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Evénement

La majorité tente de sauver sa peau

Par L'Economiste | Edition N°:3964 Le 08/02/2013 | Partager
Une réunion décisive vendredi 15 février
Au menu, le mémorandum de l’Istiqlal
Dans un contexte de crise, la priorité aux dossiers économiques

La réunion de la majorité le 15 février sera décisive. Abdelilah Benkirane et Hamid Chabat vont-ils enterrer la hache de guerre pour aller à l’essentiel: le redressement de la situation économique

APRÈS plus d’un mois de silence radio, Abdelilah Benkirane a décidé de convoquer une réunion des patrons de sa majorité vendredi prochain. Les effets de la douche froide du mémorandum de l’Istiqlal sont amortis, il est temps de passer aux choses sérieuses. Le chef du gouvernement ne peut pas indéfiniment ignorer les doléances de son principal allié, sauf à vouloir provoquer une crise politique. Déjà, il y a un certain blocage au niveau de l’exécutif. A l’exception du PJD, les autres partis de la majorité critiquent la lenteur de l’action gouvernementale. Le communiqué du dernier bureau politique du PPS a été alarmant sur la situation de la majorité. Surtout que l’initiative de bons offices, entreprise par son secrétaire général Nabil Benabdallah, pour rapprocher les positions de Benkirane et de Chabat, n’a pas porté ses fruits tellement les divergences sont criantes. «Dans les discussions entre l’Istiqlal et le PJD, nous n’avons pas besoin de l’intermédiation d’un autre parti. Ce qui compte, c’est la situation économique et la réussite du gouvernement pour la stabilité», souligne un haut responsable de l’Istiqlal. 
Aujourd’hui, beaucoup d’espoirs sont placés dans la réunion du 15 février, qualifiée de décisive pour la survie de cette majorité. Après la forte tension née de la publication du mémorandum de l’Istiqlal et de la qualification de Benkirane de Morsi du Maroc, la reprise de contact pour un dialogue politique entre les deux principales composantes de la majorité, est un signe de maturité Abdelilah Benkirane et Hamid Chabat vont-il enterrer la hache de guerre et retrousser leurs manches pour vaquer au plus pressé? En tout cas, ils doivent en méditer les graves dérapages que connaît la Tunisie. Le désordre est tel que ce pays vient de connaître son premier assassinat politique. Au Maroc, il faudrait faire preuve de calme, et surtout cesser de souffler sur les braises. Aujourd’hui, il s’agit de relancer la machine et faire fonctionner la majorité, en introduisant de nouveaux mécanismes à la Charte politique signée par les patrons des quatre partis. Dans ce domaine, le mémorandum de l’Istiqlal a fait des propositions concrètes. L’ordre du jour de cette réunion ne pourra pas ignorer ce point. Ainsi, Hamid Chabat propose d’institutionnaliser des réunions périodiques de la coalition pour que les grandes décisions soient prises par l’ensemble des alliés et non par un ministre en aparté, ou un parti tout seul. Une manière de donner une force politique au gouvernement et à la majorité. En outre, l’approche participative est absente du travail du gouvernement. Il faudra y remédier pour que le PJD ne soit plus accusé de prendre les décisions comme s’il était tout seul à bord. L’Istiqlal veut également inclure dans la Charte la gestion des différends au sein de la majorité, les procédures à suivre pour demander un remaniement ministériel, les relations avec l’opposition dont la place est rehaussée par la Constitution. Dans un contexte de crise, les dossiers économiques doivent être prioritaires. Il faudra s’attaquer sérieusement aux réformes de la compensation et des retraites, avec des objectifs précis et des calendriers de mise en œuvre. Déjà sur ces deux grands sujets, les positions des deux principales formations sont éloignées. La preuve, le discours de Adil Douiri, ancien ministre et membre du bureau exécutif de l’Istiqlal, prononcé devant le Forum de Paris - Casablanca Round, a été un véritable réquisitoire contre ce gouvernement, surtout contre le PJD, accusé de vouloir instrumentaliser la réforme de la Compensation, via les aides directes, pour des objectifs politiciens et doubler ainsi sa base électorale (cf. notre édition du jeudi 7 février).

Remaniement, le sujet qui fâche

 

Un grand sujet qui fâche, le remaniement ministériel exigé par l’Istiqlal. Le deuxième parti de la coalition gouvernementale veut revoir son casting et certains de ses portefeuilles qu’il juge ne pas être à la hauteur de son poids politique. Chez les autres alliés, il n’y a pas d’urgence à aborder cette question. Au PPS, on évacue ce point de l’ordre du jour de la prochaine réunion de la majorité. Motif invoqué: les tensions sont vives pour le prévoir. Qu’importe, si le chef du gouvernement n’arrive pas à se mettre d’accord avec l’Istiqlal, le Maroc se trouvera dans une crise politique. Surtout, Hamid Chabat compte soumettre la question de rester au gouvernement ou en sortir au prochain conseil national de son parti qui se tiendra en avril prochain. Auquel cas, il faudra lui trouver un remplaçant. Dans les coulisses, les yeux se tournent vers le RNI.

 

Mohamed CHAOUI

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