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Evénement

Forum de Paris - Casablanca Round
Douiri: «La décompensation, un achat des voix!»

Par L'Economiste | Edition N°:3963 Le 07/02/2013 | Partager
Le cadre politique qu’offre la Constitution n’est pas bien exploité
L’Istiqlal, pas responsable des décisions auxquelles il n’a pas été associé

Adil Douiri, est à la fois président de l’Alliance des économistes istiqlaliens et ancien ministre du Tourisme. Sa sortie au Forum sur les choix politiques et économiques du gouvernement (sachant que son parti y est associé) a été très remarquée. Pour lui: «La décompensation non conditionnée et sans contrepartie est une fausse route» 

Adil Douiri, président de l’Alliance des économistes istiqlaliens et ancien ministre du Tourisme a lancé un pavé dans la mare en accusant le gouvernement de privilégier davantage son programme électoral par rapport aux réformes économiques. Adil Douiri fait allusion notamment aux scénarios de la décompensation qui s’appuieraient sur une aide directe, sans aucune condition ni contrepartie. La bataille des communales semble bien partie!

 

- L’Economiste: Quel regard portez-vous aujourd’hui sur la situation économique?
- Adil Douiri:
Si le PIB par tête du Maroc a doublé en 10 ans, c’est bien parce que nous avions des stratégies économiques claires et une capacité de les mettre en œuvre sur le moyen et long terme. Aujourd’hui, le Maroc n’est pas suffisamment avancé sur le chemin du développement pour ne pas prendre au sérieux les enjeux majeurs relatifs à ses déséquilibres macroéconomiques. Nous sommes dans l’attentisme face aux dangers qui nous guettent et le gouvernement ne semble pas en être conscient. En atteste la situation de nos réserves de change. Elles sont passées de 220 milliards de DH à l’été 2008 à environ 130 milliards de DH aujourd’hui. 

- Que reprochez-vous au modèle de gouvernance actuel, auquel votre parti est également associé?
- Les acquis de la Constitution qui tracent un cadre favorable à la mise en place d’une bonne gouvernance ne sont pas bien exploités par le gouvernement actuel. Nous n’avons pas constaté, à ce jour, une quelconque mobilisation de sa part. Aucun plan d’actions précis et focalisé sur un certain nombre de projets et d’initiatives n’a été mis en place pour corriger sur les 4 prochaines années les déséquilibres macroéconomiques qui nous emmènent vers un accident économique majeur.
Le Parti de l’Istiqlal a adressé dans ce sens un mémorandum à la coalition gouvernementale pour qu’il soit associé aux grandes décisions politiques et économiques. Nous ne pourrons pas assumer les conséquences de décisions auxquelles notre parti n’a pas participé.

 

- Rien ne semble trouver grâce à vos yeux, ni la levée de fonds à l’international, ni la ligne de précaution et de liquidité du FMI…
- C’est bien plus complexe que cela. L’emprunt à l’international de 1,5 milliard de DH et l’obtention de la part du FMI de la Ligne de Précaution et de Liquidité (LPL) sont des programmes urgents et nécessaires à la survie de notre situation économique au risque de courir le danger éminent de l’effritement des réserves de changes. Il fallait emprunter à l’étranger, c’est une nécessité. Maintenant au-delà des levées de fonds à l’international, il s’agit de mettre en œuvre des mesures économiques suffisamment soutenables afin de rétablir, sur les 3 à 4 prochaines années, les déséquilibres macroéconomiques qui nous emmènent droit dans le mur. 

«Une aide directe sans
condition aux ménages n’est pas soutenable
économiquement»

- Le schéma de la réforme de compensation proposé est-il en adéquation avec le contexte socio-économique?
- C’est obligé! La réforme de la Caisse de compensation doit se faire et d’une manière progressive. Les propositions faites jusqu’ici par le gouvernement ne sont pas suffisamment mûres. Nous sommes inquiets quant au modèle de la décompensation. Le parti qui dirige le gouvernement insiste pour distribuer à 2 millions de Marocains une aide directe, sans aucune condition ni contrepartie à partir de l’été prochain. Ce n’est pas soutenable économiquement puisque ce programme de subvention pourrait être entamé sans que l’on ne sache quand est ce que nous pourrions l’achever puisqu’il n’est pas conditionné.
Nous avons déjà des programmes d’aide directe, mais clairement conditionnés, comme le programme Tayssir qui verse un certain montant par enfant dans les régions démunies sous condition d’assiduité de l’enfant à l’école. C’est très différent d’un revenu sans contrepartie ni conditions, ni échéance. Les scénarios de réforme proposés ressemblent à un argument électoral plutôt qu’à une vraie réforme. La course aux voix des électeurs aux prochaines communales et ensuite législatives est en train de gagner du terrain sur les enjeux majeurs du pays tels que la réforme de la caisse de compensation. 


Propos recueillis par  Btissam ZEJLY

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