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    Enquête

    Industrie du cinéma
    De l’idée à la salle... la galère!

    Par L'Economiste | Edition N°:3939 Le 28/12/2012 | Partager
    Fonds du CCM, coproductions, contrats de préachat: les principales sources d’argent
    Cachets: de 20.000 DH à 1.000.000 DH pour le réalisateur
    En attendant les sorties en salle, les festivals font vendre les films

    Lorsque le film est prêt, il doit attendre son tour pour être à l’affiche dans les cinémas. Entre-temps, il se fait un nom grâce aux festivals, et éventuellement aux prix qu’il y remporte

    LORSQUE vous voulez réaliser un film, l’étape numéro un est de monter un dossier en béton, avec un maximum de références et de détails vendeurs, un bon scénario, et tout ce qui peut intéresser un acheteur ou un mécène potentiel. Premier bailleur de fonds potentiel, le fonds d’aide du Centre cinématographique marocain (CCM). Ce fonds a changé de nom en changeant de stratégie. Le CCM l’a rebaptisé «avance sur recette», puisque les producteurs sont tenus de lui reverser une partie des bénéfices de leur film subventionné. Une bonne technique pour renflouer les caisses. D’ailleurs, cet organisme réussit un surprenant pari: la quasi-totalité des artistes interrogés pour les besoins de cette enquête louent son travail sérieux. Même les blocages (et il y en a eu un cette année qui a momentanément gelé plusieurs tournages) ne lui sont pas sévèrement reprochés. Mais attention, le CCM ne donne pas sans compter. Les producteurs sont dans l’obligation légale de lever le tiers du montant qui leur a été accordé ailleurs. Dans les faits, ces fonds sont levés via des coproductions ou des contrats de préachat. On peut par exemple solliciter un autre producteur national ou international qui prend des parts dans le film, et qui l’exploite au même titre que le producteur principal, au prorata de son apport. Les chaînes de TV peuvent soit signer des contrats de coproduction, soit des accords de préachat. Mais il est d’usage qu’elles attendent les premières images du film pour voir s’il correspond à l’idée qu’elles s’en font et à leur grille des programmes avant de signer. Le suspense peut donc durer assez longtemps.
    Une fois la question du financement bouclée, c’est au tour de la préparation et du tournage. Il faut d’abord préparer les autorisations de tournage. Si c’est dans des lieux privés, cela reste à la discrétion des propriétaires. Ils sont généralement remerciés et nommés dans le générique. Si c’est un lieu public, il faut une autorisation de tournage du CCM, et une notification des autorités locales, que ce soit la wilaya, le gouvernorat ou le pachalik. Cela permet de mettre en place les dispositions de sécurité nécessaires, surtout lorsque le tournage se tient dans des zones à forte affluence, et peut perturber le trafic. Des fois, une présence policière est indispensable pour permettre à l’équipe de tournage de travailler en toute sécurité (puisqu’il y a des équipements qui coûtent très cher), et aux citoyens de pouvoir circuler librement.
    D’après Hicham Naciri, producteur chez Hemera Films, le coût global d’un film de budget moyen varie entre 4 et 8 millions de DH. Le réalisateur, lui, négocie son forfait. «C’est la cheville ouvrière du film, le personnage principal de la trame de l’histoire», estime Hicham Naciri. Son cachet à lui peut donc aller de 20.000 DH  à 1.000.000 DH, selon les cas.
    Pour les acteurs, le montant de leur rémunération dépend de l’importance de leur rôle et de sa durée. Les deux sont d’ailleurs souvent corrélés. Ainsi, le comédien est tenu de rester en raccord d’image pour la durée du tournage. Il est dans l’obligation de garder son apparence physique telle quelle, de sa barbe à son poids, en passant par son teint. Du coup, il ne peut pas prendre d’autres projets en parallèle, ce qui explique ses indemnités qui peuvent être assez importantes. Ça peut varier de 2.000 DH par jour à 8.000 ou 9.000 DH, selon les cas.
    Attention, insiste Naciri, si le rôle est court mais important, le cachet reste intéressant, au prorata de la durée. «Il ne peut pas y avoir un rôle qui porte le film et qui soit mal rémunéré, ce serait de l’exploitation».
    La tradition au Maroc voudrait que les figurants soient entièrement pris en charge sur le plateau, nourris et transportés, et leurs indemnités peuvent varier de 200 à 500 DH par jour, en fonction du rôle. Si on leur demande de venir avec un vélo par exemple, il ne s’agit plus de simples figurants mais de silhouettes intelligentes, et les indemnités grimpent jusqu’à 800, voire 1.500 DH par jour.
    Pour les équipes techniques, le CCM a établi un barème des salaires. Ainsi, les chefs de poste (costumier, électricien…) sont payés 6.000 à 8.000 DH par semaine. Leurs seconds sont rémunérés à hauteur de 4.000 à 5.000 DH, et 3.000 à 3.500 DH pour les troisièmes.

    Le film est prêt, et après?

    Financé et tourné, votre film est prêt. Il peut enfin commencer son circuit d’exploitation. Il transite d’abord par les festivals, avant d’être exploité en salle. Il y a un line up (file d’attente) sur les salles de cinéma, le temps que les films précédents passent. Alors, pour patienter, votre film fait le tour des festivals. Là, il y a véritablement des marchés du film. Ce sont des exploitants nationaux ou internationaux, voire même des distributeurs qui sont là pour acheter les films ou les exploiter en DVD, dans des festivals, dans le cadre d’une projection spéciale

    Rime AIT EL HAJ

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