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Evénement

Forum de Paris - Casablanca Round
DSK: «Les banques marocaines doivent se mondialiser»

Par L'Economiste | Edition N°:3963 Le 07/02/2013 | Partager
Beaucoup d’opportunités pour Casa finance City
La crise aurait été plus facile à résoudre si l’Europe disposait d’institutions communes
L’Europe également responsable de la crise grecque

Les pays qui bénéficient des taux les plus faibles doivent remettre dans le pot une partie de cet écart de taux de telle sorte que la facture des autres pays soit allégée 

Dominique Strauss-Kahn, ex-patron du Fonds monétaire international (FMI), a été l’invité du Forum de Paris-Casabanca Round organisé par L’Economiste pour la deuxième année consécutive. DSK a présenté la leçon finale du Forum qui a traité des opportunités de la crise. Dans cet entretien, DSK présente le renforcement de l’intégration au sein de l’Union européenne comme solution à la crise. Strauss-Kahn est également très optimiste pour le développements du pôle financier de Casablanca. 

 


- L’Economiste: Quelle évaluation faites-vous du secteur financier marocain?
- Dominique Strauss-Kahn: Il ne se porte pas mal. Par contre, il faudrait qu’il soit davantage intégré dans la mondialisation. Il s’agit de faire en sorte que les obstacles vis-à-vis des pays du Maghreb et de l’Afrique soient levés. La place financière de Casablanca est une scène qui m’intéresse beaucoup comme espace de travail. Le Maroc dispose d’opportunités pour devenir une place financière régionale. 

- Pour  François Hollande, un euro fort ne correspond plus à l’état actuel de l’économie européenne. Partagez-vous cette position?
- Il est vrai que l’Europe n’a besoin ni d’un euro fort, ni d’un euro faible, mais d’un euro qui correspond à sa juste valeur.  Je constate que depuis des années, avec des fluctuations qui sont relativement peu importantes, l’euro reste à peu près stable entre 1,25 et 1,35 dollar. Cela correspond plus ou moins à sa valeur d’équilibre.

 

-Est-ce que vous plaidez également pour un budget européen commun?
-Il est très important que la crise serve à l’Europe pour avancer dans le sens de son intégration. Pour répondre à la question posée par le Forum de Paris organisé par L’Economiste sur les opportunités de la crise, la solution diffère d’une région à l’autre. Pour ce qui est de l’Europe, la véritable opportunité est de faire de la crise un outil qui dirige vers plus d’intégration. Il ne faut pas rester au milieu du gué comme c’est le cas avec une monnaie unique et en même temps peu d’institutions budgétaires communes. La crise aurait été plus facile à résoudre si l’Europe disposait de plus d’institutions communes.

- Le FMI est également montré du doigt sur la politique d’austérité imposée à certains pays comme la Grèce…
- Ce qui est montré du doigt, c’est l’austérité lorsqu’elle n’est pas nécessaire. Pour les différents partenaires qui se sont penchés sur le malade grec, il est clair que c’est le FMI qui a poussé le plus à la croissance et le moins à l’austérité. Il est vrai que l’effort demandé à la Grèce était impossible à réaliser. Il faut que les pays européens acceptent de prendre en charge les pertes. Cette situation découle de la mauvaise gestion du gouvernement grec mais également du manque de surveillance des européens. La responsabilité est partagée. Dès lors que les autres pays européens voulaient que la Grèce paie toute seule, l’équation était insoluble. 
- Quelles sont les différences entres la situation en Grèce et en Espagne?
- Les deux économies ne sont pas de la même taille. La Grèce représente à peine 2% du PIB de la zone euro. La solution était plus facile à trouver puisque les montants étaient inférieurs à ceux de l’Espagne, pays très vaste et totalement différent. En Espagne, le problème vient des banques qui ont besoin d’être recapitalisées. C’est davantage le système financier qui est en difficulté que les finances publiques.   

 

- Pourquoi proposez-vous que les pays comme l’Allemagne et la France qui s’acquittent de taux d’intérêt faibles reversent le différentiel?
- Dans une zone monétaire unique comme l’euro, il devrait y avoir un seul taux d’intérêt. Le fait que les taux intérêt diffèrent entre d’un côté l’Espagne et l’Italie et la France et l’Allemagne d’un autre est un signe de mauvais fonctionnement. Les pays qui bénéficient des taux les plus faibles doivent remettre dans le pot une partie de cet écart de taux de telle sorte que la facture des autres pays soit allégée.

Un régulateur des agences de notation

 

Standard & Poor’s est montrée du doigt par la justice américaine. «Il s’agit de la première fois que les agences de notation sont mises en cause sur la qualité de leur travail. Je pense que les agences sont des institutions utiles. Mais le fait qu’il y en a principalement trois crée une sorte d’oligopole où la concurrence ne joue pas vraiment», souligne DSK. Par ailleurs, personne ne contrôle les agences de notation alors qu’elles ont un rôle important dans la diffusion de l’information. Pour que les marchés fonctionnent correctement, l’information est une condition indispensable. Or, les agences font circuler de l’information sur les entreprises et sur les pays en évaluant leur santé sans qu’elles soient, elles-mêmes,  contrôlées. «Il faut mettre en place une structure de supervision de ces agences, faute de quoi la justice s’en chargera. J’ai quelques projets qui abondent dans le sens de la création d’une agence de notation des agences de notation», annonce Strauss-Kahn.

Propos recueillis par Chaib Hammadi (Pour Atlantic Radio)

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