×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Enquête

    Paroles de stars

    Par L'Economiste | Edition N°:3939 Le 28/12/2012 | Partager

    Hakim Noury
    «La SNRT ne produit plus, 2M est en pleine déliquescence, la deuxième session du fonds d’aide a été reportée, la télé est bloquée, le cinéma est bloqué, rien ne va plus!». C’est en ces termes que Hakim Noury décrit le paysage cinématographique marocain. D’ailleurs, tout en répondant au téléphone, il faisait ses bagages pour d’autres horizons. Heureusement, tout le monde ne broie pas du noir dans ce domaine. Ironiquement, la dernière génération est porteuse d’espoir et d’idéal, tandis que les doyens sont plus nuancés, voire carrément blasés. Ainsi, pour Hicham Naciri, producteur d’Echec et Mat avec Hemera Films, ce marché n’est pas forcément très rentable au Maroc, mais il suit un cheminement logique. «Il faut d’abord commencer par produire de la qualité pour que le marché du cinéma puisse se structurer». Et de la qualité, il semble y en avoir un peu plus ces dernières années.

    Fatym Layachi 
    Fatym Layachi, jeune actrice, comédienne, et récemment metteur en scène marocaine, note la diversité dans la production marocaine, et souligne le rôle du CCM en la matière. «Il fait un boulot formidable en soutenant des films aussi divers les uns que les autres», que ce soit des comédies grand public comme les films que peut faire Saïd Naciri, ou des films d’auteur très singuliers comme le dernier film de Lahcen Zinoun dans lequel elle joue (femmes écrites) ou des films historiques, avec celui de Farida Bourkia, tourné il y a quelques mois et qui sortira début 2013. Pour elle, c’est plutôt un signe de bonne santé. Mais ce modèle est-il viable sur le long terme? Elle l’ignore. Il faut une bonne base de carpe diem pour être artiste au Maroc.
    Il faut recouvrir le tout d’un bon filtre à critique. Fatym Layachi a été conspuée par une partie de son public pour avoir «osé» montrer sa poitrine dans son dernier film en salle, Femmes écrites. Mais pour elle, il s’agit d’une tempête dans un verre d’eau. «Lorsque le film entame sa énième semaine en salle, c’est qu’il marche. Ce qui veut dire que les gens vont le voir, qu’il plaît, et qu’il n’y a donc pas de problème. Après une espèce de critique faite par des gens obscurs sur internet…».

    Amal Ayouch 
    Pour Amal Ayouch, il y a une nette évolution sur le plan quantitatif déjà, mais il n’y a pas une croissance régulière qui laisse voir une mutation tranchée. C’est d’ailleurs là que le bât blesse. «Le manque que je ressens la plupart du temps est basé sur les scénarios, il y a une grande pauvreté». Elle explique qu’il y a beaucoup de sujets qui ne sont pas traités, qu’il n’y a pas beaucoup d’audace au niveau du traitement et du contenu. Elle déplore aussi le manque de rigueur et de profondeur. «La société évolue de manière violente, et belle. Les contradictions dans lesquelles nous vivons ne s’expriment pas vraiment dans le cinéma». Elle préconise un travail plus approfondi sur l’humain, ou encore des sujets de mémoire. «Aujourd’hui, le brassage dans lequel nous vivons impose un devoir de mémoire».
    Les femmes peuvent-elles oser plus dans le cinéma? Amal Ayouch a vécu quelques jours difficiles après une scène «osé» du célébrissime long métrage Ali Zaoua. Pour elle, il y a un tantinet de liberté en plus, mais les actrices représentent la société. Il y a les conservatrices et les autres (dont elle fait définitivement partie). «Tout ce qui tourne autour de l’art va chercher dans l’esthétique de la sensualité humaine. Nous ne sommes pas compartimentés, nous sommes un tout». Et c’est parce que ce n’est  pas le cas qu’on est «frustrés, malades, et qu’on exprime cela dans la violence et le harcèlement». 

    R. A.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc