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    Enquête

    Dans les coulisses du Parlement : Comment la «rébellion» s’est mise en marche

    Par L'Economiste | Edition N°:3969 Le 15/02/2013 | Partager

    Aftati ou le «pistoléro» du PJD

    Abdelaziz Aftati est le nouveau «pistoléro» du PJD. L’actuel député d’Oujda, vieille connaissance locale, a commencé à se faire un nom au-delà de la région de l’Oriental, particulièrement par ses interventions  inopinées au sein de l’hémicycle. Mais c’est sa sortie sur les primes de l’ancien ministre des Finances qui l’avait propulsé au devant de la scène. Dans le sillage de cette affaire de primes, qui avait occulté la hausse des prix des carburants, il avait réclamé la transparence et le contrôle du Parlement sur ces dotations dont la gestion est opaque. Cette bataille avait abouti à un amendement de la loi de finances pour intégrer tous les fonds du Trésor dans le budget, et ce, à partir de 2014. Abdelaziz Aftati a encore fait parler de lui lors de la discussion  des budgets sectoriels, particulièrement celui du Cabinet royal. Alors qu’habituellement cette partie est adoptée à l’unanimité, parfois sous des applaudissements, le député d’Oujda a créé la surprise.  Pour lui, «sans débats, le budget reste tabou». Alors, il avait réclamé à Najib Boulif, ministre des Affaires générales et de la Gouvernance, qu’un responsable de l’exécution de ce budget vienne au Parlement pour expliquer et donner des détails sur ces dépenses. «Il s’agit de lever toute ambiguïté. Pour les institutions ayant un consensus général comme la monarchie et l’armée, le débat doit être responsable et dans un cadre sérieux», dit-il. Selon lui, «il est temps de démystifier toutes ces questions et créer, pour l’avenir, des traditions de débats sur des institutions suscitant un large accord dans l’opinion publique et au sein de la société civile». Avec ces échappées, Abdelaziz Aftati cherche-t-il à faire pression sur son camarade Benkirane pour devenir ministre? Il jure ne pas caresser cette ambition.

    Revue des troupes

     

    Ainsi, Rachid Talbi Alami a fait sortir son groupe  parlementaire du RNI de sa somnolence, en le plaçant sur orbite. Lors des débats sur la loi de finances, l’ancien ministre s’est distingué par le sérieux de ses interventions et le pragmatisme de ses propositions d’amendements. Ses adversaires les plus farouches de la majorité lui reconnaissent ces qualités. Il est d’ailleurs l’un des rares anciens ministres à s’engager dans la conduite d’un groupe parlementaire et à faire preuve d’assiduité. En plus, Rachid Talbi Alami organise le travail autour de lui. C’est sous son mandat que la commission de la justice et la législation a mené une mission d’information sur  la prison de Oukacha, dont le rapport explosif est encore dans les mémoires. Visiblement, Rachid Talbi Alami s’inscrit dans la dynamique démocratique enclenchée dans le pays. D’ailleurs, c’est son groupe le RNI qui présenté la première proposition de loi organique discutée en commission.

    Sur un autre registre, Khalid Sbaï, député istiqlalien de Taourirt, n’est pas un tendre. C’est son premier mandat et déjà ses interventions au sein de la commission des finances ou en plénière décapent. La fougue de cet ancien cadre du ministère des Finances tranche avec le discours convenu des parlementaires. L’homme est direct. Sur les fonds particuliers des directions générales du ministère des Finances, il a réclamé de la transparence et la fixation de critères clairs pour l’octroi des primes. Pour lui, il faut que le Parlement regarde de plus près dans les fonds d’autres ministères. Idem pour les instances qui relèvent du Chef de gouvernement. Il a été l’un des ardents défenseurs de la réduction draconienne du budget du Conseil de la communauté marocaine de l’étranger dont le président Driss El Yazami a été présenté comme celui qui n’a pas daigné répondre aux convocations à venir s’expliquer devant les parlementaires.

    Hassan Tariq, député de l’USFP à la faveur de liste des jeunes, a été très actif au sein de la commission de la justice, la législation et des droits de l’homme. Ses interventions ont enrichi le débat au sein de cette commission. En plénière, il joue un rôle dynamique lors des questions orales hebdomadaires.
    On a encore en mémoire l’échange sulfureux avec le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement. Avec d’autres comme Mehdi Mezouari et Ali El Yazghi, cet ancien membre du bureau politique du parti a donné un coup de pouce au groupe parlementaire de l’USFP, présidé par Ahmed Zaïdi.

     

    Les femmes rares mais efficaces

    LA Chambre des représentants compte 67 femmes députées dont l’écrasante majorité (60) est issue de la liste nationale. Par contre, elles sont à peine sept à être élues dans leur circonscription (dont Yasmina Baddou, Mbarka Toutou, Iâtimad Zahidi, Souad Boulich, Saïda Chakir, Fatima Zhara Mansouri et Jamila Afife). Dans les instances électives de la Chambre, elles sont aussi représentées. Ainsi, au niveau du bureau, elles sont deux vice-présidentes, Khadija Rouissi (PAM) et Chrafate Afilal (PPS), qui dirigent les séances plénières lorsque le président Karim Ghellab est absent. Au bureau de la Chambre,  Jamila Moussali (PJD) est la secrétaire. Guejmoula Ebbi, membre du bureau politique du PPS, préside la commission de l’enseignement, de la culture et de la communication. En dépit des critiques formulées sur le caractère «non démocratique de la liste des femmes», elles ont bel et bien créé une nouvelle dynamique au sein de la Chambre des représentants.

    Dans les débats, leur participation est jugée positive.  Elles ont en effet apporté une plus-value dans le traitement des dossiers, particulièrement ceux relatifs aux femmes ou aux affaires sociales. Khadija Rouissi a, par exemple, laissé ses empreintes dans les discussions au niveau de la commission de la justice et la législation. Ses interventions, particulièrement sur des sujets ayant trait aux droits de l’homme et aux prisons, ont marqué les esprits. Hasna Abou Zeid, députée de l’USFP, a apporté de nouveaux éclairages, particulièrement dans les débats sur la question de l’intégrité territoriale. Najat Louafi (PJD) est incollable sur les dossiers des MRE.

     

    M.C

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