour d’internet et surtout de la liberté d’expression de ce canal qui n’est l’apanage de personne. Du fait même de sa structure, c’est un outil de communication et de liberté d’expression très puissant, qui échappe, pour une large part, au contrôle étatique. De nombreux Etats inquiets de la menace sur leur pouvoir tentent par tous les moyens d’appliquer une politique de contrôle.
Les pays qui pensent mettre en place une régulation (et le Maroc en fait partie) doivent prendre conscience de la complexité de la question. D’abord, on ne peut rien réglementer sur internet car une réglementation dans un pays sera contradictoire avec celle d’un autre pays. Par contre, on peut réfléchir à une déontologie de l’utilisation de cet outil, mesurer les enjeux pour une meilleure gouvernance. Et là, il y a des actions à entreprendre pour la protection des données privées, la protection de l’enfance, les spams qui empoisonnent les bandes passantes…

 

- Existe-t-il des organismes qui gèrent internet?
- Personne. Aucune institution n’a un pouvoir sur internet. Ce sont les utilisateurs qui gèrent et qui sont derrière le développement d’internet. Cet instrument a été inventé et est contrôlé par les utilisateurs. Ni l’Uit (Union internationale de télécommunication), ni l’instance de standardisation de l’internet n’ont le pouvoir sur cet outil. Ils aimeraient bien pourtant avoir le contrôle sur cet instrument dont les enjeux sont de plus en plus importants.
La seule institution qui a la main sur internet est l’Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) qui gère les noms des domaines. C’est pour ces raisons que la gouvernance de l’internet est discutée chaque année lors d’un Forum sur la gouvernance de l’internet créé suite à la demande des participants au second Sommet mondial sur la société de l’information de Tunis en 2005.

Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc